Archives par étiquette : Paris

Lanzani, l’envers des décors

Deux guillotines, des poêles en fonte, trois pirogues, une cabine de funiculaire… Bienvenue chez Lanzani ! Dans cette maison spécialisée dans la location de décors de cinéma, au coeur du 11e arrondissement de Paris, le bric-à-brac de la cour se prolonge sur 4 000 mètres carrés d’ateliers. Passage obligé pour nombre de professionnels de l’image, c’est ici que se sont fournis les décorateurs de La Promesse de l’aube, d’Au Revoir là-haut et du Redoutable, trois films en lice pour le prix du meilleur décor lors de la 43e cérémonie des César, vendredi 2 mars.

Texte. Cécile Fournier pour Le Parisien Magazine.

Pour se repérer dans ce dédale, mieux vaut être accompagné par le maître des lieux, Didier Lanzani, 66 ans, patron de l’entreprise familiale. Le sexagénaire à l’impressionnante stature en connaît les moindres recoins. Avant de prendre, dans les années 1980, la succession de son grand-père, fondateur de la société, il avait, enfant, fait de ces bâtiments ouverts à tous les vents son terrain de jeu. Aujourd’hui, celui qui se destinait à devenir commissaire-priseur est à la tête d’une entreprise de dix employés, dont le chiffre d’a aires s’élevait, en 2016, à près de 1,2 million d’euros. Une société plutôt florissante dans un marché difficile où les loueurs se comptent désormais sur les doigts d’une main.

Didier Lanzani fait le tour du propriétaire à grandes enjambées. Il remet une chaise sur ses pieds, pousse une porte brinquebalante, caresse un ours blanc empaillé, traverse une salle encombrée par des dizaines d’étagères. Sur l’une d’elles, la vaisselle en porcelaine fleurie du film Marie-Antoinette, de Sofia Coppola (2006). L’homme finit par s’arrêter dans un couloir, véritable cabinet de curiosités, pour désigner ses deux objets préférés, une tête dans le formol, rendue célèbre par Les Rivières pourpres de Mathieu Kassovitz (2000), et un fœtus humain…

Visite privée de l’atelier de Patrick Jouin

Dans le quartier du faubourg Saint-Antoine à Paris, Patrick Jouin conçoit décors de rue – les bornes Vélib’, c’est lui ! – et meubles de demain, comme le nouveau fauteuil Blue Moon.

Les Parisiens croisent tous les jours les œuvres de Patrick Jouin. Créateur des Sanisettes (les toilettes publiques) et des bornes Vélib’, l’homme travaille actuellement sur l’équipement des gares du Grand Paris Express, futur réseau de métro autour de la capitale, et sur le réaménagement de la gare Montparnasse. Rien que ça ! Couramment, il passe d’un gigantesque chantier urbain à la conception de mobilier. Le décor du bar et du restaurant du Plaza Athénée, hôtel cinq étoiles, c’est lui. Celui du Jules Verne, table perchée au deuxième étage de la tour Eiffel, aussi. Tout comme le nouvel écrin parisien du joaillier Van Cleef & Arpels. Il a choisi d’installer ses locaux dans le faubourg Saint-Antoine, ancien quartier des métiers du bois et du meuble où flotte encore l’âme du vieux Paris. Là, il partage son temps entre ses deux agences : Patrick Jouin ID, spécialisée dans les objets et le mobilier, et Jouin Manku, pour le design d’espaces, créée en 2006 avec son associé Sanjit Manku. Pour atteindre son studio, il faut emprunter un petit passage, traverser une cour, grimper un escalier dérobé. Dans ce lieu anciennement occupé par un ébéniste-doreur-marqueteur, nulles paillettes ni ors. L’agencement est à l’image de ce créateur de 49 ans, humble et enthousiaste, qui privilégie la fonction au style. En 2003, Patrick Jouin a eu un coup de cœur pour l’actuelle salle de réunion baignée de lumière. Il a donc jeté l’ancre entre ces murs, sur un étage d’abord puis sur deux. Un vrai changement pour celui qui a commencé à travailler dans sa cuisine avant de rejoindre un ancien atelier de couture du Sentier. Suite

Texte. Vanessa Zocchetti pour Le Parisien Magazine.

