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Nos guerres d’Algérie

Lancement de « Nos guerres d’Algérie », une mini-série à suivre sur France 3 du 26 juin au 10 juillet. Quatre témoignages sur la transmission de l’histoire de la guerre d’Algérie sont déclinés en quatre films multimédia de 6 minutes dont j’ai réalisé les photographies et les vidéos. Une plateforme documentaire rassemble ces modules accompagnés d’analyses d’historiens sur le site web de France Télévisions.

Nos Guerres d'Algérie

Montage. Antoine Ferrando
Production. Hans Lucas

Nos Guerres d'Algérie

Nos Guerres d'Algérie

Nos Guerres d'Algérie

Nos Guerres d'Algérie

Le Canon EOS 5D Mark III, un boîtier repensé et plus polyvalent

L’ EOS 5D fut le premier reflex numérique full-frame « abordable » annoncé par Canon en 2005. Un boîtier sommaire associé à un capteur de 12 Mpix permettait enfin un passage au numérique intéressant pour les photographes experts et professionnels. Ceux-ci étaient alors peu désireux d’investir dans des reflex APS-C à la qualité d’image moyenne à l’époque, aux viseurs ridicules et au coefficient de focale difficile à appréhender. Le 5D se positionnait parfaitement, initiant une nouvelle gamme qui permettait d’exploiter pleinement le potentiel de la gamme d’objectifs EF.
3 ans plus tard, la marque annonçait son successeur : l’EOS 5D Mark II devenu extrêmement populaire chez les photographes pour ses 21 Mpix mais également chez les vidéastes pour sa capacité à filmer en Full HD et obtenir des rendus incomparables grâce à la taille de son capteur et sa qualité d’image notamment en basse lumière.
Ces deux boîtiers sont aujourd’hui très utilisés par les photographes professionnels qui disposent d’une bonne qualité d’image pour un prix intéressant dans une gamme pérenne qui ne se renouvelle que tous les 3 ans.
Cependant, sur ces deux 5D, Canon a toujours mis l’accent sur la qualité de son capteur, oubliant au passage l’ergonomie générale et reprenant des fonctionnalités de boîtiers de gamme inférieure. L’annonce du Canon EOS 5D Mark III cette année représente à ce titre un changement majeur dans cette stratégie.

Canon EOS 5D Mk III

Finie la montée en pixels, pas de vidéo 2K ou 4K cette fois. La marque rouge a décidé de se concentrer sur l’ergonomie de son boîtier et ce n’était vraiment pas un luxe. Autant les Mk I et Mk II étaient des boîtiers loués pour leur qualité d’image, autant ils étaient connus pour leur autofocus très limité et peu précis ainsi que pour leur ergonomie peu aboutie. Deux défauts qui ont enfin été corrigés.
Une ergonomie repensée
La première nouveauté que l’on remarque dans une utilisation courante est le niveau de finition supérieur au Mk II : poignée mieux dessinée facilitant la prise en main, revêtement plus agréable. La seconde est le changement de place de l’interrupteur. Après 6 années à allumer son appareil de la même façon, il faut maintenant penser à actionner le bouton on/off près de la molette des modes, ce qui est plus logique.
Le bouton « lock » de la roue codeuse ne disparaît pas pour autant mais peut à présent être réorienté vers une autre commande de blocage grâce aux fonctions personnalisées. Cette personnalisation se retrouve d’ailleurs dans quasiment toutes les touches du boîtier.
Ainsi, dans ma pratique, je n’utilise que rarement le bouton de test de profondeur de champ qui a d’ailleurs enfin été replacé de façon à être utilisable avec les longues focales. J’ai donc simplement redéfini sa fonction.
La bague de sélection de mode est enfin verrouillée par un bouton poussoir. Finies les premières images réalisées dans un mode non souhaité parce que la molette a tourné malencontreusement dans le sac. Personnellement, je ne travaille qu’en manuel et apprécie donc de ne plus avoir à constamment vérifier le mode dans lequel l’appareil se serait déréglé. Les utilisateurs avaient tellement émis de critiques sur ce défaut que Canon propose via son SAV d’effectuer une modification hardware pour corriger ce problème sur le 5D Mk II et le 7D. Reste le bouton du correcteur dioptrique encore trop facilement modifiable par inadvertance.
Canon EOS 5D Mk III

Les commandes liées au réglage de l’ouverture et de la vitesse d’obturation sont enfin inversables via les menus. Ça permet de régler l’ouverture grâce à la molette près du déclencheur et la vitesse par la roue codeuse arrière. Les menus ont d’ailleurs été repensés et une touche info permet enfin d’obtenir des explications sur chaque fonction.
Un autre changement important concerne le nouvel emplacement des commandes de loupe lors de la lecture d’image : une commande par la molette près du déclencheur ressemblant à l’ergonomie Nikon. Il est possible de prérégler le niveau de la loupe lors du lancement de la commande. Pratique car certains photographes souhaitent vérifier rapidement le bruit ou la netteté à la lecture et ont besoin d’un zooming puissant tandis que d’autres se contentent d’un grossissement plus léger pour vérifier la qualité globale de l’image.
Au passage, le ratio de l’écran de contrôle passe en 3:2, plus pratique et agréable mais malheureusement il n’est pas orientable, ce qui est vraiment dommage car la visée par l’écran est très intéressante dans certaines situations. La résolution passe à 1 040 000 points contre 920 000 pour le Mk II et le rendu colorimétrique est très bon.
On peut désormais afficher deux vues côte à côte en mode lecture et un classement très pratique par étoile est proposé. Il est compatible avec la majorité des logiciels dont Lightroom. Avec un écran de bonne qualité et de nouvelles fonctionnalités, le Mk III permet donc de commencer un éditing de son travail en amont.

