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La Bulgarie, terre d’accueil de réfugiés syriens

Reportage réalisé en collaboration avec le journaliste Julien Descalles, publié dans l’édition du soir de Ouest-France en mars 2014.

Le pays le plus pauvre d’Europe a vu affluer ces six derniers mois onze fois plus de migrants, en majorité syriens, qu’en 2012. Après avoir risqué une crise humanitaire, la réouverture et la rénovation de bâtiments désaffectés, la mobilisation des ONG et l’aide financière de l’UE ont permis une légère amélioration des conditions d’accueil.

« Depuis notre arrivée en Bulgarie, ma fille aînée me répète que j’ai perdu son avenir. C’est vrai qu’ici, il n’y a rien à faire, qu’on est les uns sur les autres, que c’est sale, mais au moins on est en sécurité. En Syrie, on risquait tous les jours notre vie ou l’enlèvement. » Institutrice, Azab Zawhiri a fui Homs avec ses six enfants en septembre dernier, pour échapper à la fois à la répression du régime et aux menaces de mort des rebelles islamistes du front Al-Nosra. Un mois plus tard, après la traversée de la Turquie, la famille gagnait la Bulgarie, décrétée par les passeurs porte d’entrée la moins chère de l’eldorado européen. Soit, en moyenne, 500 dollars par personne.
Une fois la frontière franchie, les Zawhiri ont ainsi échoué au camp de Vrajdebna, à proximité de l’aéroport de Sofia. Soit une ancienne école désaffectée et rouverte à la hâte pour accueillir près de 400 migrants depuis l’automne. Dans chacune des salles de classe, six familles s’entassent, matelas au sol et draps dressés sur des cordes à linge pour préserver une fragile intimité. L’hygiène, elle, est insuffisante : l’eau chaude manque régulièrement, les toilettes ne sont pas assez nombreuses.

« On croyait avoir rallier l’Union européenne mais en fait, il n’y avait rien. Pas de nourritures, pas d’aide médicale, une douche tous les dix jours… Et cinq mois après, on est toujours ici à attendre », se désole Azab. Qui pour subvenir à ses besoins, n’a longtemps pu compter que sur le versement d’une pension de 32 euros par mois et la générosité locale. Colis de nourriture, vêtements, couches, ustensiles ménagers ou encore médicaments sont ainsi régulièrement distribués par la Croix-Rouge bulgare, les « Amis des réfugiés », groupe de bénévoles constitué sur Facebook ou la communauté syrienne bulgare.

Car depuis l’été 2013, le pays le plus pauvre de l’U.E fait face à une vague de migration inédite : en six mois, 11 000 migrants, en majorité syriens et kurdes, ont afflué, contre un millier les années précédentes. Mal préparées, les autorités bulgares et les 1 200 places d’accueil du pays ont rapidement été dépassées. A l’instar du centre de Vrajdebna, six autres garnisons ou écoles à l’abandon ont donc été rouvertes à la hâte.

Pourtant, après les coups de semonce du Haut commissariat pour les réfugiés et des ONG au début de l’hiver, la situation s’est peu à peu améliorée. A commencer par ces deux repas chauds – une popote peu ragoûtante préparée par l’armée bulgare –servis dans l’ensemble des centres d’accueil.



A Harmanli, à une quarantaine de kms de la frontière turque, la mue est ainsi en cours. « Au début, il y a eu beaucoup d’improvisation. Le pays manque d’expérience en matière d’accueil des migrants, tout était délabré, mais aujourd’hui, les conditions de vie sont moins précaires », souligne Denitsa Dimitrova, responsable régionale de la Croix-Rouge bulgare. Au centre le plus important du pays avec 1 200 pensionnaires, les toiles de tente et les matelas hors d’âge des premiers mois ont disparu, remplacés par 76 préfabriqués chauffés et des lits de camp. 150 familles y ont emménagé, les autres résidents trouvant refuge dans les trois bâtiments de cette ancienne caserne militaire.