Meikon, le caisson étanche made in China

Photographe pratiquant la plongée en apnée, je souhaitais depuis longtemps acquérir un caisson étanche pour mon appareil photo. Malheureusement, l’investissement financier est très conséquent (entre 2000 et 6000 euros). Trop peu de constructeurs sont présents sur ce marché de niche où la qualité de fabrication doit être exemplaire sous peine de noyer son boîtier. Le caisson est conçu pour donner accès à la plupart des commandes de l’appareil. Il ne peut donc s’adapter qu’à un seul type de boîtier et rend plus difficile les changements de matériel. Il est d’ailleurs souvent disponible plusieurs mois après la sortie d’un nouvel appareil, le temps que le constructeur étudie l’ergonomie, adapte son caisson et lance la production.

Les limites des housses étanches

Ces différentes problématiques m’ont longtemps convaincu d’utiliser des housses étanche pour photographier sous l’eau. Différentes sociétés comme Aquapac, Dicapac, Outex proposent une sélection complète d’étuis souples et étanches adaptés à la plupart des appareils du marché, du compact au reflex professionnel avec ou sans flash cobra. Elles représentent un excellent choix pour la protection du matériel en cas de fortes intempéries ou pour des immersions type snorkeling. J’avais fait le choix de la marque Ewa-Marine qui est réputée dans ce secteur. Beaucoup plus abordables qu’un caisson dédié (moins de 300 euros), ces housses ont l’avantage d’être compatibles avec une gamme complète d’appareils (smartphones, compacts, hybrides ou reflex). Permettant d’atteindre une profondeur de 10 à 50 m (en théorie) en fonction des modèles, elles limitent cependant considérablement l’accès aux réglages, nécessitent un usage très soigneux de l’opérateur, sont très sensibles à la condensation et pâtissent d’une flottabilité positive ne facilitant pas la descente.

J’ai réfléchi à l’acquisition d’un caisson Aquatech, une marque de caissons conçus pour la photographie de surf, bien construits, mais donnant peu accès aux commandes de l’appareil et surtout limités à une profondeur de 10 mètres. Présents au Salon de la photo, j’ai apprécié leur sérieux et le retour de leurs photographes. Cependant, l’investissement reste très conséquent (2000 euros environ) pour un caisson limité en terme de commandes et qui devra être changé en même temps que le boîtier.

Meikon, made in China

J’ai alors découvert la marque Meikon, une entreprise établie en 2011 à Shenzen, dans la province de Guangdong en Chine, qui fabrique des caissons en polycarbonate pour la plongée sous-marine. On est loin de la finition des caissons vendus par la fameuse enseigne parisienne Photo Denfert mais le prix est beaucoup plus abordable (moins de 800 euros). La marque commence d’ailleurs à développer une belle panoplie d’ accessoires qui pérennisent l’achat en permettant de faire évoluer son caisson à l’image d’Olympus avec sa gamme d’accessoires sous-marins de qualité et inter-compatibles.

J’ai d’abord acheté un caisson Meikon pour mon hybride Sony Nex-6 et celui-ci s’est révélé à l’usage très pratique, compact, léger et efficace. Je l’ai descendu à 20 mètres sans soucis. Convaincu par la marque, j’ai donc décidé d’investir dans leur caisson pour mon boîtier EOS 5D Mk III. Il est donné pour une plongée à 40 mètres maximum, a deux joints toriques d’étanchéité, possède un double système de clapets plastiques et inox pour le fermer et est équipé d’une alerte sonore et d’un voyant rouge en cas d’intrusion d’eau. Une prise flash est présente sur le dessus, deux embases 1/4″ (universelles) en dessous pour monter une platine et le dos est transparent, .

Caisson Meikon

Hublot du caisson Meikon pour Canon EOS 5D Mark III. © Meikon

Une compatibilité avec différents boîtiers et optiques

La marque développe chaque caisson pour un appareil (à bon volume de vente) monté avec l’objectif de base vendu en kit soit le Canon EF 24-105mm f/4L IS USM pour le 5D (les deux versions de cette optique sont compatibles). Il faut d’ailleurs zoomer au minimum à 40mm pour éviter le vignettage. 3 autres objectifs non mentionnés par Meikon rentrent à ma connaissance (parfois en enlevant une bague interne dans le caisson) : le 16-35mm f/4L IS USM utilisé à 35mm, le 100mm f/2.8L Macro IS USM et le 50mm f/1.8 STM (avec un vignettage très important en photographie mais qui disparaît en vidéo). Les deux versions du 24-70mm f/2.8L USM n’y rentrent pas par contre. Canon a fait très peu évolué le design et l’ergonomie bien pensée de sa série des 5D. Le caisson Meikon fabriqué pour le 5D Mark III est donc compatible avec les boîtiers 5D Mark IV, le 5DS et le 5DS R.

