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Un hybride pour le reportage : le Sony NEX-6

suite de l’article un compact pour le reportage : le canon S95

Sony NEX-6
Je travaille au quotidien avec un reflex doté d’un capteur 24×36 : le Canon EOS 5D Mk III. Ce type d’appareil est très pratique car il permet de réaliser des images dans des domaines très variés. Cependant, utilisé au quotidien avec des optiques L, il présente un défaut indéniable propre à cette catégorie : l’encombrement. Je continue donc ma quête d’un appareil photo secondaire plus léger, permettant une utilisation simple et discrète, à l’image d’un Leica M.

Les constructeurs d’appareils photo semblent enfin comprendre que de nombreux utilisateurs experts recherchent des solutions légères tout en conservant une bonne qualité d’image et une ergonomie pointue. Les compacts traditionnels sont intéressants mais leurs petites tailles de capteur ne permettent pas une qualité d’image à la hauteur des reflex. Présents depuis quelques années sur le marché amateur, les appareils photo « hybrides » sont dotés de capteurs de grande taille et pour la plupart d’un système de baïonnette permettant l’utilisation d’objectifs interchangeables. Ils représentent donc clairement la solution.

Canon et Nikon sont pour une fois en retard sur ce marché et leurs premiers appareils hybrides ne se destinent pas à un public expert. Par contre, Fujifilm, Olympus, Panasonic et Sony développent depuis quelques temps des boîtiers représentant une alternative crédible aux reflex : des appareils hybrides dotés de viseurs (optiques ou numériques selon les marques, parfois les deux), à l’ergonomie bien pensée, aux optiques interchangeables et aux fonctionnalités expertes (mode manuel, format Raw…).

Utilisateur de boîtiers Canon depuis mes débuts en photographie, le premier hybride Canon EOS M m’a déçu. Son seul vrai intérêt est de pouvoir utiliser le parc optique EF à l’aide d’une bague et ainsi devenir boîtier de secours. J’ai par contre longuement hésité avec l’Olympus OM-D E-M5 qui est un appareil exceptionnel, utilisé par le photographe François-Régis Durand, mais malheureusement basé sur un capteur micro 4/3 assez petit. Les appareils Fujifilm sont réputés pour leur rendu colorimétrique et leur bruit au déclenchement très discret mais je ne suis pas un grand adepte de leur ergonomie.
Après beaucoup d’hésitation, je me suis donc finalement équipé d’un Sony NEX-6.

Tadoussac

Lac près de Tadoussac au Québec (Canada). NEX-6 + 16-50 mm

Un grand capteur dans un petit boitier

Sony est une marque réputée pour son savoir-faire en miniaturisation. Avec la série hybride NEX, la marque a placé un capteur APS-C dans un boîtier de très petite taille. Le sigle APS-C désigne un format de capteur 23,5 x 15,6 mm soit une taille équivalente aux reflex d’entrée de gamme Canon ou Nikon. En comparaison, la taille de capteur du compact Canon S110 est de 7.49 x 5.52 mm , celle du fameux compact Sony RX100 est de 13,2 x 8,8 mm tandis que la taille de capteur d’un appareil micro 4/3 comme le Panasonic GF-6 ou Olympus OM-D est de 17,3 x 13 mm.

Sony a donc réussi à placer un capteur CMOS 16 Mpix de grande taille dans un très petit boîtier. L’intérêt est double :

-le flux lumineux collecté est plus important sur un capteur de grande taille. Les photosites sont plus grands et captent davantage de lumière que des photosites plus petits aux signaux électriques plus faibles, contraignant les constructeurs à les amplifier davantage. Cette amplification détériore l’image en faisant apparaître du bruit numérique.

– Le deuxième avantage offert par un capteur de grande taille est qu’il autorise un meilleur contrôle de la profondeur de champ et un meilleur bokeh, très intéressant dans le cadre du portrait par exemple.

La qualité d’image du NEX-6 est d’ailleurs très bonne. Travailler à 800/1600 ISO n’est pas un problème si on utilise le mode Raw. Un logiciel comme Adobe Lightroom vous permet de corriger en post-production la montée de bruit. A ce propos, si vous n’êtiez pas satisfait du profil Adobe Standard, calé par défaut sur Lightroom, vous trouverez à cette page des profils colorimétriques prédéfinis dédiés au NEX-6 : « paysage », « portrait », « neutre »…

Le format Raw est un .ARW, fichier propriétaire de Sony. À quand un format Raw normé qui permettrait d’être plus serein sur l’ouverture de ce fichier dans 10-15 ans ? La conversion en format DNG proposé par Adobe n’est à mon sens pas la bonne solution.

Le processeur Bionz du NEX-6 permet de monter jusqu’à 25 600 ISO et de réaliser des séquences rafale à 10 images par secondes au maximum sur 10 images consécutives en RAW + JPEG.

Sony a intégré à l’appareil son fameux mode de panorama par balayage, souvent copié par la concurrence mais pas toujours égalé. Ce mode fonctionne uniquement en JPEG. Il fonctionne plutôt bien même si je le trouve un peu trop « automatisé ». En cas d’erreur de calcul ou de mouvement de balayage trop rapide par exemple, il ne conserve pas le fichier et invite de suite à recommencer.

Une ergonomie maîtrisée

L’un de points forts de la gamme NEX est son ergonomie. Contrairement aux concurrents Fuji ou Olympus, la prise en main de l’appareil est très simple et la compréhension des menus très rapide. La notice livrée en version papier est quasi inutile pour un habitué (si besoin, vous pouvez télécharger la version pdf ici).

Sony NEX-6

L’interrupteur se trouve autour du déclencheur, choix identique à Nikon. L’appareil est beaucoup trop long à s’allumer (plus de 2 secondes). On a intérêt à le laisser allumé en le plaçant en mode veille sous peine de rater une image. Le NEX-6 est le premier appareil de la gamme a proposer une molette dédiée à la sélection des modes. Cette sélection était possible uniquement via les menus sur ses prédécesseurs. Cette molette est un vrai plus pour gagner en rapidité d’utilisation. L’appareil propose deux autres molettes très bien dessinées permettant de travailler en mode manuel avec efficacité (une dédiée à l’ouverture, l’autre à la vitesse).