Grâce aux fonds de soutien alloués par l’UE – 5,6 millions d’euros -, des travaux de rénovation y ont été lancés : les fenêtres en PVC ont succédé aux carreaux cassés, tandis que des douches supplémentaires et un lavoir sont en cours de construction. Dans l’une des bâtisses, des chambres individuelles dédiées aux mères célibataires, voient le jour. Les toilettes mobiles se sont multipliées, et une permanence médicale a été installée.

« Le lieu n’a rien à voir avec les premiers jours, se réjouit Rasheed, guide touristique à Damas, débarqué dans les Balkans en octobre. Il y a le chauffage, l’électricité, bien sûr, mais aussi des cours de maths et d’anglais assurés par des réfugiés. » De quoi tromper l’ennui dans un camp où les parties de foot ou de cartes restent les principales – les seules ? – distractions.

« Surtout, on ne vit plus aujourd’hui en prison : tout le monde a désormais sa « Green Card », qui permet de quitter le camp durant la journée. » témoigne Rasheed. Une première étape vers le statut de réfugié, ouvrant l’accès à toute l’Union européenne. « Pour la très grande majorité, la Bulgarie n’est qu’une étape. Ici il n’y a pas le moindre travail pour les nationaux, alors imaginez pour nous…  », soupire Ahmad, électricien de 26 ans en route pour Londres. Parmi les destinations les plus prisées des migrants : Royaume-Uni, Allemagne et Suède. Après des mois de flou administratif, la procédure semble d’ailleurs s’accélérer. Selon l’Agence nationale des réfugiés, dont le personnel a été multiplié par deux, 675 statuts auraient été accordés depuis le début de l’année.

Mais pour le gouvernement, la gestion de la crise semble également passer par une fermeture des frontières. Mises sous pression par la formation d’extrême-droite Ataka et une partie de la population sur « le qui-vive », selon le mot de deux habitantes d’Harmanli, les autorités ont décidé de la construction d’une clôture de 30 kms le long de la frontière bulgaro-turque. Livraison attendue courant mars.

Texte : Julien Descalles
Photos : Joseph Melin

Sneakers story

L’évolution de la sneaker des années 60 à 2010 mise en scène et photographiée pour le magazine Azimut.

Sneakers story

mannequins : Lola et Basile – stylisme : Virginie Savona – retouche/graphisme : Christophe Hermellin – Studio 1001 Vues

Montpellier-Castres

Montpellier-Castres

Demi-finale du Top 14 Montpellier-Castres au stade Pierre Mauroy à Lille.

Ernest se met au bodybuilding

Le magazine Ernest publie le sujet Le bodybuilding, une sorte de liberté réalisé en compagnie du journaliste Simon Pittet dans son édition hiver 2014 spécial sport.

Ernest hiver 2014

Ernest hiver 2014

Ernest hiver 2014

Arthur Guérin-Boëri

Arthur Guérin-Boëri est champion du monde CMAS d’apnée dynamique sans palmes. Le 09 août 2013 à Kazan, il a nagé sous l’eau durant 3 minutes et 55 secondes parcourant une distance de 200 mètres.

Arthur Guérin-Boëri

Arthur Guérin-Boëri à l’entraînement au centre nautique de Nogent-sur-Marne.

Arthur Guérin-Boëri

Entraînement d’apnée de la ligne compétition du comité départemental du Val-de-Marne en novembre 2013. Arthur enchaîne des longueurs de 50 mètres avec un temps de récupération très court.

Sarah Ourahmoune

Sarah Ourahmoune, championne du monde 2008 de boxe anglaise, au Boxing Beats d'Aubervilliers.Sarah Ourahmoune, championne du monde 2008 de boxe anglaise, au Boxing Beats d'Aubervilliers.

Sarah Ourahmoune, championne du monde 2008 de boxe anglaise, au Boxing Beats d’Aubervilliers.

