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La solidarité des marins à Marseille

Le Seamen’s club de Marseille est géré par l’Association Marseillaise d’Accueil des Marins (AMAM). Fondée en 1994 à l’initiative d’anciens marins et passionnés de la mer, cette association a pour but d’assurer l’accueil et l’aide humanitaire aux équipages travaillant sur les navires de transport de marchandises ou de croisières en escale dans le port de Marseille. Les marins accueillis ont en général des contrats longs (9 à 11 mois). Leurs salaires et la durée des escales ne leur permettent pas de se rendre dans le centre ville. Ils trouvent alors dans les foyers d’accueil de quoi se détendre et communiquer avec leur famille. L’AMAM soutient également les marins hospitalisés pour maintenir un contact avec la famille par exemple et jouer les interprètes si nécessaire. L’association est également venue en aide aux marins de plusieurs bateaux abandonnés à Marseille par des armateur peu scrupuleux.

Seamen’s club de Marseille

Tous les après-midi, l’association fait la tournée des bateaux présents dans le port pour proposer aux marins de les emmener en fin de journée dans un foyer.

Seamen’s club de Marseille

Directeur de l’AMAM, Marc Feuillebois est le seul salarié à temps complet de l’association. Il peut compter sur une trentaine de bénévoles actifs.

Seamen’s club de Marseille

Marc monte sur un bateau de transport de marchandises.

Seamen’s club de Marseille

Certains marins reviennent régulièrement à Marseille et connaissent bien les activités du Seamen’s club comme ces marins d’un cargo de fret qui assure la liaison Marseille-Tunis. Ils achètent des cartes de téléphones.

Seamen’s club de Marseille

L’accueil est toujours chaleureux mais la communication n’est pas toujours évidente. De nombreux marins ne parlent pas anglais.

Lorina, la limonade de Moselle

Lorina est une marque de limonade et de boissons aux fruits gazeuses artisanales. La marque appartient aux établissements Geyer Frères dont le site de fabrication est situé dans le village de Munster, en Moselle depuis 1895. Les produits Lorina sont aujourd’hui commercialisés dans près de quarante pays, principalement en Europe, en Asie et en Amérique.

Balibaris, de films en aiguilles

A la tête de Balibaris, Paul Szczerba et Lisa Astorino s’inspirent des classiques du cinéma pour créer des vêtements masculins modernes et abordables.

A la table de leur bureau de style, dans des locaux fraîchement rénovés à deux pas de la place de la Concorde, à Paris, Paul Szczerba (28 ans) et Lisa Astorino (51 ans) font le point sur la collection de l’été 2015. Paul a créé Balibaris fin 2010, quelques mois après avoir obtenu son diplôme d’HEC, et dirige aujourd’hui une équipe de quatorze personnes. Lisa est directrice artistique de la griffe. Auparavant, elle a travaillé pour Saint Laurent, Emmanuelle Khanh ou encore Zadig & Voltaire… Suite

Texte. Hélène Brunet-Rivaillon pour le Parisien Magazine

Bonton, les couleurs de l’enfance

Depuis 2001, Irène et Thomas Cohen réveillent le vestiaire des bambins en plongeant les vêtements basiques dans un bain de coloris audacieux.

En juillet dernier, alors que les écoliers troquaient leur cartable contre un sac de voyage, les équipes d’Irène et Thomas Cohen, parents de trois enfants, préparaient leur collection de l’été 2015. Thomas, le seul homme d’une équipe de quinze personnes installée à Saint-Germain-des-Prés, à Paris, rappelle la répartition des rôles : « Irène supervise le bureau de style, j’assure les tâches financières et le développement de la marque. » Au poste de styliste, on trouve Justine, sa cousine. Chez les Cohen, entreprendre en famille est une tradition. « Notre projet est né quand nous travaillions pour Bonpoint, l’enseigne de mes beaux-parents », se souvient Irène.
En 2001, après avoir fait leurs classes sur les bancs de cette griffe pour enfants sages, le couple décide de voler de ses propres ailes en revisitant des basiques dans des coloris « rarement utilisés pour les tenues destinées aux petits ». Ils lancent Bonton et ses tonalités énergiques aux jolis noms : « vert tige », « rouge fessée »… Ce savoir-faire teinté d’humour a vite conquis les parents… Suite

Texte. Hélène Brunet-Rivaillon pour le Parisien Magazine

Compagnie de Travaux Subaquatiques

Une équipe de scaphandriers de l’entreprise CTS (Compagnie de Travaux Subaquatiques) travaille sur un chantier en assainissement au centre de traitement des eaux Sequaris de Valenton (Val-de-Marne).