Canon EOS 5D Mk III

Un autofocus précis améliorant nettement la qualité des images
La qualité d’image du 5D Mk III se révèle intéressante. On ne sent pas des progrès fulgurants au niveau du capteur même si la gestion des basses lumières s’est bien améliorée. Le Mk III permet d’atteindre 25 600 ISO en natif et 102 400 en mode étendu. La dynamique est bonne et le rendu colorimétrique fidèle à ce que sait faire la marque depuis quelques années. C’est d’avantage au niveau du piqué que le rendu diffère de ses prédécesseurs et ce pour une raison simple : l’autofocus.
En effet, en utilisant le Mk III, on redécouvre franchement la qualité de ses optiques qu’on peut du coup estimer sous-utilisées sur les Mk I et Mk II.
J’ai rebasculé récemment ma gamme optique Carl Zeiss en monture Canon pour des raisons pratiques. Je poursuis un travail personnel en piscine et la MAP manuelle est impossible en caisson. J’étais donc obligé de réutiliser des optiques autofocus. Question de budget oblige, j’ai donc décidé de me séparer des optiques Carl Zeiss que je regrette pour leurs rendus et leurs bagues de mise au point si précises en vidéo.
Je dois par contre avouer que l’AF du Mk III atténue amplement mes regrets car les optiques USM Canon deviennent beaucoup plus précises grâce à lui. Les objectifs comme les 50mm f/1.2 L USM et 85mm f/1.2 L USM deviennent ainsi pleinement exploitables à pleine ouverture et les erreurs de mise au point se font rares.
Hérité du boîtier haut de gamme EOS 1D mk IV et non plus de la gamme inférieure, l’AF est extrêmement précis, le jour et la nuit avec les modules précédents. On passe de 15 collimateurs sur le Mk II à 61…
Revers de la médaille, sa personnalisation est poussée et les menus denses mais bien expliqués. Vous pouvez d’ailleurs télécharger le manuel de l’EOS 5D Mk III en français pour vous faire une idée du niveau de personnalisation de l’AF.
Personnellement, j’ai choisi de séparer la commande autofocus de la commande déclencheur, ce qui permet de déclencher à tout moment même si la mise au point n’est pas terminée. Le Mk III permet d’ailleurs de privilégier le déclenchement à la recherche autofocus via les menus, ce qui est un vraie amélioration sur ce point.
Le micro-ajustement de l’autofocus est toujours disponible et s’affine en proposant deux micro-ajustements pour les zooms, un à la position la plus large du zoom et l’autre à la position la plus serrée.
Le choix de Canon au niveau du module AF est donc très judicieux à ce niveau et permet enfin d’exploiter tout le potentiel du capteur et des nombreuses optiques de la gamme.
Un visée optique plus précise mais perfectible
Le viseur a été également modifié. Il passe à une couverture 100%, fini les recadrages en post-production à cause d’un élément gênant dans l’image invisible lors du déclenchement. Ce viseur est dit « intelligent » et contient de nombreux circuits électroniques. Comme sur les boîtiers Nikon, la luminosité du viseur est assistée par la batterie. Sans alimentation, la visée s’assombrit.
Un quadrillage peut être affiché sans changer le verre de visée. Pratique et économique mais il ne sera par contre plus possible de changer le dépoli pour un verre à stigmomètre par exemple.
Canon EOS 5D Mk III

Il est d’ailleurs dommage que Canon n’ait pas compris l’intérêt qu’il pouvait tirer de ce quadrillage qui aurait pu représenter des ratios différents du 3:2 et enfin proposer une visée optique au format carrée ou 6:7 par exemple. Cette option est disponible pour la visée par l’écran mais pas par la visée optique.
De nouvelles fonctionnalités rendant le boîtier plus polyvalent
Au niveau du miroir et de l’obturateur, un vrai effort a été réalisé sur le bruit du déclenchement. Plus métallique, il devient plus discret. Un mode silencieux est proposé et je pense qu’il devrait convaincre à lui seul certains photographes de passer du Mk II au Mk III, notamment pour les photographes de spectacles et les reporters. Le déclenchement dit « silencieux » ne produit qu’un bruit discret, feutré. C’est d’ailleurs le mode que j’ai choisi de régler par défaut. En revanche, le temps d’obturation de la visée reflex augmente alors et la cadence images diminue.
Cette cadence a été améliorée (6 images par secondes contre 3,9) et rend le boîtier beaucoup plus polyvalent en l’ouvrant à la photographie de sport, domaine où ses prédécesseurs étaient très peu à l’aise. L’apport du processeur Digic 5+ y est pour beaucoup.
Plus anecdotique, un mode exposition multiple fait son apparition, permettant de reproduire plusieurs images sur un seul et unique cliché sans avoir à passer par un logiciel. Les nostalgiques de l’argentique apprécieront.

Un niveau est proposé à l’utilisateur par la visée optique ou par l’écran. Pratique pour la photographie d’architecture par exemple et plutôt précis de ce que j’ai pu en juger.
Par contre, la fonction intervallomètre reste toujours impossible à réaliser sans la chère télécommande TC-80 N3. Une des dernières stupidités héritées des anciens boîtiers et qui ne changera pas cette fois. Malgré cet oubli, le Mk III devient un appareil plus complet et conviendra à de très nombreuses applications photo, ce qui est loin d’être anodin car de nombreux photographes experts et même professionnels sont aujourd’hui équipés d’un unique boîtier. La notion de polyvalence est donc primordiale.
Le Mk III propose un double slot carte mémoire CompactFlash et SD. On peut ainsi doubler la capacité de prises de vues. On peut également enregistrer pour une même image un fichier Raw sur une carte et un Jpg sur une autre. Encore une fois, tout est configurable.
Bémol important, le port SD n’est pas compatible avec la norme UHS (ultra high speed) permettant des débits de transfert théoriques de 104 Mo par seconde. La vitesse d’écriture de ces cartes sera donc bridée, ce qui est vraiment décevant pour un appareil à ce prix. Le reflex supporte par contre la dernière norme de transfert UDMA 7 pour les cartes CompactFlash. Les photographes de sport, adeptes des rafales, devront donc privilégier l’utilisation de la CompactFlash à la SD.
La trappe d’accès aux cartes mémoires a été redessinée et semble plus solide.
Canon EOS 5D Mk III