Plusieurs touches sont personnalisables comme la touche AEL ou une touche Fn placée juste à côté du déclencheur. Cette touche Fn est parfaite pour régler les ISO à la volée. Une touche est dédiée à la commande vidéo, il est d’ailleurs possible de la désactiver via les menus si on la trouve trop sensible.

L’accès batterie et carte mémoire (format SD) se fait par la même trappe, facile d’accès et bien verrouillée. La qualité des plastiques et du grip est d’ailleurs excellente. Le boîtier est recouvert d’un revêtement anti-dérapant très pratique. Les boutons et molettes, le flash, l’écran orientable ne souffrent d’aucun jeu. La finition est de très haut niveau.

L’écran arrière est un LCD de 3″ doté de 921 600 points agréable à utiliser mais loin du confort et de la visibilité en extérieur de l’écran OLED de l’Olympus OM-D E-M5. Il est orientable à 90°/45°, une petite prouesse sur un appareil de cette taille. Sony a par contre fait le choix de ne pas proposer un écran tactile sur ce produit, ce qui est vraiment dommage. Le NEX-5R, appareil de la gamme inférieure en dispose et c’est un vrai atout. Il est possible de faire la mise au point simplement en touchant une zone de l’écran. La revue des images est aussi facilitée.

Sony propose une fonction Wi-Fi très pratique qui permet de connecter le NEX à un smartphone ou à un point d’accès internet. Ainsi, comme sur une GoPro, l’utilisateur peut voir par exemple ses photos (même raw) directement sur son iPhone et les envoyer par mail grâce à l’application PlayMemories Mobile. Il peut également prendre le contrôle de l’appareil via son smartphone grâce à l’application Smart Remote Control à télécharger directement sur le NEX. Il est également possible de personnaliser son appareil en téléchargeant des applications dédiées via un App Store Sony : ajout de filtres créatifs, intervallomètre, bracketing avancé… L’intérêt n’est pas toujours évident mais j’apprécie ces possibilités (souvent payantes) qui permettent de personnaliser son appareil en fonction de son usage. En revanche, l’absence d’un écran tactile est encore une fois préjudiciable dans le cadre de l’utilisation de ces applications. Il est en effet peu évident d’effectuer un recadrage ou de rentrer un code Wi-Fi à l’aide une molette.

Sony NEX-6

Un viseur intéressant

Le viseur électronique du NEX-6 est le même que celui du NEX-7. Il s’agit d’un modèle OLED de 2,37 Mpx, l’un des meilleurs viseurs numériques du moment. Cet EVF offre une visée 100% et un grossissement de 1,09x. Un correcteur dioptrique est présent. Ces caractéristiques sont supérieures à celles des viseurs optiques de reflex APS-C d’entrée de gamme. Le confort de visée est très bon. Le viseur est positionné très à gauche, permettant de viser tout en ayant l’oeil gauche qui surveille le hors-champ et d’éviter d’avoir le nez écrasé contre l’écran (à condition de viser de l’oeil droit).
La visée numérique est loin d’être plébiscitée par les photographes experts, attachés à raison à la visée optique. Cependant, il vaut mieux un bon viseur numérique que les « trous de serrure » proposés par les fabricants sur certains appareils.

La visée numérique a d’ailleurs pour elle quelques qualités comme la compensation de luminosité qui permet d’avoir une visée claire et lumineuse quel que soit le niveau d’éclairement de la scène photographiée. Pour les photos d’intérieur et plus généralement en faible lumière, ce confort est vraiment précieux.

Elle permet également l’affichage d’un grand nombre d’informations comme l’histogramme de la scène en direct, plusieurs types de quadrillage (carré, diagonale…), un double horizon virtuel, etc… Si le photographe souhaite travailler en format 16:9, la visée s’adaptera (le NEX-6 ne propose malheureusement pas les ratios 1:1 ou 6:7). De plus, la mise au point manuelle est rendue très précise grâce au fonction de focus peaking (surbrillance des éléments nets de l’image) et de zoom électronique. L’utilisation d’objectifs à mise au point manuelle est ainsi tout à fait envisageable.

Un autre avantage du viseur numérique est qu’il est possible de filmer en utilisant le viseur, contrairement au viseur optique des reflex qui obligent à utiliser l’écran arrière.

Enfin, avec un viseur électronique, on voit dans le viseur l’image que le capteur interprète de la scène. Chaque réglage, chaque correction affecte en temps réel le rendu dans le viseur, rendant très simple le réglage de l’exposition. Finie la visualisation sur l’écran LCD du boîtier après la prise de vue pour examiner le cliché et ajuster les réglages en fonction…

Forêt de Tronçais

Forêt de Tronçais (Allier). NEX-6 + 16-50 mm

Une gamme optique en pleine évolution

La gamme NEX possède un parc optique encore trop peu développé. Sony a bien compris que les photographes attendaient des optiques plus pointues que les zooms stantards fournis jusque-là. La marque a ouvert sa baïonnette E en avril 2011 en dévoilant les modes de communication entre l’optique et le boîtier. Cette décision permet à Carl Zeiss (partenaire de la marque), Sigma, Tamron et Samyang de proposer leurs propres optiques autofocus pour les NEX.

Grâce à la fameuse fonction de focus peaking, il est également possible d’utiliser des optiques manuelles type Leica ou les moins onéreuses Voigtländer (fabriquées par Cosina) à l’aide de bagues d’adaptation.

Sony n’en oublie pas pour autant de développer sa propre gamme et le lancement du Sony NEX-6 a été l’occasion de présenter trois nouveaux objectifs compatibles avec la série NEX : un zoom grand-angle 10-18 mm f/4 (équivalent 15-27 mm), une focale fixe 35 mm f/1.8 (équivalent 52,5 mm) et un zoom standard rétractable 16-50 mm f/3.5-5.6 (équivalent 24-75 mm) toutes stabilisées.