Le Canon EOS 5D Mark III, un boîtier repensé et plus polyvalent

L’ EOS 5D fut le premier reflex numérique full-frame « abordable » annoncé par Canon en 2005. Un boîtier sommaire associé à un capteur de 12 Mpix permettait enfin un passage au numérique intéressant pour les photographes experts et professionnels. Ceux-ci étaient alors peu désireux d’investir dans des reflex APS-C à la qualité d’image moyenne à l’époque, aux viseurs ridicules et au coefficient de focale difficile à appréhender. Le 5D se positionnait parfaitement, initiant une nouvelle gamme qui permettait d’exploiter pleinement le potentiel de la gamme d’objectifs EF.
3 ans plus tard, la marque annonçait son successeur : l’EOS 5D Mark II devenu extrêmement populaire chez les photographes pour ses 21 Mpix mais également chez les vidéastes pour sa capacité à filmer en Full HD et obtenir des rendus incomparables grâce à la taille de son capteur et sa qualité d’image notamment en basse lumière.
Ces deux boîtiers sont aujourd’hui très utilisés par les photographes professionnels qui disposent d’une bonne qualité d’image pour un prix intéressant dans une gamme pérenne qui ne se renouvelle que tous les 3 ans.
Cependant, sur ces deux 5D, Canon a toujours mis l’accent sur la qualité de son capteur, oubliant au passage l’ergonomie générale et reprenant des fonctionnalités de boîtiers de gamme inférieure. L’annonce du Canon EOS 5D Mark III cette année représente à ce titre un changement majeur dans cette stratégie.

Canon EOS 5D Mk III

Finie la montée en pixels, pas de vidéo 2K ou 4K cette fois. La marque rouge a décidé de se concentrer sur l’ergonomie de son boîtier et ce n’était vraiment pas un luxe. Autant les Mk I et Mk II étaient des boîtiers loués pour leur qualité d’image, autant ils étaient connus pour leur autofocus très limité et peu précis ainsi que pour leur ergonomie peu aboutie. Deux défauts qui ont enfin été corrigés.
Une ergonomie repensée
La première nouveauté que l’on remarque dans une utilisation courante est le niveau de finition supérieur au Mk II : poignée mieux dessinée facilitant la prise en main, revêtement plus agréable. La seconde est le changement de place de l’interrupteur. Après 6 années à allumer son appareil de la même façon, il faut maintenant penser à actionner le bouton on/off près de la molette des modes, ce qui est plus logique.
Le bouton « lock » de la roue codeuse ne disparaît pas pour autant mais peut à présent être réorienté vers une autre commande de blocage grâce aux fonctions personnalisées. Cette personnalisation se retrouve d’ailleurs dans quasiment toutes les touches du boîtier.
Ainsi, dans ma pratique, je n’utilise que rarement le bouton de test de profondeur de champ qui a d’ailleurs enfin été replacé de façon à être utilisable avec les longues focales. J’ai donc simplement redéfini sa fonction.
La bague de sélection de mode est enfin verrouillée par un bouton poussoir. Finies les premières images réalisées dans un mode non souhaité parce que la molette a tourné malencontreusement dans le sac. Personnellement, je ne travaille qu’en manuel et apprécie donc de ne plus avoir à constamment vérifier le mode dans lequel l’appareil se serait déréglé. Les utilisateurs avaient tellement émis de critiques sur ce défaut que Canon propose via son SAV d’effectuer une modification hardware pour corriger ce problème sur le 5D Mk II et le 7D. Reste le bouton du correcteur dioptrique encore trop facilement modifiable par inadvertance.
Canon EOS 5D Mk III

Les commandes liées au réglage de l’ouverture et de la vitesse d’obturation sont enfin inversables via les menus. Ça permet de régler l’ouverture grâce à la molette près du déclencheur et la vitesse par la roue codeuse arrière. Les menus ont d’ailleurs été repensés et une touche info permet enfin d’obtenir des explications sur chaque fonction.
Un autre changement important concerne le nouvel emplacement des commandes de loupe lors de la lecture d’image : une commande par la molette près du déclencheur ressemblant à l’ergonomie Nikon. Il est possible de prérégler le niveau de la loupe lors du lancement de la commande. Pratique car certains photographes souhaitent vérifier rapidement le bruit ou la netteté à la lecture et ont besoin d’un zooming puissant tandis que d’autres se contentent d’un grossissement plus léger pour vérifier la qualité globale de l’image.
Au passage, le ratio de l’écran de contrôle passe en 3:2, plus pratique et agréable mais malheureusement il n’est pas orientable, ce qui est vraiment dommage car la visée par l’écran est très intéressante dans certaines situations. La résolution passe à 1 040 000 points contre 920 000 pour le Mk II et le rendu colorimétrique est très bon.
On peut désormais afficher deux vues côte à côte en mode lecture et un classement très pratique par étoile est proposé. Il est compatible avec la majorité des logiciels dont Lightroom. Avec un écran de bonne qualité et de nouvelles fonctionnalités, le Mk III permet donc de commencer un éditing de son travail en amont.