Au niveau des fichiers, on peut enfin changer le nom initial des images et plus uniquement le nom du dossier. Les infos « auteur » et « copyright » insérées dans les informations Exif sont enfin modifiables par le menu boîtier, plus besoin de passer par le logiciel dédié. Il en est de même pour les fichiers Raw enfin exportables en Jpg directement du boîtier.
Les batteries sont les mêmes que le 5D Mk II, 7D, 60D (LP-E6)… Un bon point. L’autonomie est excellente, elle a été considérablement améliorée par rapport au Mk II. Un nouveau grip est proposé mais je n’ai jamais aimé l’embonpoint et le manque de discrétion induit par cet accessoire.
Une fonction vidéo améliorée par petites touches
Au niveau de la vidéo, je n’ai pas encore eu l’occasion exploiter pleinement ses fonctionnalités mais la prise casque est une vraie amélioration. Par contre, Canon oublie de fournir le câble HDMI pour visualiser les vidéos directement sur un téléviseur Full HD… La roue codeuse devient tactile pour changer des réglages sans gêner la prise de son. Top !
Un mode All-I (compression image par image) fait son apparition mais pas de sortie non compressée contrairement au concurrent Nikon (edit 04/2013 : Canon propose finalement une mise à jour firmware autorisant entre autre une sortie HDMI non compressée).

Autre amélioration : le 5D Mk III n’est plus limité à 12 minutes d’enregistrement. Il passe à 30, ce qui est quand même plus confortable à l’usage notamment pour les interviews.
Canon EOS 5D Mk III

un boîtier équilibré mais des fonctionnalités oubliées et un prix élevé
Au final, ce boîtier représente une vraie évolution car il vient combler les nombreuses lacunes de ses prédécesseurs. L’ergonomie a été profondément remaniée, la personnalisation des touches et menus poussée, la visée, l’autofocus et la cadence images améliorées. Tous ces points permettent au 5D Mk III d’être plus polyvalent que jamais, adapté à tous les domaines photographiques, ce qui n’est pas un luxe quand de nombreux photographes n’ont plus les moyens de s’équiper de plusieurs boîtiers.
La résolution de 22 Mpix reste maîtrisable dans un flux photo et n’obligera pas les utilisateurs à changer leur configuration informatique contrairement aux nikonistes et leur excellent D800 à 36 Mpix.
La fonction vidéo a été améliorée par petites touches, satisfaisant opérateurs et monteurs.
Cependant, on garde l’impression que le 5D Mk II aurait déjà pu bénéficier de ces nombreuses fonctionnalités et que Canon aura mis du temps à écouter et faire remonter les griefs de ses utilisateurs. L’apport de l’autofocus laisse d’ailleurs le sentiment que les optiques L auront été sous-utilisées sur les précédents boîtiers.
On aimerait croire que ces nombreuses améliorations sont à l’origine du prix élevé auquel le produit est proposé (3299 euros boîtier nu en juin) mais ça reste difficile à imaginer quand on le compare à la concurrence. Le temps et la disponibilité du produit devrait rendre ce produit plus abordable et le Mk II reste au catalogue.
Et malgré ces nombreuses évolutions, il manque encore sur ce Mk III quelques fonctionnalités proposées par ses concurrents et même intégrées parfois dans des boîtiers Canon de gamme inférieure : un écran pivotant et tactile qui serait un vrai plus dans l’utilisation (à l’image de l’EOS 650D récemment annoncé), un viseur optique permettant l’affichage des formats différents du 3:2, une aide à la mise au point comme le focus peaking adopté par Sony, une commande intervallomètre incluse dans le boîtier, un port SD compatible UHS, une prise USB 3.0… Ce sera sans-doute pour son successeur, dans 3 ans…

Vernissage au MAC/VAL

Vernissage au MAC/VAL à Vitry-sur-Seine le 21 octobre 2011. L’exposition monographique de Jesper Just, artiste vidéaste danois, est présentée au public ainsi que les oeuvres du collectif BLG et des artistes en résidence Carlos Amorales, Tomás Espina et Martin Cordiano.

Au travers de son exposition « This Unknown Spectacle », Jesper Just propose au public une expérience artistique et cinématographique inédite. Par la qualité de l’éclairage, l’étrangeté des décors, l’absence d’une narration évidente et le refus de tout dialogue, ses films se transforment en de captivants « poèmes visuels », en d’étranges tableaux en mouvement.

Tomás Espina et Martin Cordiano réalisent au cours de leur résidence au MAC/VAL une nouvelle installation intitulée Dominio. Ce mot espagnol aux multiples significations fait à la fois allusion à la propriété, à la domination, au domaine public… À partir d’un texte de Roberto Espina, écrit pour le théâtre, « Dominio » est la reconstitution d’un intérieur qui a subi une destruction et aurait été complètement réparé suite à une catastrophe. C’est pour confronter le visiteur à ses propres angoisses, lui faire perdre ses repères que les deux artistes fabriquent une installation qui active puissamment nos émotions.

Les objectifs Zeiss ZE pour le reportage et le portrait

Choisir son parc optique est toujours pour le photographe un grand dilemme. Quel angle de champ ? Zoom ou focale fixe ? Grande ouverture ou compacité ? Intérêt de la stabilisation ? Aufocus ou mise au point manuelle ?…
Répondre à ses questions nécessite de connaître parfaitement son domaine de prédilection, son style photographique, sa « distance » face au sujet. Autant de raisons qui font que chaque photographe a des besoins différents.
Personnellement, j’utilise pour mes reportages comme pour mes portraits des focales fixes à mise au point manuelle Carl Zeiss : un Distagon T*21 f/2.8, un Distagon T*35 f/1.4 et un Planar T*85 f/1.4. Ces optiques sont en monture ZE, l’appellation Zeiss pour la baïonnette Canon EF 24×36. J’utilise ce parc d’objectif pour sa qualité optique, son « rendu » et sa finition.