CTS

Mise à l’eau du scaphandrier dans un bassin d’eaux usées. Une équipe technique accompagne le plongeur, l’assiste et garde un contact radio.


CTS

Le scaphandrier descend dans un milieu insalubre où il ne voit rien à 1 mètre et où le courant peut être très important. Un câble lui assure le retour.


CTS

Rinçage de la combinaison après la plongée. le second plongeur de sécurité n’aura pas à descendre cette fois et aide son collègue.

Le Vietnam, nouvel eldorado du chocolat

Marou Faiseurs de Chocolat est né du rêve un peu insensé de deux Français installés au Vietnam : créer à Hô-Chi-Minh-Ville, à partir d’ingrédients 100% locaux, un chocolat noir d’une très grande pureté, né de la rencontre de terroirs du sud Vietnam, et du savoir-faire des chocolatiers.
Samuel Maruta s’est lancé en 2011, avec Vincent Mourou, un Français rencontré lors d’un bivouac dans la jungle vietnamienne, dans la fabrication 100 % artisanale de chocolat. « La filière du café étant déjà très exploitée et comme nous sommes tous les deux fans de chocolat, quand on a découvert par hasard que le Vietnam produisait des fèves de cacao, on s’est dit ‘pourquoi pas ?' », raconte Samuel Maruta. Sans rien connaître à la technique requise pour travailler ces fameuses fèves, les deux compères, l’un ex-financier à la Société Générale et l’autre lassé du monde de la pub, ont commencé par transformer leur cuisine en laboratoire. A l’aide de vidéos sur YouTube, d’un four à gaz et d’un malaxeur, ils ont mis au point leur recette. Les voilà à la tête d’une fabrique de chocolat, située à Thu Duc, l’un des faubourgs d’Hô-Chi-Minh-Ville, qui produit 1000 tablettes par jour, soit deux tonnes de chocolat par mois. Leur chocolat, exclusivement noir, emballé à la main dans un papier kraft imprimé artisanalement, est vendu non seulement auprès des entreprises, hôtels et boutiques au Vietnam, mais aussi dans des épiceries fines des quatre coins du monde.

Des machines et des hommes

Reportage réalisé en collaboration avec le journaliste Julien Descalles.

La Maritza à ciel ouvert, cœur énergétique de la Bulgarie

Des 115 000 mineurs que comptaient la Bulgarie voici encore 25 ans, seuls 30 000 sont encore en activité aujourd’hui, dont 7 500 sous terre. Conséquence de l’automatisation d’un métier qui n’a guère plus à voir avec les gueules noires de Germinal. Dans la province de Stara Zagora, dans le sud du pays, les mines ouvertes de charbon de la Maritza témoignent de cette mutation. A son apogée, en 1999, 13 500 employés occupaient les 240 km2 des trois sites exploitées par les charbonnages d’état Mini Maritza Iztok ; ils ne sont plus que 7000. De quoi donner au lieu des airs de no man’s land occupé par les excavateurs à roue-pelle, grues, bulldozers, convoyeurs et autres empileurs.
Plus importantes mines à ciel ouvert de la péninsule balkanique, elles restent cependant indispensables à l’économie nationale. Ainsi les quelques 26 000 tonnes de lignite extraites l’an dernier ont non seulement fourni 32% de l’électricité du pays, mais aussi permis d’exporter du courant vers le réseau européen – avec plus de 10 milliards de kilowatts/heure livrés l’année dernière vers la Serbie, la Grèce, la Macédoine ou la Turquie. Concurrencées par l’émergence des énergies renouvelables et les deux réacteurs de la centrale nucléaire de Kozloduy, les mines ouvertes en 1952 restent cependant le « cœur énergétique de la Bulgarie ».