Canon EOS 5D Mk III

Un autofocus précis améliorant nettement la qualité des images
La qualité d’image du 5D Mk III se révèle intéressante. On ne sent pas des progrès fulgurants au niveau du capteur même si la gestion des basses lumières s’est bien améliorée. Le Mk III permet d’atteindre 25 600 ISO en natif et 102 400 en mode étendu. La dynamique est bonne et le rendu colorimétrique fidèle à ce que sait faire la marque depuis quelques années. C’est d’avantage au niveau du piqué que le rendu diffère de ses prédécesseurs et ce pour une raison simple : l’autofocus.
En effet, en utilisant le Mk III, on redécouvre franchement la qualité de ses optiques qu’on peut du coup estimer sous-utilisées sur les Mk I et Mk II.
J’ai rebasculé récemment ma gamme optique Carl Zeiss en monture Canon pour des raisons pratiques. Je poursuis un travail personnel en piscine et la MAP manuelle est impossible en caisson. J’étais donc obligé de réutiliser des optiques autofocus. Question de budget oblige, j’ai donc décidé de me séparer des optiques Carl Zeiss que je regrette pour leurs rendus et leurs bagues de mise au point si précises en vidéo.
Je dois par contre avouer que l’AF du Mk III atténue amplement mes regrets car les optiques USM Canon deviennent beaucoup plus précises grâce à lui. Les objectifs comme les 50mm f/1.2 L USM et 85mm f/1.2 L USM deviennent ainsi pleinement exploitables à pleine ouverture et les erreurs de mise au point se font rares.
Hérité du boîtier haut de gamme EOS 1D mk IV et non plus de la gamme inférieure, l’AF est extrêmement précis, le jour et la nuit avec les modules précédents. On passe de 15 collimateurs sur le Mk II à 61…
Revers de la médaille, sa personnalisation est poussée et les menus denses mais bien expliqués. Vous pouvez d’ailleurs télécharger le manuel de l’EOS 5D Mk III en français pour vous faire une idée du niveau de personnalisation de l’AF.
Personnellement, j’ai choisi de séparer la commande autofocus de la commande déclencheur, ce qui permet de déclencher à tout moment même si la mise au point n’est pas terminée. Le Mk III permet d’ailleurs de privilégier le déclenchement à la recherche autofocus via les menus, ce qui est un vraie amélioration sur ce point.
Le micro-ajustement de l’autofocus est toujours disponible et s’affine en proposant deux micro-ajustements pour les zooms, un à la position la plus large du zoom et l’autre à la position la plus serrée.
Le choix de Canon au niveau du module AF est donc très judicieux à ce niveau et permet enfin d’exploiter tout le potentiel du capteur et des nombreuses optiques de la gamme.
Un visée optique plus précise mais perfectible
Le viseur a été également modifié. Il passe à une couverture 100%, fini les recadrages en post-production à cause d’un élément gênant dans l’image invisible lors du déclenchement. Ce viseur est dit « intelligent » et contient de nombreux circuits électroniques. Comme sur les boîtiers Nikon, la luminosité du viseur est assistée par la batterie. Sans alimentation, la visée s’assombrit.
Un quadrillage peut être affiché sans changer le verre de visée. Pratique et économique mais il ne sera par contre plus possible de changer le dépoli pour un verre à stigmomètre par exemple.
Canon EOS 5D Mk III