Ouvrier forestier spécialisé en sylviculture (Lorraine). Planar T*85 f/1.4

Les surprenantes focales fixes Zeiss
J’ai découvert ces objectifs lors d’une visite au Salon de la Photo 2008. A l’époque, Zeiss venait juste d’annoncer la sortie d’optiques fixes en monture Canon. Il n’y avait que les Planar T*50mm f/1.4 et 85mm f/1.4 disponibles dans cette monture. J’ai été tout de suite étonné par la construction en métal des objectifs rappelant une autre époque, loin du « tout plastique » des autres marques. Une autre caractéristique m’a surpris : l’absence d’autofocus, un choix étonnant et risqué alors que les autres marques proposent des moteurs AF ultrasoniques sur leurs optiques.

Distagon T*35 f/2

Les différents fabricants d’objectifs

Equipé en Canon, je n’ai jamais été très emballé par les marques d’optiques concurrentes à la marque rouge comme Tamron ou Tokina par exemple. La plupart du temps, leurs optiques sont bonnes et moins chères que les deux ténors Canon ou Nikon mais la finition globale est souvent moyenne, l’AF plus lent et souvent bruyant même si ce dernier point est en train d’être corrigé.

La marque Sigma est une exception, proposant une gamme professionnelle de qualité : la gamme EX. Malheureusement, le photographe équipé en Sigma n’est pas assuré que ses optiques fonctionnent avec les futurs boitiers Canon ou Nikon. Une mise à jour du microprocesseur de l’optique est souvent nécessaire en SAV. J’ai appris récemment par Volkert Gilbert que ce fabricant est le seul à ne pas à ne pas avoir acheté auprès de Canon une licence du protocole de communication entre le boîtier et l’objectif, ce qui explique ces problèmes de liaison électronique qui sont rédhibitoires pour un photographe expert ou professionnel.

Ces différents défauts m’avaient poussé à m’équiper dans la marque du boîtier mais j’ai finalement décidé après réflexion et essais de passer en fixes Carl Zeiss.

Immeuble à Sarajevo (Bosnie-Herzégovine). Planar T*85 f/1.4

Une finition remarquable

Les constructeurs ont aujourd’hui quasiment tous fait le choix du polycarbonate pour leurs objectifs, allégeant considérablement le poids du sac photo. Malheureusement la finition générale pêche fréquemment même sur des optiques dites professionnelles.
Zeiss propose une construction « tout métal », solide et rassurante. Revers de la médaille, les objectifs sont plus lourds et marquent rapidement en cas de coup ou de chute.
L’absence de stabilisateur peut être ressentie comme un défaut (notamment pour la vidéo) mais elle assure une plus longue durée de vie à l’objectif, la panne de cette pièce étant l’une des raisons les plus fréquentes de retour SAV pour de nombreuses marques.
Les pare-soleil (livrés avec l’objectif) sont en métal et revêtus à l’intérieur d’un flocage anti-reflets en velours. Ils sont bien taillés et se clipsent fermement. Il vaut mieux éviter de les perdre, ils sont très chers à l’achat séparé.
Les bouchons avant sont pratiques avec leur système de pince que Canon s’évertue à ne pas adopter contrairement à ses concurrents. On peut par contre leur reprocher leur faible épaisseur.
La finition Zeiss est excellente. On en attendait pas moins de la marque mais c’est en réalité l’usine de Cosina au Japon qui se charge de la production des optiques de la marque allemande. Cependant, le cahier des charges imposé par Carl Zeiss semble plutôt rigoureux.
Les contrôles qualité chez Zeiss sont d’ailleurs individualisés et certifiés, alors que Canon, comme Nikon, procèdent par échantillonnage, d’où parfois une qualité hétérogène dans une même série pour un même objectif.
Carl Zeiss fournit l’objectif avec bouchons avant-arrière, un pare-soleil et un certificat d’inspection général signé par un technicien de la marque. Dans l’idéal, une housse de protection pourrait être fournie.

Bruno Putzulu, acteur et chanteur français. Planar T*85 f/1.4

L’absence d’autofocus

J’ai essayé le 85mm sur mon Canon EOS 5D de l’époque et j’ai retrouvé l’agréable sensation de la mise au point manuelle. Je fais partie des photographes qui ont découvert la photographie quelques années seulement avant l’avènement du numérique. J’ai d’abord appris la photographie avec un appareil moderne avec un objectif à autofocus avant de découvrir la mise au point manuelle en utilisant un vieux reflex et un appareil à visée télémétrique.
J’ai toujours aimé ce moment où la photographie apparaît progressivement dans le viseur tout en tournant la bague de mise au point. Cet instant induit une vraie réflexion sur la construction de l’image.
Malheureusement, les optiques modernes ne permettent pas ce genre de plaisir, les bagues sont conçues pour corriger le point réalisé par l’autofocus le cas échéant mais elles ne le sont pas pour être utilisées en manuel à longueur de temps. Leurs tailles sont souvent trop petites, leurs courses sont faibles et peu précises, le revêtement peu agréable.

Les optiques Carl Zeiss ZE (Canon) sont conçues pour une mise au point manuelle : échelle de profondeur de champ précise, bague large taillée dans la masse, course longue avec une confirmation de mise au point dans le viseur grâce à un microprocesseur et des contacts électroniques qui communiquent les informations au boîtier. Cette puce permet également de changer la valeur de diaphragme par la molette boîtier, transmet la mesure TTL pour le flash et inscrit la focale utilisée dans les informations Exif de l’image (elle est l’une des rares pièces électroniques présentes dans l’optique). Zeiss a profité que les principaux brevets de la monture EOS soient tombés dans le domaine public pour sortir sa gamme ZE, simplifiée et pérénisée par l’absence d’autofocus. C’est en effet cet élément qui gêne tant Sigma, Canon changeant fréquemment son protocole pour protéger sa gamme.

Nikon n’est pas oublié avec les optiques ZF (sans communication avec le boîtier) et ZF.2 (avec microprocesseur).