Caisson Meikon

Arrière du caisson Meikon pour Canon EOS 5D Mark III. © Meikon

Un caisson qui évolue

Ce caisson facilite grandement la prise de vue sous-marine en permettant un accès quasi total aux fonction du boîtier. Il faut être très soigneux, notamment avec les joints pour éviter une infiltration (toujours vérifier leur propreté) mais son utilisation est beaucoup plus sécurisante qu’une housse étanche. La marque est très réactive et semble tester ses produits sérieusement. Le dessin du caisson semble taillé « à la serpe » mais le polycarbonate le rend très léger et facile à transporter. Il n’est pas équipé de dôme mais d’un hublot plan en verre. Le champ angulaire de l’objectif est donc réduit de 25% après passage du hublot sous l’eau. Cette limitation au grand-angle est déjà corrigée par Meikon qui propose une deuxième version de ce caisson mieux dessinée, avec possibilité de dômes permettant une compatibilité avec de très nombreuses optiques dont l’ultra grand angle 14mm f/2.8L II USM. Un meilleur accès au viseur optique et une prise synchro flash viennent compléter cette belle évolution.

Ce caisson Meikon n’a évidemment pas le caractère indestructible d’un caisson aluminium Isotta ou la qualité des lentilles humides Nauticam mais il me paraît très intéressant pour un usage surf, snorkeling, apnée ou plongée sous-marine occasionnel. Le rapport qualité/prix est impressionnant et la marque semble écouter les retours utilisateurs en proposant des nouveautés bien pensées. Un constructeur de ce type manquait vraiment au milieu de la photographie sous-marine et devrait aider à la démocratisation (relative) de cette discipline.

Edit 01/2018 : Photo Denfert distribue finalement les caissons Meikon via leur site internet uniquement.

Le fuseau remonte la pente

Créée en 1952, Fusalp, la marque savoyarde de vêtements de ski haut de gamme, s’est relancée sous l’impulsion de sa nouvelle directrice artistique, Mathilde Lacoste.

C’est dans un showroom flambant neuf du 10e arrondissement parisien que Mathilde Lacoste, 46 ans, planche sur le renouveau des lignes Fusalp consacrées au ski. Avec son mari Philippe, l’un des héritiers de la célèbre marque au crocodile, ils cèdent en 2012 leurs parts de la société Lacoste au groupe suisse Maus Frères. « Après vingt ans en tant que responsable du développement, je souhaitais trouver, avec mon mari, une marque française à relancer. Après quelques mois de recherche, Fusalp est devenu une évidence. » En 2014, le couple rachète la maison. Depuis, tous deux travaillent à sa renaissance. Suite

Texte. Airy Aubry pour Le Parisien Magazine.

Roseanna, en voilà des matières !

Depuis huit ans, Anne-Fleur Broudehoux et Roxane Thiéry imaginent une mode urbaine en mariant étoffes traditionnelles et textiles innovants.

Complices, Roxane Thiéry et Anne-Fleur Broudehoux, toutes deux 35 ans, inspectent les prototypes de la collection de l’hiver 2016 dans le grand appartement ensoleillé du 10e arrondissement de Paris qui abrite le studio, l’atelier et l’espace d’exposition de leur griffe, Roseanna. Originaires du Nord de la France, c’est lors « de vacances passées sur le littoral du Sud » que les deux amies font connaissance, il y a vingt ans. Quelques années après, Roxane est membre du studio de l’enseigne de prêt-à-porter Ba&sh et Anne-Fleur travaille au développement commercial de la maison de couture italienne Alberta Ferretti. Fortes de leurs expériences complémentaires, elles créent Roseanna, en accolant leurs deux surnoms. Huit ans plus tard, leur parcours est bluffant : 120 points de vente dans le monde (dont les grands magasins Le Bon Marché et Le Printemps) et de nombreuses comédiennes et musiciennes fans de leurs collections. Leur secret ? Tirer parti de leurs différences… Suite

Texte. Hélène Brunet-Rivaillon pour le Parisien Magazine

Ventilo, un vent de Californie

En ce matin d’hiver, Paris est drapé dans les derniers frimas ; mais au studio de création Ventilo, l’équipe est plongée dans l’été californien. Suspendus le long d’un mur bleu Klein, les hauts à motifs tropicaux, les cardigans orange et les robes rouges de la collection printemps-été constituent le colorama d’un coucher de soleil sur l’océan. L’effet carte postale est immédiat ! On s’imagine transportés sur la célèbre plage de Venice Beach (Los Angeles), contemplant les rouleaux du Pacifique se cassant sur le sable chaud… Suite

Texte. Hélène Brunet-Rivaillon pour le Parisien Magazine

Balibaris, de films en aiguilles

A la tête de Balibaris, Paul Szczerba et Lisa Astorino s’inspirent des classiques du cinéma pour créer des vêtements masculins modernes et abordables.