Il est d’ailleurs dommage que Canon n’ait pas compris l’intérêt qu’il pouvait tirer de ce quadrillage qui aurait pu représenter des ratios différents du 3:2 et enfin proposer une visée optique au format carrée ou 6:7 par exemple. Cette option est disponible pour la visée par l’écran mais pas par la visée optique.
De nouvelles fonctionnalités rendant le boîtier plus polyvalent
Au niveau du miroir et de l’obturateur, un vrai effort a été réalisé sur le bruit du déclenchement. Plus métallique, il devient plus discret. Un mode silencieux est proposé et je pense qu’il devrait convaincre à lui seul certains photographes de passer du Mk II au Mk III, notamment pour les photographes de spectacles et les reporters. Le déclenchement dit « silencieux » ne produit qu’un bruit discret, feutré. C’est d’ailleurs le mode que j’ai choisi de régler par défaut. En revanche, le temps d’obturation de la visée reflex augmente alors et la cadence images diminue.
Cette cadence a été améliorée (6 images par secondes contre 3,9) et rend le boîtier beaucoup plus polyvalent en l’ouvrant à la photographie de sport, domaine où ses prédécesseurs étaient très peu à l’aise. L’apport du processeur Digic 5+ y est pour beaucoup.
Plus anecdotique, un mode exposition multiple fait son apparition, permettant de reproduire plusieurs images sur un seul et unique cliché sans avoir à passer par un logiciel. Les nostalgiques de l’argentique apprécieront.

Un niveau est proposé à l’utilisateur par la visée optique ou par l’écran. Pratique pour la photographie d’architecture par exemple et plutôt précis de ce que j’ai pu en juger.
Par contre, la fonction intervallomètre reste toujours impossible à réaliser sans la chère télécommande TC-80 N3. Une des dernières stupidités héritées des anciens boîtiers et qui ne changera pas cette fois. Malgré cet oubli, le Mk III devient un appareil plus complet et conviendra à de très nombreuses applications photo, ce qui est loin d’être anodin car de nombreux photographes experts et même professionnels sont aujourd’hui équipés d’un unique boîtier. La notion de polyvalence est donc primordiale.
Le Mk III propose un double slot carte mémoire CompactFlash et SD. On peut ainsi doubler la capacité de prises de vues. On peut également enregistrer pour une même image un fichier Raw sur une carte et un Jpg sur une autre. Encore une fois, tout est configurable.
Bémol important, le port SD n’est pas compatible avec la norme UHS (ultra high speed) permettant des débits de transfert théoriques de 104 Mo par seconde. La vitesse d’écriture de ces cartes sera donc bridée, ce qui est vraiment décevant pour un appareil à ce prix. Le reflex supporte par contre la dernière norme de transfert UDMA 7 pour les cartes CompactFlash. Les photographes de sport, adeptes des rafales, devront donc privilégier l’utilisation de la CompactFlash à la SD.
La trappe d’accès aux cartes mémoires a été redessinée et semble plus solide.
Canon EOS 5D Mk III

Au niveau des fichiers, on peut enfin changer le nom initial des images et plus uniquement le nom du dossier. Les infos « auteur » et « copyright » insérées dans les informations Exif sont enfin modifiables par le menu boîtier, plus besoin de passer par le logiciel dédié. Il en est de même pour les fichiers Raw enfin exportables en Jpg directement du boîtier.
Les batteries sont les mêmes que le 5D Mk II, 7D, 60D (LP-E6)… Un bon point. L’autonomie est excellente, elle a été considérablement améliorée par rapport au Mk II. Un nouveau grip est proposé mais je n’ai jamais aimé l’embonpoint et le manque de discrétion induit par cet accessoire.
Une fonction vidéo améliorée par petites touches
Au niveau de la vidéo, je n’ai pas encore eu l’occasion exploiter pleinement ses fonctionnalités mais la prise casque est une vraie amélioration. Par contre, Canon oublie de fournir le câble HDMI pour visualiser les vidéos directement sur un téléviseur Full HD… La roue codeuse devient tactile pour changer des réglages sans gêner la prise de son. Top !
Un mode All-I (compression image par image) fait son apparition mais pas de sortie non compressée contrairement au concurrent Nikon (edit 04/2013 : Canon propose finalement une mise à jour firmware autorisant entre autre une sortie HDMI non compressée).