Cette absence d’autofocus est la caractéristique la plus importante des objectifs Zeiss. C’est un vrai choix de la marque qui, par ailleurs, développe des objectifs fixes et zoom avec autofocus pour Sony en collaboration avec Tamron. Zeiss avait la possibilité de fabriquer des optiques autofocus mais c’est une technologie qui n’a jamais eu la faveur de la marque allemande car les objectifs vieillissent rapidement en usage professionnel et surtout les performances évoluent à la baisse avec l’usure.

Siège du Parti Communiste français réalisé par Oscar Niemeyer, Paris. Distagon T*21 f/2.8

La nécessité d’un bon viseur

Ce choix n’est pas anodin. Malgré la confirmation de mise au point, il va falloir utiliser des reflex avec de bons viseurs, ce qui élimine quasi d’emblée les reflex d’« entrée de gamme » et une grande partie des appareils non 24×36 (hormis quelques exceptions comme l’EOS 7D).
La confirmation de mise au point fonctionne sans problème mais il vaut mieux la calibrer pour la rendre plus précise (comme un AF classique d’ailleurs). Je vous conseille de vous fier au voyant de confirmation de mise au point (le rond vert situé dans le viseur en bas à droite près de la sensibilité ISO) plutôt qu’au clignotement rouge du collimateur central moins précis (peu utile et agaçant, je l’ai désactivé grâce à la fonction personnalisée C.Fn III-4).

Un verre de visée à stigmomètre serait évidemment le must mais Canon en a uniquement prévu pour la gamme 1D. Les possesseurs de 5D Mk II peuvent passer par des fabricants tiers (Focusing Screen ou Katzeye…) mais les retours d’utilisateurs sont plutôt mitigés. J’ai donc fait le choix d’installer un verre de visée « haute précision » de la marque rouge : le Eg-S (pour le Canon EOS 5D Mk II). Attention, ce verre est plus sombre et il est donc déconseillé avec des objectifs ouvrant moins que f/2.8. Il n’est pas parfait mais facilite déjà grandement la mise au point.

Edit 01/08/2011 : J’ai finalement sauté le pas et installé un verre de visée à stigmomètre Focusing Screen. Cette entreprise taïwanaise retaille des verres de visée d’origine Canon (Ec-B dédiés à la gamme 1D) et les ajuste pour le 5D Mk II. L’installation n’est pas évidente, il m’a fallu coller des « cales » livrées avec le verre pour placer le stigmomètre parfaitement au milieu du viseur tout en évitant au maximum l’entrée des poussières dans le chambre de l’appareil. Malgré ces difficultés, l’investissement vaut la peine d’être réalisé. A l’usage, le stigmomètre permet d’être beaucoup plus précis. Associé à la confirmation de mise au point, le nombre de photographies ratées pour cause de mauvais plan de netteté diminue de manière significative. Le verre que j’ai installé bénéficie en plus d’un quadrillage bien pratique. Il n’est donc plus obligatoire de choisir entre un verre à quadrillage et un verre dédié à la mise au point manuelle contrairement à ce que Canon propose. Carl Zeiss conseille d’ailleurs l’installation de ce type de verre de visée.

Il faut quand même avoir une bonne vue et penser à régler précisément le correcteur dioptrique de l’appareil. Après tous ces efforts, on parvient à une utilisation intéressante de ces objectifs, sans compter que la visée LiveView (visée par écran) permet aujourd’hui de vérifier facilement la netteté dans le cadre d’une utilisation sur trépied, cas fréquent pour réaliser une captation vidéo par exemple.

Une psychologue dans son cabinet à Paris. Planar T*85 f/1.4

Des objectifs taillés pour la vidéo

Zeiss n’a pas développé cette gamme par hasard. L’arrivée de la fonction vidéo sur les reflex a permis au constructeur allemand de se placer comme réel concurrent aux optiques Canon.
L’absence d’AF est en effet moins problématique en vidéo qu’en photo. L’autofocus en mode vidéo sur les HDSLR se résume à une simple détection de contraste. Il est souvent lent, peu réactif en basse lumière et donc quasiment inutilisable la plupart du temps. De plus, le moteur AF peut être bruyant, n’ayant pas été prévu à l’origine pour être utilisé en même temps qu’une captation sonore. Les constructeurs sont en train de plancher sur ces différents problèmes mais les optiques fixes manuelles restent le must pour un tournage.

Il faut des optiques à grande ouverture pour pouvoir travailler en basse lumière et avoir une profondeur de champ faible afin d’obtenir un rendu cinématographique. Seule une optique fixe propose ses qualités.

Côté « rendu » d’image, les objectifs Zeiss se caractérisent par un piqué excellent, un micro contraste élevé, une bonne neutralité des couleurs et un bokeh très doux grâce à un nombre important de lamelles composant le diaphragme, parfaits composants pour la vidéographie.
Il existe une vrai « signature » Carl Zeiss.
Au niveau optique, chaque focale a ses qualité et ses défauts. Des test ont été réalisés par Jean-Marie Sépulchre (25,35 et 85 mm puis 28, 50 et 100 mm) et plus récemment par le magazine Chasseurs d’Image pour les inquiets du piqué (n°331 février-mars).

Equipés d’un follow focus, les objectifs Zeiss sont d’excellents choix pour les vidéastes. Surpris comme Canon par l’adoption massive du 5D Mk II par le milieu de la TV Broadcast et du cinéma, le fabricant allemand a sorti une gamme Compact Prime 2 qui a la particularité d’avoir des montures interchangeable Canon/Nikon/PL. C’est en fait la gamme photo recarossée en version cinéma avec une course de mise au point de 360°, un diamètre constant sur toute la série et un iris de diaphragme à 14 lamelles favorisant les flous aux diaphragmes intermédiaires.

Les optiques Zeiss pour Canon et Nikon sont donc un excellent investissement pour un vidéaste équipé en HDSLR mais également pour un photographe prêt à travailler en mise au point manuelle et souhaitant capter des séquences vidéos de qualité dans le cadre par exemple d’un webdocumentaire. Le vidéaste choisira une baïonnette PL ou Nikon ZF (avec bague d’adaptation Canon EF) qui permet la variation de l’ouverture commandée par une bague de l’objectif. Les photographes choisiront la monture ZE avec commande de l’ouverture électronique.