Cette gamme optique est cruciale pour décider les photographes à faire confiance au système NEX. Contrairement aux compacts, le photographe va pouvoir changer d’optiques en fonction de ses besoins, ce qui implique qu’il s’engage dans un système complet en achetant un appareil NEX et qu’il devra en cas de changement de marque « switcher » et racheter à nouveau des optiques et des accessoires en plus de l’appareil photo. D’où l’intérêt de miser sur une marque et un système de qualité afin d’éviter ce désagrément.
Les objectifs Sony sont fabriquées en Thaïlande (comme le NEX-6 d’ailleurs). La finition est excellente, l’usinage des bagues est magnifique même si un peu sensible aux poussières. Les baïonnettes sont en métal. Petit détail, le numéro de série est inscrit sur un autocollant et non gravé comme chez Canon ou Nikon.
Les optiques Sony sont stabilisées pour la plupart. Le système de stabilisation optique est très bon mais semble moins précis et efficace que la stabilisation de capteur Olympus.
Le moteur autofocus est précis, rapide et silencieux.

J’ai fait le choix de m’équiper avec le zoom 16-50 et les focales fixes 35mm f/1.8 et 50mm f/1.8. J’ai ainsi un petit zoom très compact et deux focales fixes très ouvertes toutes munies d’un stabilisateur optique.
Le 16-50 n’est pas une grande optique qualitativement parlant mais est très compact. En travaillant en mode Raw, on s’aperçoit que la distortion et le vignettage sont très prononcés. Sony corrige le problème de façon logicielle en JPG. En Raw sous Lightroom, il faudra télécharger le profil dédié grâce à Adobe Profil Downloader afin que le logiciel puisse corriger automatiquement ces défauts.

Cette optique est dotée d’une commande de zoom électronique. Le zoom peut être commandé indifféremment par la bague situé à l’avant du fût ou par le bouton placé sur la gauche du fût, permettant une vitesse constante parfaite pour la vidéo car sans à-coups. En mise au point manuelle, la bague avant permet de régler le point et le zoom est commandé par le bouton. Cette optique est doté d’un système de stabilisation appelée OSS (Optical Steady Shot) chez Sony. Elle est très compacte rétractée et se déploie dès que l’on met l’appareil sous tension. Le diamètre pour les filtres est de 40,5 mm.

16-50mm Sony

Edit 15/11/2013 : J’ai finalement décidé de remplacer cette optique trop peu qualitative et « bridant » le capteur par le nouveau zoom 16-70 f/4. Une optique développée à partir d’un cahier des charges Carl Zeiss, disposant du stabilisateur SteadyShot, d’une ouverture constante et d’une qualité de fabrication remarquable. Le fût est en métal et non en plastique comme les autres optiques E. Le diamètre pour les filtres est de 55 mm. L’optique est même livrée avec une housse en cuir. Je perds la compacité mais gagne en qualité d’image + quelques millimètres en téléobjectif. L’autre avantage est de pouvoir choisir précisément ma focale grâce au marquage sur le fût et au zooming manuel très fluide. Petits défauts : l’optique est beaucoup plus lourde et le NEX penche vers l’avant. Il manque un bouton de verrouillage du zoom afin d’éviter qu’il ne se déploie involontairement dans le sac.

16-50mm Sony

Quartier de Kowloon à Hong Kong

Quartier de Kowloon à Hong Kong. NEX-6 + 16-70 mm

Le 35 mm est mon optique favorite sur le Sony Nex 6. Lumineuse (f/1.8), elle est également dotée du système de stabilisation. Sa focale est équivalente à un 52 mm montée sur un capteur APS-C. L’autofocus de l’appareil est bon, mêlant une technologie classique à détection de contraste et une technologie « de reflex » à détection de phase. C’est l’appareil lui-même qui bascule automatiquement d’une technologie à une autre. L’autofocus fonctionne parfaitement dans de bonnes conditions de luminosité. Quand celle-ci est plus faible, il peut avoir tendance à patiner. Il faut alors basculer en mise au point manuelle et utiliser la bague de mise au point bien dessinée. Le fût est en plastique brillant. Le diamètre pour les filtres est de 49 mm.

35mm Sony
Le 50 mm se transforme en 75 mm sur le NEX-6. L’optique est particulièrement intéressante pour le portrait même si elle est encore un peu courte à mon goût. L’optique est très lumineuse (f/1.8) et stabilisée. Le diamètre pour les filtres est de 49 mm comme le 35. Sony a sorti un firmware permettant de tirer pleinement profit de l’autofocus à détection de contraste et à détection de phase. A installer impérativement !

50mm Sony
Toutes ces optiques sont fournies avec des pares-soleils adaptés et des bouchons à pince très pratiques. J’ai préféré protéger les lentilles frontales en vissant un filtre UV sur chacune.

Etang de Saint-Bonnet-Tronçais

Etang de Saint-Bonnet-Tronçais (Allier). NEX-6 + 50 mm f/1.8

Des défauts rédhibitoires corrigés…

La gamme NEX est née en 2010 et bien que très innovante, elle souffre de plusieurs défauts dans l’optique d’une utilisation « avancée ».

La gamme des NEX-5 n’a pas de viseur, la visée se réalise donc uniquement par l’écran. Il est possible de fixer un viseur numérique optionnel mais on perd en compacité. Il n’y a pas non plus de flash d’appoint intégré au boîtier. Il est livré en accessoire à visser sur un pas propriétaire, ce qui est très peu pratique. On n’a jamais le flash disponible en cas de besoin pour du fill-in par exemple. D’ailleurs le NEX-5R ne permet pas d’utiliser flash et viseur optionnel à la fois, il faut choisir…

Le NEX-7, fleuron de la marque, est quant à lui doté d’une griffe flash propriétaire, héritée de Konica-Minolta. Cette griffe empêche d’utiliser des accessoires comme des transmetteurs radios par exemple ou un simple niveau à bulle. Il faut systématiquement passer par un adaptateur.