A la table de leur bureau de style, dans des locaux fraîchement rénovés à deux pas de la place de la Concorde, à Paris, Paul Szczerba (28 ans) et Lisa Astorino (51 ans) font le point sur la collection de l’été 2015. Paul a créé Balibaris fin 2010, quelques mois après avoir obtenu son diplôme d’HEC, et dirige aujourd’hui une équipe de quatorze personnes. Lisa est directrice artistique de la griffe. Auparavant, elle a travaillé pour Saint Laurent, Emmanuelle Khanh ou encore Zadig & Voltaire… Suite

Texte. Hélène Brunet-Rivaillon pour le Parisien Magazine

Bonton, les couleurs de l’enfance

Depuis 2001, Irène et Thomas Cohen réveillent le vestiaire des bambins en plongeant les vêtements basiques dans un bain de coloris audacieux.

En juillet dernier, alors que les écoliers troquaient leur cartable contre un sac de voyage, les équipes d’Irène et Thomas Cohen, parents de trois enfants, préparaient leur collection de l’été 2015. Thomas, le seul homme d’une équipe de quinze personnes installée à Saint-Germain-des-Prés, à Paris, rappelle la répartition des rôles : « Irène supervise le bureau de style, j’assure les tâches financières et le développement de la marque. » Au poste de styliste, on trouve Justine, sa cousine. Chez les Cohen, entreprendre en famille est une tradition. « Notre projet est né quand nous travaillions pour Bonpoint, l’enseigne de mes beaux-parents », se souvient Irène.
En 2001, après avoir fait leurs classes sur les bancs de cette griffe pour enfants sages, le couple décide de voler de ses propres ailes en revisitant des basiques dans des coloris « rarement utilisés pour les tenues destinées aux petits ». Ils lancent Bonton et ses tonalités énergiques aux jolis noms : « vert tige », « rouge fessée »… Ce savoir-faire teinté d’humour a vite conquis les parents… Suite

Texte. Hélène Brunet-Rivaillon pour le Parisien Magazine

Sneakers story

L’évolution de la sneaker des années 60 à 2010 mise en scène et photographiée pour le magazine Azimut.

Sneakers story

mannequins : Lola et Basile – stylisme : Virginie Savona – retouche/graphisme : Christophe Hermellin – Studio 1001 Vues

Tzuri Gueta : la silicone allée

Tzuri Gueta métamorphose le silicone en bijoux et textiles haute couture. Nous l’avons rencontré à l’occasion du Salon des métiers d’art et de la création*, à Paris.

Dans le monde merveilleux de Tzuri Gueta, les perles de sautoir ressemblent à des oursins, les bagues forment des roses des sables et des écailles, plus vraies que nature, plaquent leurs reliefs sur le col des robes.
Ses étoffes sculptées et ses bijoux attirent depuis quelques années les grands noms de la mode.
« Nous travaillons avec Jean Paul Gaultier, Stéphane Rolland et, depuis trois ans, nous faisons des recherches pour Balenciaga et Givenchy.
Les créateurs ont la maîtrise des textiles traditionnels. S’ils ignorent nos techniques, ils se les approprient vite. » Né en Israël il y a quarante-trois ans, Tzuri Gueta est ingénieur textile. Arrivé en France en 1996, il travaille avec Thierry Mugler, s’intéresse rapidement à l’alliance entre les textiles et le silicone, une matière « très proche de notre peau », d’après lui… Suite
* La fondation Ateliers d’art de France présente Révélations, le ­Salon des métiers d’art et de la création organisé au Grand Palais du 11 au 15 septembre 2013. C’est dans ce cadre que Tzuri Gueta a conçu une serre où se mêlent végétation de silicone et plantes vivantes.

Texte. Mathieu Labonde pour le Parisien Magazine

Tzuri Gueta

Tzuri Gueta

Tzuri Gueta

Tzuri Gueta

Tzuri Gueta

Tzuri Gueta