Chelopech, dans les entrailles de la terre

En 2013, les accidents de travail dans les mines bulgares ont coûté la vie à 14 personnes. Avec cinq travailleurs décédés à la suite d’un effondrement courant juillet, la concession privée d’Oranovo a payé le plus lourd tribut. Elle témoigne surtout du dilemme des mineurs : face au refus du propriétaire d’entreprendre des travaux de sécurisation, le Ministère de l’Economie avait ordonné sa fermeture cet été. Avant d’autoriser la réouverture en janvier, sous la pression d’un personnel privé de gagne-pain…
Il y a dix ans la mine fermée de Chelopech, situé à 70 km à l’Est de Sofia, était aussi un site vétuste, classé dangereux pour la sécurité et la santé. Pourtant, depuis huit ans, aucun accident mortel n’est à déplorer. Après avoir racheté ce site d’extraction d’or et de cuivre en 2003, la compagnie canadienne Dundee Precious Metals (DPM) a investi près de 280 millions d’euros dans sa modernisation. Point d’orgue des travaux : un réseau sans fil a été déployé dans 97% des souterrains. Grâce à la wifi, la salle de contrôles peut suivre le moindre déplacement des mineurs et des véhicules.
Chelopech ne délivre qu’un produit semi-fini. Le minerai est ensuite transporté par train et camions à Burgas, port de la Mer Noire avant de prendre la direction de… la Namibie et de la fonderie de Tsumeb ! Un choix dicté par les ONG environnementales bulgares, qui refusent que l’extraction de l’or et du cuivre ait lieu sur place. Celles-ci s’alarment de l’usage de composés de cyanure pour traiter des minerais déjà riches en arsenic, menaçant la santé des travailleurs et de la population.


Texte : Julien Descalles
Photos : Joseph Melin

La Bulgarie, terre d’accueil de réfugiés syriens

Reportage réalisé en collaboration avec le journaliste Julien Descalles, publié dans l’édition du soir de Ouest-France en mars 2014.

Le pays le plus pauvre d’Europe a vu affluer ces six derniers mois onze fois plus de migrants, en majorité syriens, qu’en 2012. Après avoir risqué une crise humanitaire, la réouverture et la rénovation de bâtiments désaffectés, la mobilisation des ONG et l’aide financière de l’UE ont permis une légère amélioration des conditions d’accueil.

« Depuis notre arrivée en Bulgarie, ma fille aînée me répète que j’ai perdu son avenir. C’est vrai qu’ici, il n’y a rien à faire, qu’on est les uns sur les autres, que c’est sale, mais au moins on est en sécurité. En Syrie, on risquait tous les jours notre vie ou l’enlèvement. » Institutrice, Azab Zawhiri a fui Homs avec ses six enfants en septembre dernier, pour échapper à la fois à la répression du régime et aux menaces de mort des rebelles islamistes du front Al-Nosra. Un mois plus tard, après la traversée de la Turquie, la famille gagnait la Bulgarie, décrétée par les passeurs porte d’entrée la moins chère de l’eldorado européen. Soit, en moyenne, 500 dollars par personne.
Une fois la frontière franchie, les Zawhiri ont ainsi échoué au camp de Vrajdebna, à proximité de l’aéroport de Sofia. Soit une ancienne école désaffectée et rouverte à la hâte pour accueillir près de 400 migrants depuis l’automne. Dans chacune des salles de classe, six familles s’entassent, matelas au sol et draps dressés sur des cordes à linge pour préserver une fragile intimité. L’hygiène, elle, est insuffisante : l’eau chaude manque régulièrement, les toilettes ne sont pas assez nombreuses.

« On croyait avoir rallier l’Union européenne mais en fait, il n’y avait rien. Pas de nourritures, pas d’aide médicale, une douche tous les dix jours… Et cinq mois après, on est toujours ici à attendre », se désole Azab. Qui pour subvenir à ses besoins, n’a longtemps pu compter que sur le versement d’une pension de 32 euros par mois et la générosité locale. Colis de nourriture, vêtements, couches, ustensiles ménagers ou encore médicaments sont ainsi régulièrement distribués par la Croix-Rouge bulgare, les « Amis des réfugiés », groupe de bénévoles constitué sur Facebook ou la communauté syrienne bulgare.