Le Sony NEX-6 corrige ces défauts en proposant un viseur électronique de qualité, un petit flash intégré bien pratique (il est possible de déporter son flux lumineux vers le haut en le guidant à la main) et une griffe flash ISO.

Chasse au sanglier

Chasse au sanglier dans le département du Cher. NEX-6 + 16-50 mm

…mais persistent quelques oublis.

– L’un des grands défauts du NEX-6 est l’absence de chargeur indépendant. La batterie de l’appareil se charge par une prise Micro USB directement reliée à l’appareil. Il est très pratique en voyage de disposer de cette fonction mais il est inadmissible que Sony se permette pour un tel produit de ne pas fournir de chargeur. L’acquisition d’un chargeur est pour moi indispensable. La consommation du NEX-6 est importante entre la visée électronique, l’écran et la fonction vidéo. Posséder deux batteries n’est pas un luxe car une journée intensive de photographie vient facilement à bout d’une batterie pleine. Il est donc très pratique de pouvoir recharger une batterie tout en utilisant son appareil. La référence du chargeur est BC-VW1. Très cher chez Sony, moins chez les génériques. Dans sa grande bonté, Sony a prévu un affichage précis en pourcentage de l’autonomie de la batterie (c’est un défaut récurrent de l’Olympus OM-D E-M5 de n pas afficher précisément le niveau de la batterie).

– Si vous achetez le NEX-6 en kit avec le 16-50 mm, il sera livré sans bouchon de boîtier ni de bouchon arrière pour l’objectif. Mesquin et même débile quand on axe la publicité de ce produit sur une pratique experte voire professionnelle. D’autant que le prix de ces deux morceaux de plastique n’est pas anodin. Encore une fois, très cher chez Sony, moins chez les génériques…

– Le NEX-6 possède un premier rideau électronique mais le second est mécanique. Le bruit de déclenchement est donc bien (trop!?) présent et il n’existe malheureusement pas de mode silencieux. J’espère que son successeur corrigera ce défaut.

– En mode autofocus, quel que soit le réglage (ponctuel ou continu), l’appareil fait constamment la mise au point sans attendre l’appui sur le déclencheur à mi-course. Sony part du principe que ce sera plus facile et plus rapide pour vous d’évaluer la scène avec une pré-mise au point. Il n’est pas possible de couper cette fonction désagréable excepté en passant en mode manuel… Sony a commis là une belle erreur en ne permettant pas de débrayer cette fonction qui est désagréable et gourmande en énergie. A revoir d’urgence dans un prochain firmware !

– Comme sur le NEX-7, l’oeilleton du viseur se perd très facilement. Gaffer obligatoire. Idem pour les passants de la dragonne qui ne sont pas bien pensés et qui frottent contre le boîtier, rayant la peinture.

– Un autre défaut du NEX-6 est l’absence d’entrée audio jack pour un micro externe. Cette caractéristique est réservée au NEX-7. La prise de son se fera donc par le micro intégré stéréo, par un enregistreur autonome ou par le microphone stéréo ECM-XYST1M qui se connecte sur la nouvelle griffe flash. Il est dommage que Sony ait fait le choix de ramener la griffe flash dans une norme ISO pour ensuite y créer un système propriétaire afin d’y placer des accessoires… D’autant plus dommage que la fonction vidéo sur ce produit est loin d’être accessoire. Le mode vidéo du NEX-6 adopte le format AVCHD 2.0 et offre un Full HD progressif 50/25p (différents tests ont par contre montré la présence de moiré sur les images).

– La lecture des vidéos sur l’appareil n’est pas très facile car les médias sont rangés par dossiers. Il faut d’abord accéder au dossier vidéo pour pouvoir les lire et refaire la manipulation pour retourner au dossier photo.

– L’option GPS a été oubliée, ce qui est vraiment dommage sur un produit aussi nomade. J’apprécierai de pouvoir taguer automatiquement mes images avec les coordonnées GPS du lieu de prise de vue. L’excuse de la consommation électrique n’en est pas une. Il me suffirait de désactiver cette fonction au besoin. Quel oubli !

– Il est impossible de démarrer l’appareil en mode lecture, ce que Canon ou Ricoh proposent sur leurs compacts et qui se révèle très pratique. En effet, quand vous allumez l’appareil pour regarder une image, le zoom 16-50 se déploie automatiquement pour être prêt à la prise de vue, ce qui consomme inutilement de la batterie. Il est dommage qu’un appui long sur la touche lecture ne permette pas d’allumer l’appareil pour visionner ses photographies sans que le zoom ne se déploie.

– Il manque également des fonctions comme la possibilité de changer le nom des images par défaut ou encore de placer directement dans les données Exifs de ses images le nom du propriétaire de l’appareil et le ©. Canon, Nikon, Olympus nous ont habitué à bénéficier de ce marquage, Sony devrait en faire de même. De même, il est n’est pas possible de personnaliser finement le boîtier. Contrairement aux concurrents, les molettes ne peuvent pas être inversées en sens de rotation ou en fonction par exemple.

Oies en vol à Marken

Oies en vol à Marken (Pays-Bas). NEX-6 + 35 mm f/1.8

Le Sony NEX-6 est donc un appareil intéressant comme boîtier principal expert ou pour seconder un boîtier reflex professionnel. Sa taille très compacte est un vrai atout. Sony a réussi à placer un grand capteur dans un boîtier très compact doté d’un viseur, d’une griffe flash ISO et de deux molettes. En travaillant en mode Raw, il est possible de mixer des photographies issues d’un Canon EOS 5D Mk III et celles du Sony. Pas dénué de défauts, cet appareil reste pour moi très convaincant. Il permet d’avoir toujours sur soi un appareil de qualité, léger et discret, permettant une approche photographique différente à un utilisateur habitué aux reflex. L’avenir du système s’inscrit d’ailleurs dans le full-frame, Sony ayant déjà présenté un caméscope NEX plein-format avec monture E. On attend avec impatience l’appareil photo.