Atelier De Ricou à Courbevoie, outils de précision pour nettoyer les décors peints. Distagon T*35 f2

Mes choix pour le reportage et le portrait

J’ai fait le choix de m’équiper dans cette gamme, en délaissant progressivement mes focales fixes et mes zooms L. Evidemment, les fixes Canon ont une solide réputation et un AF très rapide. Comparés aux Zeiss, ils sont plus typés « action ». Attention donc au moment du choix de bien connaître son approche photographique et la nécessité ou non d’avoir un autofocus. Il faut également prendre en compte le temps de changement d’objectif sur le boîtier qui peut être pénalisant à moins d’avoir plusieurs appareils et donc des optiques vissées à demeure.

J’ai commencé par acquérir le 85 f/1.4 qui est une optique exceptionnelle dans son rendu, idéale pour les portraits. C’est également l’optique la plus difficile à utiliser en raison de sa faible profondeur de champ à 1.4 qui ne pardonne aucune erreur de mise au point. Ses résultats optiques sont de très bon niveau avec un vignetage très faible, une distorsion quasi inexistante et une aberration chromatique bien maîtrisée. Moyen à pleine ouverture (caractéristique des optiques pour le portrait), le piqué devient excellent à f/2-f/2.8. La grande ouverture délivre un bokeh magnifique (très doux) et permet une utilisation en basse lumière intéressante notamment en reportage. Je reprocherai uniquement à cet objectif sa distance de mise au point mininum un peu longue : 1m.

Zeiss Planar T*85 f/1.4

Son prix (1229 euros) le place entre le Canon EF 85mm f/1.2L II USM et le Canon EF 85mm f/1.8 USM. A l’époque de mon achat (2008), il coûtait 200 euros moins cher.

Les prix des objectifs Zeiss ne cessent d’augmenter et l’importateur français de la marque, Phot&Us, a d’ailleurs annoncé une nouvelle augmentation de 5% au mois d’avril. Le nombre de revendeurs français de la gamme Zeiss était restreint en 2008 et ils sont aujourd’hui beaucoup plus nombreux. A titre personnel, je suis toujours passé par lapetiteboutiquephoto.com qui propose d’excellents tarifs. Richard Frances, le responsable, est une personne passionnée, facilement joignable par téléphone et qui rend très agréable les transactions. La garantie contractuelle est de deux ans plus un an d’extension après enregistrement du produit sur le site de Carl Zeiss. Les envois sont rapides et le SAV est géré par Procirep, atelier sérieux basé à Paris.

Suite au 85mm, j’ai acheté un Distagon 35 f/2 , le 35mm étant ma focale favorite pour le reportage. Je possédais alors le Canon EF 35 f/1.4L USM mais je souhaitais homogénéiser le rendu de mes images et ai décidé de basculer chez Zeiss, quitte à perdre un diaphragme. J’étais très satisfait de ce petit 35 f/2 mais perdre un IL n’est pas anodin.

La marque allemande a sorti depuis un Distagon 35 f/1.4 qui remplace aujourd’hui son petit frère moins lumineux dans mon sac. Il est lourd et volumineux, loin de la version ouvrant à f/2 plus compacte. Il reprend le diamètre 72 mm de mon 85, ce qui est pratique pour les filtres et le bouchon avant.
L’ouverture à f/1.4 est un vrai bonheur pour travailler en basse lumière et obtenir une faible profondeur de champ. La visée est également beaucoup plus confortable avec une très grande ouverture qui facilite la mise au point. Le piqué est excellent, j’ai noté par contre la présence très importante d’aberrations chromatiques longitudinales (franges violettes hors zone de netteté) à pleine ouverture.

Zeiss Distagon T*35 f/1.4

Mon troisième et dernier fixe est le Distagon 21 f/2.8, un des objectifs les plus plébiscités de la gamme en raison de ses performances optiques (avec le fameux Makro Planar T*100 f/2) et du même coup l’un des plus chers. Au top optiquement pour un ultra grand-angle (le piqué est exceptionnel), cet objectif permet de travailler facilement en hyperfocale. Je commence d’ailleurs à l’utiliser pour le portrait. Ses défauts sont le poids, le diamètre de filtre de 82 mm (peu courant) et une distorsion en moustache assez étonnante (distorsions en barillet et coussinet combinées).

Zeiss Distagon T*21 f/2.8

Une approche différente

Les objectifs utilisés par les photographes ont un impact très important sur leur travail. Il est à ce titre intéressant de faire confiance à un fabricant et s’équiper d’optiques de même « rendu » pour homogénéiser son travail.

Avec ce trio, je me rends compte que j’aborde différemment mes sujets. Il y a d’abord le fait d’être en focale fixe qui oblige à prévoir au maximum son image, à penser sa photographie avant même de cadrer. La mise au point manuelle oblige, elle, un temps de cadrage important qui empêche de s’éparpiller et oblige à une grande concentration. Le fait d’utiliser des focales très ouvertes procure un grand confort de visée, permet d’éviter de monter trop rapidement en haute sensibilité et « d’accrocher » des photos impossibles et surtout offre un bokeh agréable, avec des transitions douces dans les flous.

Congrès du FN à Tours. Un adhérent du parti lit un journal de la PQR qui dévoile les résultats des votes. Distagon T*35 f/2

Je pensais me couper de certains domaines tels que le sport en raison de l’absence d’AF, j’ai d’ailleurs gardé un Canon EF 70-200 f/2.8L USM pour palier à ce manque mais je me rends compte que je peux toujours les couvrir, avec une approche différente, moins rapide certes mais surtout plus posée, plus réfléchie et plus précise, ce qui me convient très bien.