Autre amélioration : le 5D Mk III n’est plus limité à 12 minutes d’enregistrement. Il passe à 30, ce qui est quand même plus confortable à l’usage notamment pour les interviews.
Canon EOS 5D Mk III

un boîtier équilibré mais des fonctionnalités oubliées et un prix élevé
Au final, ce boîtier représente une vraie évolution car il vient combler les nombreuses lacunes de ses prédécesseurs. L’ergonomie a été profondément remaniée, la personnalisation des touches et menus poussée, la visée, l’autofocus et la cadence images améliorées. Tous ces points permettent au 5D Mk III d’être plus polyvalent que jamais, adapté à tous les domaines photographiques, ce qui n’est pas un luxe quand de nombreux photographes n’ont plus les moyens de s’équiper de plusieurs boîtiers.
La résolution de 22 Mpix reste maîtrisable dans un flux photo et n’obligera pas les utilisateurs à changer leur configuration informatique contrairement aux nikonistes et leur excellent D800 à 36 Mpix.
La fonction vidéo a été améliorée par petites touches, satisfaisant opérateurs et monteurs.
Cependant, on garde l’impression que le 5D Mk II aurait déjà pu bénéficier de ces nombreuses fonctionnalités et que Canon aura mis du temps à écouter et faire remonter les griefs de ses utilisateurs. L’apport de l’autofocus laisse d’ailleurs le sentiment que les optiques L auront été sous-utilisées sur les précédents boîtiers.
On aimerait croire que ces nombreuses améliorations sont à l’origine du prix élevé auquel le produit est proposé (3299 euros boîtier nu en juin) mais ça reste difficile à imaginer quand on le compare à la concurrence. Le temps et la disponibilité du produit devrait rendre ce produit plus abordable et le Mk II reste au catalogue.
Et malgré ces nombreuses évolutions, il manque encore sur ce Mk III quelques fonctionnalités proposées par ses concurrents et même intégrées parfois dans des boîtiers Canon de gamme inférieure : un écran pivotant et tactile qui serait un vrai plus dans l’utilisation (à l’image de l’EOS 650D récemment annoncé), un viseur optique permettant l’affichage des formats différents du 3:2, une aide à la mise au point comme le focus peaking adopté par Sony, une commande intervallomètre incluse dans le boîtier, un port SD compatible UHS, une prise USB 3.0… Ce sera sans-doute pour son successeur, dans 3 ans…

Mostar, un pont trop loin

Le Stari-Most, vieux pont de Mostar (Bosnie-Herzégovine).

« En face, je n’y vais jamais, il n’y a que des musulmans. Moi, ma patrie, c’est la Croatie. » En face, c’est Mostar-Est (Bosnie-Herzégovine). Fin février, Silvio Bubalo a pourtant trahi ses principes : pour assister au match du Zrinjski, le club de la communauté croate, ce cadre administratif fondu de football a dû franchir le fleuve Neretva. Et ainsi rallier le stade du Velez, l’équipe des bosniaques. Dans l’enceinte, parqués sur une estrade construite pour l’occasion, 500 Ultras multiplient les provocations : drapeau croate, étentard du Vatican et saluts fascistes sont adressés aux supporters rivaux. Encadrés par la police anti-émeute, ils seront escortés à la fin de la rencontre jusqu’à l’Ouest. Une journée qui rappelle que « Mostar reste la dernière ville multiethnique d’Herzégovine (Sud du pays) justement parce qu’elle est divisée », selon la formule de l’écrivain Veselin Gattalo. « Et le Bulevar, avec ses habitations encore en ruine, est notre zone grise. »

Derby de football entre le FK Velez (communauté bosniaque) et le HSK Zrinjski (communauté croate). Victoire 1-0 pour le FK Velez. Les supporters des deux équipes envoient des fumigènes sur le terrain pour gêner l’équipe adverse.

Ancienne ligne de front de la guerre qui a déchiré la ville entre 1992 et 1994, la principale artère de la cité reste une frontière. Du moins dans la tête de nombreux Mostariens. « De l’autre côté, je me sens dévisagé », explique un lycéen croate, qui confie s’y rendre très rarement. « C’est comme si il y avait deux villes différentes », appuie l’un de ses camarades.