Edit 16/10/2013 : Sony dévoile enfin des boîtiers full-frame avec une monture E : les A7 et A7R. Les optiques conçues pour les capteurs APS-C des NEX seront compatibles sur ces appareils avec un recadrage automatique débrayable.
Edit 15/11/2013 : J’ai fini par trouver un caisson étanche abordable pour le NEX-6. Il s’agit d’un caisson de la marque Skyblue (la construction est la même que la marque Thanko). Il est étudié pour une profondeur maximale de 40 mètres et il se commande facilement chez Pixidive.com. Très bien construit, il permet d’utiliser le 16-50 mm ou le 35/1.8 tout en ayant accès à la quasi totalité des commandes. Je l’ai testé récemment en piscine jusqu’à 6 mètres et il s’est parfaitement comporté. A suivre !
Edit 15/12/2013 : Mise à jour de l’article suite à l’usage quotidien de l’appareil sur une longue période et à une comparaison pendant quelques mois avec son concurrent direct chez Olympus : l’OM-D E-M5.
Edit 07/10/2014 : Mise en ligne de deux reportages réalisés au NEX-6 : Des machines et des hommes et la Bulgarie, terre d’accueil de réfugiés syriens.

Les objectifs Zeiss ZE pour le reportage et le portrait

Choisir son parc optique est toujours pour le photographe un grand dilemme. Quel angle de champ ? Zoom ou focale fixe ? Grande ouverture ou compacité ? Intérêt de la stabilisation ? Aufocus ou mise au point manuelle ?…
Répondre à ses questions nécessite de connaître parfaitement son domaine de prédilection, son style photographique, sa « distance » face au sujet. Autant de raisons qui font que chaque photographe a des besoins différents.
Personnellement, j’utilise pour mes reportages comme pour mes portraits des focales fixes à mise au point manuelle Carl Zeiss : un Distagon T*21 f/2.8, un Distagon T*35 f/1.4 et un Planar T*85 f/1.4. Ces optiques sont en monture ZE, l’appellation Zeiss pour la baïonnette Canon EF 24×36. J’utilise ce parc d’objectif pour sa qualité optique, son « rendu » et sa finition.

Ouvrier forestier spécialisé en sylviculture (Lorraine). Planar T*85 f/1.4

Les surprenantes focales fixes Zeiss
J’ai découvert ces objectifs lors d’une visite au Salon de la Photo 2008. A l’époque, Zeiss venait juste d’annoncer la sortie d’optiques fixes en monture Canon. Il n’y avait que les Planar T*50mm f/1.4 et 85mm f/1.4 disponibles dans cette monture. J’ai été tout de suite étonné par la construction en métal des objectifs rappelant une autre époque, loin du « tout plastique » des autres marques. Une autre caractéristique m’a surpris : l’absence d’autofocus, un choix étonnant et risqué alors que les autres marques proposent des moteurs AF ultrasoniques sur leurs optiques.

Distagon T*35 f/2

Les différents fabricants d’objectifs

Equipé en Canon, je n’ai jamais été très emballé par les marques d’optiques concurrentes à la marque rouge comme Tamron ou Tokina par exemple. La plupart du temps, leurs optiques sont bonnes et moins chères que les deux ténors Canon ou Nikon mais la finition globale est souvent moyenne, l’AF plus lent et souvent bruyant même si ce dernier point est en train d’être corrigé.

La marque Sigma est une exception, proposant une gamme professionnelle de qualité : la gamme EX. Malheureusement, le photographe équipé en Sigma n’est pas assuré que ses optiques fonctionnent avec les futurs boitiers Canon ou Nikon. Une mise à jour du microprocesseur de l’optique est souvent nécessaire en SAV. J’ai appris récemment par Volkert Gilbert que ce fabricant est le seul à ne pas à ne pas avoir acheté auprès de Canon une licence du protocole de communication entre le boîtier et l’objectif, ce qui explique ces problèmes de liaison électronique qui sont rédhibitoires pour un photographe expert ou professionnel.

Ces différents défauts m’avaient poussé à m’équiper dans la marque du boîtier mais j’ai finalement décidé après réflexion et essais de passer en fixes Carl Zeiss.

Immeuble à Sarajevo (Bosnie-Herzégovine). Planar T*85 f/1.4

Une finition remarquable

Les constructeurs ont aujourd’hui quasiment tous fait le choix du polycarbonate pour leurs objectifs, allégeant considérablement le poids du sac photo. Malheureusement la finition générale pêche fréquemment même sur des optiques dites professionnelles.
Zeiss propose une construction « tout métal », solide et rassurante. Revers de la médaille, les objectifs sont plus lourds et marquent rapidement en cas de coup ou de chute.
L’absence de stabilisateur peut être ressentie comme un défaut (notamment pour la vidéo) mais elle assure une plus longue durée de vie à l’objectif, la panne de cette pièce étant l’une des raisons les plus fréquentes de retour SAV pour de nombreuses marques.
Les pare-soleil (livrés avec l’objectif) sont en métal et revêtus à l’intérieur d’un flocage anti-reflets en velours. Ils sont bien taillés et se clipsent fermement. Il vaut mieux éviter de les perdre, ils sont très chers à l’achat séparé.
Les bouchons avant sont pratiques avec leur système de pince que Canon s’évertue à ne pas adopter contrairement à ses concurrents. On peut par contre leur reprocher leur faible épaisseur.
La finition Zeiss est excellente. On en attendait pas moins de la marque mais c’est en réalité l’usine de Cosina au Japon qui se charge de la production des optiques de la marque allemande. Cependant, le cahier des charges imposé par Carl Zeiss semble plutôt rigoureux.
Les contrôles qualité chez Zeiss sont d’ailleurs individualisés et certifiés, alors que Canon, comme Nikon, procèdent par échantillonnage, d’où parfois une qualité hétérogène dans une même série pour un même objectif.
Carl Zeiss fournit l’objectif avec bouchons avant-arrière, un pare-soleil et un certificat d’inspection général signé par un technicien de la marque. Dans l’idéal, une housse de protection pourrait être fournie.