Un autre point important est que la marque Canon intègre dans le boîtier des corrections optiques dédiées à chaque objectif. Si on passe par un autre fabricant d’objectifs, ces corrections ne sont plus disponibles. Ce point peut être gênant pour les photographes travaillant en Jpg ou traitant leurs fichiers Raw avec Digital Photo Professional. Ce problème est spécifique à Canon, Nikon proposant des corrections même pour un objectif différent de la marque jaune. Travaillant en Raw et les traitant avec le logiciel Adobe Lighroom, je bénéficie des corrections optiques en post-traitement depuis la version 3, Zeiss ayant développé des profils pour Adobe Lightroom et Camera Raw. Sigma, Tamron et les autres constructeurs y ont également vu leur intérêt et ont fait la même chose.

Passer par un constructeur différent de la marque du boîtier ne prive donc pas le photographe des corrections optiques si celui-ci prend le temps de traiter ses images après la prise de vue avec un logiciel adéquat.

Il est clair que cette gamme optique Zeiss se place sur un créneau bien particulier, ni amateur (absence d’autofocus, nécessité d’un bon viseur…), ni professionnel (manque de réactivité, pas de SAV Pro…). Elle vient par contre se placer idéalement dans un créneau expert, naviguant entre photographie d’ « auteur » et vidéo.
Son plus grand défaut est évidemment le tarif élevé et la marque n’est pas sans concurrence.
D’autres fabricants avaient déjà compris l’intérêt de ce créneau et Voigtländer, connu chez les amateurs de télémétrique, avait lancé avant Carl Zeiss une gamme de focales fixes manuelles pour monture Canon, Nikon et Pentax avec en fer de lance le fameux « pancake » Ultron 40 mm f/2 SL II bien plus abordable niveau tarif et plus discret que son rival direct, le Distagon 35 f/2. Ces deux objectifs sont fabriqués dans la même usine car c’est encore le constructeur Cosina qui se cache derrière Voigtländer. C’est cette collaboration qui aurait poussé Zeiss à choisir ce même sous-traitant.

J’ai utilisé cet objectif quelques semaines. Son format pancake est très agréable à l’usage. Monté sur un 5D, l’ensemble est compact et léger, idéal en voyage. J’ai trouvé le rendu très bon mais moins « signé » que les optiques Zeiss. La bague de mise au point en caoutchouc est une erreur car elle aspire les poussières et est moins agréable à l’usage qu’un bague usinée dans la masse. Malgré ces petits défauts, cet objectif est un produit très intéressant pour ceux qui recherchent qualité et compacité.

Dans une gamme différente, l’opticien coréen Samyang a présenté le mois dernier un 35mm f/1.4 AS UMC au prix officiel de 379 euros (réajusté à 428 euros finalement) et à destination dans un premier temps des montures Canon et Nikon puis des Pentax, Samsung, Sony et 4/3.

La mise au point manuelle a donc encore de beaux jours devant elle et ce n’est pas pour me déplaire.

N.B. : suite à cet article, Richard Frances m’a précisé quelques notions, notamment au niveau des principaux brevets de la monture EOS tombés dans le domaine public au bout de 25 ans et des raisons du choix de l’absence d’autofocus pour la gamme ZE. Je mets donc à jour cet article avec ces précieuses informations en le remerciant d’avoir pris le temps de me les transmettre.
Edit 06/2012 : J’ai finalement rebasculé ma gamme optique Carl Zeiss en monture Canon pour des raisons pratiques. Je poursuis en effet un travail personnel en piscine et la MAP manuelle est impossible en caisson. J’étais donc obligé de réutiliser des optiques autofocus.

Question de budget oblige, j’ai donc décidé de me séparer des optiques Carl Zeiss que je regrette pour leurs rendus et leurs bagues de mise au point si précises en vidéo. Mon passage à l’EOS 5D Mk III m’a heureusement un peu consolé grâce à son autofocus précis.

Congrès du Front National à Tours

Congrès du Front National à Tours les 15 et 16 janvier 2011. Jean-Marie Le Pen quitte ses fonctions de président qu’il occupe depuis 1972. Sa fille Marine Le Pen est élue avec plus de 2/3 des voix face à Bruno Gollnisch.

Congrès du FN à Tours. Un adhérent du parti explique à des journalistes télé son choix de vote.


Une adhérente explique à des journalistes télé sa vision de l’avenir du parti.


Un adhérent lit un journal de la presse quotidienne régionale qui dévoile les résultats des votes

Un compact pour le reportage : le Canon S95

suite de l’article un compact pour le reportage

Au fur et à mesure de mes reportages, je m’aperçois que j’ai de plus en plus tendance à employer un appareil photo compact notamment dans le cadre de photographies de repérage mais également pour le travail photographique en lui-même.

Nuit Blanche 2010 dans le quartier de Belleville à Paris. « Transe Divine » par Matteo Tortone et le musicien Ivan Pisino à la Galerie Italienne. Au fond, une oeuvre radiographique de Benedetta Bonichi. Photographie réalisée avec un compact Canon S95.


Après plusieurs mois d’utilisation du Ricoh GRD III, j’ai pu me faire une bonne idée des qualités de ce boîtier mais également de ses limites. La qualité d’image est son point fort : un capteur de 10 Mpix évitant une montée de bruit trop importante associé à un bon traitement d’image, rien à dire de ce côté là. Les menus sont simples et efficaces, l’autonomie impressionnante, l’ergonomie est également une vraie réussite avec une bonne tenue en main et des molettes très pratiques qui permettent un usage en mode manuel sans difficulté. La griffe flash permet d’y monter un viseur optique agréable mais je prends de plus en plus l’habitude de viser par l’écran, seul moyen d’obtenir un cadrage très précis. Ce critère n’est donc plus primordial pour moi.