Reconstruit à grands frais par la Banque mondiale, le Vieux Pont n’a pas rapproché les communautés. « Au contraire, le Stari Most est devenu le symbole du quartier Est », se désole Gattalo. Il est loin d’être le seul monument à diviser depuis le retour de la paix. D’un côté, un campanile de trente mètres, accolé au couvent franciscain, domine le centre-ville. Et sur le mont Hum, où étaient positionnées les pièces d’artillerie de l’armée croate ayant pilonné le Vieux Pont, une gigantesque croix toise la vallée. De l’autre, les minarets se sont multipliés. Manière pour chaque communauté d’afficher sa domination sur une partie de la ville.

Croix gammée taguée près d’une maison en ruine sur le Bulevar (boulevard de la Révolution Nationale) à Mostar (Bosnie-Herzégovine). Ancienne ligne de front pendant la guerre, le boulevard est devenu une frontière invisible entre la communauté croate et la communauté bosniaque.

Cette partition est avant tout renforcée par le fonctionnement des institutions. Si la pression de la communauté internationale a abouti à l’instauration d’une seule police et d’une seule mairie, l’unité est souvent de façade. Ainsi, la ville est resté quatorze mois sans maire après les municipales d’octobre 2008, faute d’accord entre les deux communautés. Surtout, nombre d’administrations continuent de mener une double vie. A l’Est, le courrier est acheminé par la poste de Bosnie-Herzégovine tandis qu’à l’Ouest, il transite par le voisin croate. De même, la compagnie des eaux est gérée par deux services parallèles. Rien ne semble favoriser l’unité : « Si jamais je voulais me faire soigner dans l’hôpital de l’Ouest, bien plus moderne, je ne serai pas remboursée, car nous n’avons pas le même carnet de santé avec les croates », déplore Améla*, une bosniaque de 28 ans.
« Ici tu es d’abord bosniaque, croate ou serbe avant d’être Bosnien (1) », explique la jeune femme. Mais elle veut croire que la situation s’améliore. « Quand je suis revenue en ville après la guerre, je devais passer deux check-points pour me recueillir sur la tombe de mon père. Aujourd’hui, rien de plus normal que faire du lèche-vitrine au centre commercial de l’Ouest et ses boutiques de chaussures ! »

Au cœur du quartier croate, moins ravagé par le conflit, le Rondo et ses dizaines de cafés branchés et d’échoppes de vêtements n’ont aucun secret pour nombre de bosniaques. Pour Améla, née dans le Mostar multiethnique de Tito, la ligne de démarcation est ailleurs. « Les « vrais » Mostariens, ceux qui vivaient ici avant le conflit, continuent de vivre dans une seule ville. Qu’ils soient catholiques, orthodoxes ou musulmans. Ceux qui veulent la partition, ce sont les croates, venus du reste de la Bosnie et réfugiés ici après-guerre. Ils considèrent que Mostar-Ouest leur appartient ! » Les yeux rivés vers Zagreb, qui a financé en partie leur installation et leur a donné un passeport, ils rêvent encore d’une grande Croatie. Ou a minima de vivre dans la capitale d’une fédération autonome au sein de la Bosnie.

Alors qu’au niveau national les partis ne parviennent pas à former un gouvernement depuis plus de cinq mois, localement, les responsables politiques ont tout intérêt au statu quo. « Le SDA et le HDZ (NDLR : les partis nationalistes bosniaque et croate) se sont répartis Mostar, explique Veso Vegar, porte-parole d’un parti croate concurrent. Leur but est d’avoir le monopole sur leur territoire. » Et sur l’économie, avant tout. Avec 2000 employés, Aluminij est le principal employeur de la ville. Il est également le premier sponsor du Zrinjski et finance le centre culturel croate et une galerie d’art. « Mais pour y entrer, il faut être encarté au HDZ », affirme M. Vegar. Résultat : 90 % des employés sont croates. Une aubaine dans une ville qui compte 40 % de chômeurs, mais seulement 20 % à l’Ouest. Ce clientélisme explique aussi le maintien au pouvoir depuis une vingtaine d’années du SDA et du HDZ.