Bruno Putzulu, acteur et chanteur français. Planar T*85 f/1.4

L’absence d’autofocus

J’ai essayé le 85mm sur mon Canon EOS 5D de l’époque et j’ai retrouvé l’agréable sensation de la mise au point manuelle. Je fais partie des photographes qui ont découvert la photographie quelques années seulement avant l’avènement du numérique. J’ai d’abord appris la photographie avec un appareil moderne avec un objectif à autofocus avant de découvrir la mise au point manuelle en utilisant un vieux reflex et un appareil à visée télémétrique.
J’ai toujours aimé ce moment où la photographie apparaît progressivement dans le viseur tout en tournant la bague de mise au point. Cet instant induit une vraie réflexion sur la construction de l’image.
Malheureusement, les optiques modernes ne permettent pas ce genre de plaisir, les bagues sont conçues pour corriger le point réalisé par l’autofocus le cas échéant mais elles ne le sont pas pour être utilisées en manuel à longueur de temps. Leurs tailles sont souvent trop petites, leurs courses sont faibles et peu précises, le revêtement peu agréable.

Les optiques Carl Zeiss ZE (Canon) sont conçues pour une mise au point manuelle : échelle de profondeur de champ précise, bague large taillée dans la masse, course longue avec une confirmation de mise au point dans le viseur grâce à un microprocesseur et des contacts électroniques qui communiquent les informations au boîtier. Cette puce permet également de changer la valeur de diaphragme par la molette boîtier, transmet la mesure TTL pour le flash et inscrit la focale utilisée dans les informations Exif de l’image (elle est l’une des rares pièces électroniques présentes dans l’optique). Zeiss a profité que les principaux brevets de la monture EOS soient tombés dans le domaine public pour sortir sa gamme ZE, simplifiée et pérénisée par l’absence d’autofocus. C’est en effet cet élément qui gêne tant Sigma, Canon changeant fréquemment son protocole pour protéger sa gamme.

Nikon n’est pas oublié avec les optiques ZF (sans communication avec le boîtier) et ZF.2 (avec microprocesseur).

Cette absence d’autofocus est la caractéristique la plus importante des objectifs Zeiss. C’est un vrai choix de la marque qui, par ailleurs, développe des objectifs fixes et zoom avec autofocus pour Sony en collaboration avec Tamron. Zeiss avait la possibilité de fabriquer des optiques autofocus mais c’est une technologie qui n’a jamais eu la faveur de la marque allemande car les objectifs vieillissent rapidement en usage professionnel et surtout les performances évoluent à la baisse avec l’usure.

Siège du Parti Communiste français réalisé par Oscar Niemeyer, Paris. Distagon T*21 f/2.8

La nécessité d’un bon viseur

Ce choix n’est pas anodin. Malgré la confirmation de mise au point, il va falloir utiliser des reflex avec de bons viseurs, ce qui élimine quasi d’emblée les reflex d’« entrée de gamme » et une grande partie des appareils non 24×36 (hormis quelques exceptions comme l’EOS 7D).
La confirmation de mise au point fonctionne sans problème mais il vaut mieux la calibrer pour la rendre plus précise (comme un AF classique d’ailleurs). Je vous conseille de vous fier au voyant de confirmation de mise au point (le rond vert situé dans le viseur en bas à droite près de la sensibilité ISO) plutôt qu’au clignotement rouge du collimateur central moins précis (peu utile et agaçant, je l’ai désactivé grâce à la fonction personnalisée C.Fn III-4).

Un verre de visée à stigmomètre serait évidemment le must mais Canon en a uniquement prévu pour la gamme 1D. Les possesseurs de 5D Mk II peuvent passer par des fabricants tiers (Focusing Screen ou Katzeye…) mais les retours d’utilisateurs sont plutôt mitigés. J’ai donc fait le choix d’installer un verre de visée « haute précision » de la marque rouge : le Eg-S (pour le Canon EOS 5D Mk II). Attention, ce verre est plus sombre et il est donc déconseillé avec des objectifs ouvrant moins que f/2.8. Il n’est pas parfait mais facilite déjà grandement la mise au point.

Edit 01/08/2011 : J’ai finalement sauté le pas et installé un verre de visée à stigmomètre Focusing Screen. Cette entreprise taïwanaise retaille des verres de visée d’origine Canon (Ec-B dédiés à la gamme 1D) et les ajuste pour le 5D Mk II. L’installation n’est pas évidente, il m’a fallu coller des « cales » livrées avec le verre pour placer le stigmomètre parfaitement au milieu du viseur tout en évitant au maximum l’entrée des poussières dans le chambre de l’appareil. Malgré ces difficultés, l’investissement vaut la peine d’être réalisé. A l’usage, le stigmomètre permet d’être beaucoup plus précis. Associé à la confirmation de mise au point, le nombre de photographies ratées pour cause de mauvais plan de netteté diminue de manière significative. Le verre que j’ai installé bénéficie en plus d’un quadrillage bien pratique. Il n’est donc plus obligatoire de choisir entre un verre à quadrillage et un verre dédié à la mise au point manuelle contrairement à ce que Canon propose. Carl Zeiss conseille d’ailleurs l’installation de ce type de verre de visée.

Il faut quand même avoir une bonne vue et penser à régler précisément le correcteur dioptrique de l’appareil. Après tous ces efforts, on parvient à une utilisation intéressante de ces objectifs, sans compter que la visée LiveView (visée par écran) permet aujourd’hui de vérifier facilement la netteté dans le cadre d’une utilisation sur trépied, cas fréquent pour réaliser une captation vidéo par exemple.

