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La solidarité des marins à Marseille

Le Seamen’s club de Marseille est géré par l’Association Marseillaise d’Accueil des Marins (AMAM). Fondée en 1994 à l’initiative d’anciens marins et passionnés de la mer, cette association a pour but d’assurer l’accueil et l’aide humanitaire aux équipages travaillant sur les navires de transport de marchandises ou de croisières en escale dans le port de Marseille. Les marins accueillis ont en général des contrats longs (9 à 11 mois). Leurs salaires et la durée des escales ne leur permettent pas de se rendre dans le centre ville. Ils trouvent alors dans les foyers d’accueil de quoi se détendre et communiquer avec leur famille. L’AMAM soutient également les marins hospitalisés pour maintenir un contact avec la famille par exemple et jouer les interprètes si nécessaire. L’association est également venue en aide aux marins de plusieurs bateaux abandonnés à Marseille par des armateur peu scrupuleux.

Seamen’s club de Marseille

Tous les après-midi, l’association fait la tournée des bateaux présents dans le port pour proposer aux marins de les emmener en fin de journée dans un foyer.

Seamen’s club de Marseille

Directeur de l’AMAM, Marc Feuillebois est le seul salarié à temps complet de l’association. Il peut compter sur une trentaine de bénévoles actifs.

Seamen’s club de Marseille

Marc monte sur un bateau de transport de marchandises.

Seamen’s club de Marseille

Certains marins reviennent régulièrement à Marseille et connaissent bien les activités du Seamen’s club comme ces marins d’un cargo de fret qui assure la liaison Marseille-Tunis. Ils achètent des cartes de téléphones.

Seamen’s club de Marseille

L’accueil est toujours chaleureux mais la communication n’est pas toujours évidente. De nombreux marins ne parlent pas anglais.

Des machines et des hommes

Reportage réalisé en collaboration avec le journaliste Julien Descalles.

La Maritza à ciel ouvert, cœur énergétique de la Bulgarie

Des 115 000 mineurs que comptaient la Bulgarie voici encore 25 ans, seuls 30 000 sont encore en activité aujourd’hui, dont 7 500 sous terre. Conséquence de l’automatisation d’un métier qui n’a guère plus à voir avec les gueules noires de Germinal. Dans la province de Stara Zagora, dans le sud du pays, les mines ouvertes de charbon de la Maritza témoignent de cette mutation. A son apogée, en 1999, 13 500 employés occupaient les 240 km2 des trois sites exploitées par les charbonnages d’état Mini Maritza Iztok ; ils ne sont plus que 7000. De quoi donner au lieu des airs de no man’s land occupé par les excavateurs à roue-pelle, grues, bulldozers, convoyeurs et autres empileurs.
Plus importantes mines à ciel ouvert de la péninsule balkanique, elles restent cependant indispensables à l’économie nationale. Ainsi les quelques 26 000 tonnes de lignite extraites l’an dernier ont non seulement fourni 32% de l’électricité du pays, mais aussi permis d’exporter du courant vers le réseau européen – avec plus de 10 milliards de kilowatts/heure livrés l’année dernière vers la Serbie, la Grèce, la Macédoine ou la Turquie. Concurrencées par l’émergence des énergies renouvelables et les deux réacteurs de la centrale nucléaire de Kozloduy, les mines ouvertes en 1952 restent cependant le « cœur énergétique de la Bulgarie ».

Chelopech, dans les entrailles de la terre

En 2013, les accidents de travail dans les mines bulgares ont coûté la vie à 14 personnes. Avec cinq travailleurs décédés à la suite d’un effondrement courant juillet, la concession privée d’Oranovo a payé le plus lourd tribut. Elle témoigne surtout du dilemme des mineurs : face au refus du propriétaire d’entreprendre des travaux de sécurisation, le Ministère de l’Economie avait ordonné sa fermeture cet été. Avant d’autoriser la réouverture en janvier, sous la pression d’un personnel privé de gagne-pain…
Il y a dix ans la mine fermée de Chelopech, situé à 70 km à l’Est de Sofia, était aussi un site vétuste, classé dangereux pour la sécurité et la santé. Pourtant, depuis huit ans, aucun accident mortel n’est à déplorer. Après avoir racheté ce site d’extraction d’or et de cuivre en 2003, la compagnie canadienne Dundee Precious Metals (DPM) a investi près de 280 millions d’euros dans sa modernisation. Point d’orgue des travaux : un réseau sans fil a été déployé dans 97% des souterrains. Grâce à la wifi, la salle de contrôles peut suivre le moindre déplacement des mineurs et des véhicules.
Chelopech ne délivre qu’un produit semi-fini. Le minerai est ensuite transporté par train et camions à Burgas, port de la Mer Noire avant de prendre la direction de… la Namibie et de la fonderie de Tsumeb ! Un choix dicté par les ONG environnementales bulgares, qui refusent que l’extraction de l’or et du cuivre ait lieu sur place. Celles-ci s’alarment de l’usage de composés de cyanure pour traiter des minerais déjà riches en arsenic, menaçant la santé des travailleurs et de la population.


Texte : Julien Descalles
Photos : Joseph Melin