Bref, je ne vais pas revenir sur les atouts de cet appareil qui est vraiment un des meilleurs compacts experts du marché. Cependant, dans le cadre de mon utilisation, plusieurs limites importantes me sont apparues :
– ce compact est équipé d’un 28mm en focale fixe ouvrant à f/1.9. Une optique lumineuse mais trop large pour moi, habitué au 35mm.
– le Ricoh GRD III n’a pas de caisson, le plus gros des inconvénients pour moi. Je pensais qu’une housse ewa-marine ferait l’affaire mais c’est beaucoup moins pratique qu’un caisson en utilisation en apnée où chaque seconde perdue en maniement de l’appareil a son importance.
– je réalise de plus en plus de petits plans vidéo dans le but de les insérer dans un reportage de type multimédia. Parfois des plans réalisés en repérage avec le compact s’avèrent finalement très importants. La définition 640×480 est alors un peu juste.

Devant ses défauts spécifiques à ma pratique photographique, j’ai décidé de changer de compact. En attendant l’arrivée de Canon sur le marché des compacts à optiques interchangeables, j’ai hésité entre plusieurs appareils qui proposaient tous une focale plus longue qu’un 28mm, la possibilité de lui adjoindre un caisson et la capacité à filmer en HD (au moins 720p) :
– le Panasonic GF1 et son optique 20mm Pancake (40 mm en 24×36) ouvrant à f/1.7 est l’appareil avec lequel j’ai le plus longuement hésité. Probablement la meilleure qualité d’image proposée pour son rapport taille/poids grâce à son capteur micro 4/3, ce boîtier à objectif interchangeable est utilisé par des photographes comme Niels Ackerman, Léo Ridet ou plus récemment Antoine Doyen. Cependant, il est encore assez grand et ne tient pas dans une poche. De plus, il a un bruit au déclenchement qui le rend beaucoup moins discret qu’un compact classique.
– le Panasonic LX5 est un compact expert de très bonne qualité, récent successeur du LX3. Il est doté d’une nouvelle optique 24-90 mm f/2-3.3, d’une meilleure gestion du bruit et d’une ergonomie améliorée. Un très bon appareil sur le papier mais un caisson dédié très cher.
– le Canon S95 est le successeur du S90, connu pour sa très bonne qualité d’image et son étonnante molette tournant autour de la base de l’optique. Le S95 apporte quelques évolutions mineures mais bien pratiques : l’optique reste échangée (28-105 f/2-4.9) mais est équipée d’un nouveau stabilisateur plus performant, la vidéo passe en HD (720p) et surtout il est enfin possible de réaliser des photographies en ratio natif 3:2. Ce critère est important pour moi et il m’avait fait choisir le Ricoh à l’époque car les compacts Canon ne proposaient pas cette possibilité qui fait gagner du temps en post-production. Le Canon Powershot G12 propose les mêmes évolutions que le S95 mais j’ai pris goût aux appareils très compacts avec le Ricoh et il me paraît aujourd’hui bien trop gros pour une qualité d’image quasi-équivalente à la série S.

J’ai donc finalement choisi le Canon S95 pour son extrême compacité, sa bonne réactivité à l’allumage, sa qualité d’image et mon habitude d’utilisation des menus de la marque que j’ai toujours trouvés bien fait. J’attends de pouvoir tester le format raw dès la prochaine mise à jour de Lightroom mais le résultat en jpg natif est déjà très bon, largement au niveau du Ricoh (j’ai déjà réalisé quelques essais probants avec Digital Photo Professional mais rien ne vaut l’utilisation de son logiciel habituel). Edit 27/10/2010 : j’ai enfin pu ouvrir un raw du S95 avec Lightroom, la correction du bruit est très efficace et il est pratique de disposer des corrections optiques. Jusqu’à 400 ISO, le résultat est propre. A partir de 800 ISO, l’image se dégrade mais reste exploitable, la limite étant clairement 1600. Exit par contre la griffe flash permettant de monter un viseur optique ou un flash de reportage mais je n’utilise jamais de cobra sur ce type de boîtier.L’utilisation en mode manuel est rendu très facile par les molettes bien placées. La qualité vidéo est très bonne, le stabilisateur permet de faire des plans à main levée en évitant les effets de bougé.
J’ai trouvé une housse Kodak noire qui permet de protéger l’appareil sans trop augmenter son volume. Le compact rentre tout juste dedans. Je l’ai équipé d’une courroie de cou pour pouvoir le porter facilement.

Canon S95

Le caisson dédié de la marque (WP-DC38) est très bien conçu et abordable par rapport à un caisson pour reflex. Discret et facile à utiliser, il va me permettre de poursuivre mon travail sur le goût du chlore sans demande d’autorisation aux mairies au préalable.
Canon S95

Je suis pour l’instant très satisfait de ce petit boîtier que je prends toujours avec moi et qui me sert à la fois de bloc-note personnel ou de repérage, d’appareil d’appoint quand j’ai besoin de discrétion et parfois même d’appareil principal quand j’ai par exemple besoin de réaliser des photographies sous-marines. Il lui manque une optique plus lumineuse en télé, une griffe flash, une meilleure autonomie (batterie de secours obligatoire dans le cadre d’un usage intensif) et la vidéo full HD pour être parfait. Sa principale limite reste cependant la taille de son capteur qui ne permet pas de monter en sensibilité comme un reflex ou un micro 4/3 ni d’obtenir un beau bokeh même à pleine ouverture mais sa compacité permet de l’emmener partout sans hésiter, avantage fondamental pour moi.
En attendant de voir ce que vont proposer Canon et Nikon dans le segment des compacts APS-C à optiques interchangeables…
Edit 01/08/2011 : J’ai découvert une belle tâche sur le capteur moins d’un an après son acquisition m’obligeant à un renvoi au SAV. Je suis pourtant très soigneux et l’appareil a toujours été rangé dans une housse propre et bien fermée. Canon serait bien inspiré de mieux protéger la chambre de ses compacts contre l’intrusion de poussières. La marque rouge m’a finalement renvoyé mon compact au bout de 3 semaines (il a été réparé en Allemagne). L’obturateur aurait été remplacé (?!), le capteur nettoyé et le firmware mis à jour. Je suis donc assez satisfait du service mais heureusement que je me suis aperçu de ce problème pendant ma période de garantie…