Une psychologue dans son cabinet à Paris. Planar T*85 f/1.4

Des objectifs taillés pour la vidéo

Zeiss n’a pas développé cette gamme par hasard. L’arrivée de la fonction vidéo sur les reflex a permis au constructeur allemand de se placer comme réel concurrent aux optiques Canon.
L’absence d’AF est en effet moins problématique en vidéo qu’en photo. L’autofocus en mode vidéo sur les HDSLR se résume à une simple détection de contraste. Il est souvent lent, peu réactif en basse lumière et donc quasiment inutilisable la plupart du temps. De plus, le moteur AF peut être bruyant, n’ayant pas été prévu à l’origine pour être utilisé en même temps qu’une captation sonore. Les constructeurs sont en train de plancher sur ces différents problèmes mais les optiques fixes manuelles restent le must pour un tournage.

Il faut des optiques à grande ouverture pour pouvoir travailler en basse lumière et avoir une profondeur de champ faible afin d’obtenir un rendu cinématographique. Seule une optique fixe propose ses qualités.

Côté « rendu » d’image, les objectifs Zeiss se caractérisent par un piqué excellent, un micro contraste élevé, une bonne neutralité des couleurs et un bokeh très doux grâce à un nombre important de lamelles composant le diaphragme, parfaits composants pour la vidéographie.
Il existe une vrai « signature » Carl Zeiss.
Au niveau optique, chaque focale a ses qualité et ses défauts. Des test ont été réalisés par Jean-Marie Sépulchre (25,35 et 85 mm puis 28, 50 et 100 mm) et plus récemment par le magazine Chasseurs d’Image pour les inquiets du piqué (n°331 février-mars).

Equipés d’un follow focus, les objectifs Zeiss sont d’excellents choix pour les vidéastes. Surpris comme Canon par l’adoption massive du 5D Mk II par le milieu de la TV Broadcast et du cinéma, le fabricant allemand a sorti une gamme Compact Prime 2 qui a la particularité d’avoir des montures interchangeable Canon/Nikon/PL. C’est en fait la gamme photo recarossée en version cinéma avec une course de mise au point de 360°, un diamètre constant sur toute la série et un iris de diaphragme à 14 lamelles favorisant les flous aux diaphragmes intermédiaires.

Les optiques Zeiss pour Canon et Nikon sont donc un excellent investissement pour un vidéaste équipé en HDSLR mais également pour un photographe prêt à travailler en mise au point manuelle et souhaitant capter des séquences vidéos de qualité dans le cadre par exemple d’un webdocumentaire. Le vidéaste choisira une baïonnette PL ou Nikon ZF (avec bague d’adaptation Canon EF) qui permet la variation de l’ouverture commandée par une bague de l’objectif. Les photographes choisiront la monture ZE avec commande de l’ouverture électronique.

Atelier De Ricou à Courbevoie, outils de précision pour nettoyer les décors peints. Distagon T*35 f2

Mes choix pour le reportage et le portrait

J’ai fait le choix de m’équiper dans cette gamme, en délaissant progressivement mes focales fixes et mes zooms L. Evidemment, les fixes Canon ont une solide réputation et un AF très rapide. Comparés aux Zeiss, ils sont plus typés « action ». Attention donc au moment du choix de bien connaître son approche photographique et la nécessité ou non d’avoir un autofocus. Il faut également prendre en compte le temps de changement d’objectif sur le boîtier qui peut être pénalisant à moins d’avoir plusieurs appareils et donc des optiques vissées à demeure.

J’ai commencé par acquérir le 85 f/1.4 qui est une optique exceptionnelle dans son rendu, idéale pour les portraits. C’est également l’optique la plus difficile à utiliser en raison de sa faible profondeur de champ à 1.4 qui ne pardonne aucune erreur de mise au point. Ses résultats optiques sont de très bon niveau avec un vignetage très faible, une distorsion quasi inexistante et une aberration chromatique bien maîtrisée. Moyen à pleine ouverture (caractéristique des optiques pour le portrait), le piqué devient excellent à f/2-f/2.8. La grande ouverture délivre un bokeh magnifique (très doux) et permet une utilisation en basse lumière intéressante notamment en reportage. Je reprocherai uniquement à cet objectif sa distance de mise au point mininum un peu longue : 1m.

Zeiss Planar T*85 f/1.4

Son prix (1229 euros) le place entre le Canon EF 85mm f/1.2L II USM et le Canon EF 85mm f/1.8 USM. A l’époque de mon achat (2008), il coûtait 200 euros moins cher.

Les prix des objectifs Zeiss ne cessent d’augmenter et l’importateur français de la marque, Phot&Us, a d’ailleurs annoncé une nouvelle augmentation de 5% au mois d’avril. Le nombre de revendeurs français de la gamme Zeiss était restreint en 2008 et ils sont aujourd’hui beaucoup plus nombreux. A titre personnel, je suis toujours passé par lapetiteboutiquephoto.com qui propose d’excellents tarifs. Richard Frances, le responsable, est une personne passionnée, facilement joignable par téléphone et qui rend très agréable les transactions. La garantie contractuelle est de deux ans plus un an d’extension après enregistrement du produit sur le site de Carl Zeiss. Les envois sont rapides et le SAV est géré par Procirep, atelier sérieux basé à Paris.

Suite au 85mm, j’ai acheté un Distagon 35 f/2 , le 35mm étant ma focale favorite pour le reportage. Je possédais alors le Canon EF 35 f/1.4L USM mais je souhaitais homogénéiser le rendu de mes images et ai décidé de basculer chez Zeiss, quitte à perdre un diaphragme. J’étais très satisfait de ce petit 35 f/2 mais perdre un IL n’est pas anodin.

La marque allemande a sorti depuis un Distagon 35 f/1.4 qui remplace aujourd’hui son petit frère moins lumineux dans mon sac. Il est lourd et volumineux, loin de la version ouvrant à f/2 plus compacte. Il reprend le diamètre 72 mm de mon 85, ce qui est pratique pour les filtres et le bouchon avant.
L’ouverture à f/1.4 est un vrai bonheur pour travailler en basse lumière et obtenir une faible profondeur de champ. La visée est également beaucoup plus confortable avec une très grande ouverture qui facilite la mise au point. Le piqué est excellent, j’ai noté par contre la présence très importante d’aberrations chromatiques longitudinales (franges violettes hors zone de netteté) à pleine ouverture.