Car depuis l’été 2013, le pays le plus pauvre de l’U.E fait face à une vague de migration inédite : en six mois, 11 000 migrants, en majorité syriens et kurdes, ont afflué, contre un millier les années précédentes. Mal préparées, les autorités bulgares et les 1 200 places d’accueil du pays ont rapidement été dépassées. A l’instar du centre de Vrajdebna, six autres garnisons ou écoles à l’abandon ont donc été rouvertes à la hâte.

Pourtant, après les coups de semonce du Haut commissariat pour les réfugiés et des ONG au début de l’hiver, la situation s’est peu à peu améliorée. A commencer par ces deux repas chauds – une popote peu ragoûtante préparée par l’armée bulgare –servis dans l’ensemble des centres d’accueil.



A Harmanli, à une quarantaine de kms de la frontière turque, la mue est ainsi en cours. « Au début, il y a eu beaucoup d’improvisation. Le pays manque d’expérience en matière d’accueil des migrants, tout était délabré, mais aujourd’hui, les conditions de vie sont moins précaires », souligne Denitsa Dimitrova, responsable régionale de la Croix-Rouge bulgare. Au centre le plus important du pays avec 1 200 pensionnaires, les toiles de tente et les matelas hors d’âge des premiers mois ont disparu, remplacés par 76 préfabriqués chauffés et des lits de camp. 150 familles y ont emménagé, les autres résidents trouvant refuge dans les trois bâtiments de cette ancienne caserne militaire.

Grâce aux fonds de soutien alloués par l’UE – 5,6 millions d’euros -, des travaux de rénovation y ont été lancés : les fenêtres en PVC ont succédé aux carreaux cassés, tandis que des douches supplémentaires et un lavoir sont en cours de construction. Dans l’une des bâtisses, des chambres individuelles dédiées aux mères célibataires, voient le jour. Les toilettes mobiles se sont multipliées, et une permanence médicale a été installée.

« Le lieu n’a rien à voir avec les premiers jours, se réjouit Rasheed, guide touristique à Damas, débarqué dans les Balkans en octobre. Il y a le chauffage, l’électricité, bien sûr, mais aussi des cours de maths et d’anglais assurés par des réfugiés. » De quoi tromper l’ennui dans un camp où les parties de foot ou de cartes restent les principales – les seules ? – distractions.

« Surtout, on ne vit plus aujourd’hui en prison : tout le monde a désormais sa « Green Card », qui permet de quitter le camp durant la journée. » témoigne Rasheed. Une première étape vers le statut de réfugié, ouvrant l’accès à toute l’Union européenne. « Pour la très grande majorité, la Bulgarie n’est qu’une étape. Ici il n’y a pas le moindre travail pour les nationaux, alors imaginez pour nous…  », soupire Ahmad, électricien de 26 ans en route pour Londres. Parmi les destinations les plus prisées des migrants : Royaume-Uni, Allemagne et Suède. Après des mois de flou administratif, la procédure semble d’ailleurs s’accélérer. Selon l’Agence nationale des réfugiés, dont le personnel a été multiplié par deux, 675 statuts auraient été accordés depuis le début de l’année.

Mais pour le gouvernement, la gestion de la crise semble également passer par une fermeture des frontières. Mises sous pression par la formation d’extrême-droite Ataka et une partie de la population sur « le qui-vive », selon le mot de deux habitantes d’Harmanli, les autorités ont décidé de la construction d’une clôture de 30 kms le long de la frontière bulgaro-turque. Livraison attendue courant mars.

Texte : Julien Descalles
Photos : Joseph Melin

Sneakers story

L’évolution de la sneaker des années 60 à 2010 mise en scène et photographiée pour le magazine Azimut.

Sneakers story

mannequins : Lola et Basile – stylisme : Virginie Savona – retouche/graphisme : Christophe Hermellin – Studio 1001 Vues