Plus de quinze ans après les accords de paix de Dayton, les deux communautés cohabitent plus qu’elles ne se mélangent. Dans chaque camp, les préjugés ont la peau dure. Y compris chez les jeunes générations. D’autant que, de la maternelle aux filières technologiques, la ségrégation règne. Seul le Gymnasium détonne. Cœur du « Bulevar », le lycée général de cette ville de 100 000 habitants est le seul à accueillir 650 adolescents de toutes communautés confondues. “Ici, tous peuvent se rencontrer, se lier d’amitié. Ce premier pas est la voie à suivre pour toute la Bosnie-Herzégovine”, explique fièrement le directeur, Bakir Krpo. Le modèle a pourtant ses limites. Sitôt la cloche retentie, croates et bosniaques regagnent des classes séparées. La faute notamment aux cours d’histoire, les premiers apprenant le programme établi à Zagreb, les seconds celui de Sarajevo. Conséquence : « Seuls les bosniaques considèrent ce pays comme le leur », reconnaît le proviseur. La réconciliation promet d’être longue. Le 14 février dernier, date anniversaire de la libération de Mostar, aucune commémoration n’a eu lieu. Ni d’un côté du “Bulevar”, ni de l’autre.

*Le prénom a été modifié

(1) Distinction est faite entre les Bosniens, tout citoyen de BiH, et la communauté bosniaque.

Texte : Julien Descalles et Damien Dubuc
Photos : Joseph Melin

Marcoussis

Préparation de l’équipe de France de rugby pour la tournée de novembre (Fidji/Argentine/Australie) au Centre National de Rugby de Linas-Marcoussis. Atelier de musculation pour les clermontois Julien Bonnaire, Morgan Parra et Alexandre Lapandry.

Marcoussis

Le bodybuilding, « une sorte de liberté »

Amjad Al Zain, bodybuilder, en pleine concentration pendant une compétition à Ramallah en Territoires Palestiniens<.[/caption] Trois hommes. Tout les sépare : leur culture, leur passeport et leur niveau de vie. À Tel-Aviv, Ramallah ou Jérusalem, ils partagent pourtant une passion : le culturisme. Dans une région marquée par les violences et les frustrations, le corps de chacun représente un ultime espace de liberté. À Tel-Aviv, le corps est roi et la plage ponctuée d’installations de musculation. Maor Zaradez s’entraîne non loin de là dans une salle rutilante et climatisée. Ce Franco-Israélien a passé les trois ans de son service militaire à réparer des blindés et à porter de lourdes pièces métalliques. Une activité qui occupe aujourd’hui encore les journées de ce bodybuilder professionnel et Mister Israël 2007. Maor Zaradez dit avoir de nombreux amis bodybuilders palestiniens : « On fait du sport pas de la politique ». Entraîner les forces du Fatah « Je ne fais pas de politique ». Amjad Al Zain le dit aussi. Et ce ne sont pas que des mots. Cette star palestinienne du culturisme a très récemment repoussé une offre venant du gouvernement palestinien qui l’invitait à encadrer l’entraînement et l’alimentation des forces de sécurité du Fatah, le parti au pouvoir en Cisjordanie. Amjad Al Zain collectionne les titres et électrise les foules par exemple lorsqu’il concourt pour le titre de champion de Palestine. « Si j’avais plus d’argent » Dans une salle viellie de Jérusalem-Est, Muhannad Al Resheq s’entraîne obstinément sur des machines rudimentaires. Alternant les petits boulots et les courts séjours en prison, cet Arabe-Israélien peine à financer sa passion. « Si j’avais un peu plus d’argent, tu me verrais plus baraqué que ça ». À 30 ans, il vit avec sa mère, ses frères et sœurs – dont il a la charge – au cœur de la vielle ville de Jérusalem. « C’est déjà une sorte de liberté » Comment comprendre cet engouement croissant qui dépasse toutes les lignes de démarcation ? Khaled, un bodybuilder rencontré à Ramallah, a sa réponse : «Dans notre pays, il est difficile de se déplacer avec le morcellement des Territoires et les checkpoints. Par contre, tu peux faire du bodybuilding où et quand tu le souhaites. C'est déjà une sorte de liberté.» Un sujet réalisé en collaboration avec le journaliste Simon Pittet.

Photo. Joseph Melin
Son/montage. Simon Pittet