Zeiss Distagon T*35 f/1.4

Mon troisième et dernier fixe est le Distagon 21 f/2.8, un des objectifs les plus plébiscités de la gamme en raison de ses performances optiques (avec le fameux Makro Planar T*100 f/2) et du même coup l’un des plus chers. Au top optiquement pour un ultra grand-angle (le piqué est exceptionnel), cet objectif permet de travailler facilement en hyperfocale. Je commence d’ailleurs à l’utiliser pour le portrait. Ses défauts sont le poids, le diamètre de filtre de 82 mm (peu courant) et une distorsion en moustache assez étonnante (distorsions en barillet et coussinet combinées).

Zeiss Distagon T*21 f/2.8

Une approche différente

Les objectifs utilisés par les photographes ont un impact très important sur leur travail. Il est à ce titre intéressant de faire confiance à un fabricant et s’équiper d’optiques de même « rendu » pour homogénéiser son travail.

Avec ce trio, je me rends compte que j’aborde différemment mes sujets. Il y a d’abord le fait d’être en focale fixe qui oblige à prévoir au maximum son image, à penser sa photographie avant même de cadrer. La mise au point manuelle oblige, elle, un temps de cadrage important qui empêche de s’éparpiller et oblige à une grande concentration. Le fait d’utiliser des focales très ouvertes procure un grand confort de visée, permet d’éviter de monter trop rapidement en haute sensibilité et « d’accrocher » des photos impossibles et surtout offre un bokeh agréable, avec des transitions douces dans les flous.

Congrès du FN à Tours. Un adhérent du parti lit un journal de la PQR qui dévoile les résultats des votes. Distagon T*35 f/2

Je pensais me couper de certains domaines tels que le sport en raison de l’absence d’AF, j’ai d’ailleurs gardé un Canon EF 70-200 f/2.8L USM pour palier à ce manque mais je me rends compte que je peux toujours les couvrir, avec une approche différente, moins rapide certes mais surtout plus posée, plus réfléchie et plus précise, ce qui me convient très bien.

Un autre point important est que la marque Canon intègre dans le boîtier des corrections optiques dédiées à chaque objectif. Si on passe par un autre fabricant d’objectifs, ces corrections ne sont plus disponibles. Ce point peut être gênant pour les photographes travaillant en Jpg ou traitant leurs fichiers Raw avec Digital Photo Professional. Ce problème est spécifique à Canon, Nikon proposant des corrections même pour un objectif différent de la marque jaune. Travaillant en Raw et les traitant avec le logiciel Adobe Lighroom, je bénéficie des corrections optiques en post-traitement depuis la version 3, Zeiss ayant développé des profils pour Adobe Lightroom et Camera Raw. Sigma, Tamron et les autres constructeurs y ont également vu leur intérêt et ont fait la même chose.

Passer par un constructeur différent de la marque du boîtier ne prive donc pas le photographe des corrections optiques si celui-ci prend le temps de traiter ses images après la prise de vue avec un logiciel adéquat.

Il est clair que cette gamme optique Zeiss se place sur un créneau bien particulier, ni amateur (absence d’autofocus, nécessité d’un bon viseur…), ni professionnel (manque de réactivité, pas de SAV Pro…). Elle vient par contre se placer idéalement dans un créneau expert, naviguant entre photographie d’ « auteur » et vidéo.
Son plus grand défaut est évidemment le tarif élevé et la marque n’est pas sans concurrence.
D’autres fabricants avaient déjà compris l’intérêt de ce créneau et Voigtländer, connu chez les amateurs de télémétrique, avait lancé avant Carl Zeiss une gamme de focales fixes manuelles pour monture Canon, Nikon et Pentax avec en fer de lance le fameux « pancake » Ultron 40 mm f/2 SL II bien plus abordable niveau tarif et plus discret que son rival direct, le Distagon 35 f/2. Ces deux objectifs sont fabriqués dans la même usine car c’est encore le constructeur Cosina qui se cache derrière Voigtländer. C’est cette collaboration qui aurait poussé Zeiss à choisir ce même sous-traitant.

J’ai utilisé cet objectif quelques semaines. Son format pancake est très agréable à l’usage. Monté sur un 5D, l’ensemble est compact et léger, idéal en voyage. J’ai trouvé le rendu très bon mais moins « signé » que les optiques Zeiss. La bague de mise au point en caoutchouc est une erreur car elle aspire les poussières et est moins agréable à l’usage qu’un bague usinée dans la masse. Malgré ces petits défauts, cet objectif est un produit très intéressant pour ceux qui recherchent qualité et compacité.

Dans une gamme différente, l’opticien coréen Samyang a présenté le mois dernier un 35mm f/1.4 AS UMC au prix officiel de 379 euros (réajusté à 428 euros finalement) et à destination dans un premier temps des montures Canon et Nikon puis des Pentax, Samsung, Sony et 4/3.

La mise au point manuelle a donc encore de beaux jours devant elle et ce n’est pas pour me déplaire.

N.B. : suite à cet article, Richard Frances m’a précisé quelques notions, notamment au niveau des principaux brevets de la monture EOS tombés dans le domaine public au bout de 25 ans et des raisons du choix de l’absence d’autofocus pour la gamme ZE. Je mets donc à jour cet article avec ces précieuses informations en le remerciant d’avoir pris le temps de me les transmettre.
Edit 06/2012 : J’ai finalement rebasculé ma gamme optique Carl Zeiss en monture Canon pour des raisons pratiques. Je poursuis en effet un travail personnel en piscine et la MAP manuelle est impossible en caisson. J’étais donc obligé de réutiliser des optiques autofocus.

Question de budget oblige, j’ai donc décidé de me séparer des optiques Carl Zeiss que je regrette pour leurs rendus et leurs bagues de mise au point si précises en vidéo. Mon passage à l’EOS 5D Mk III m’a heureusement un peu consolé grâce à son autofocus précis.