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La laine du Boischaut

Dans le centre de la France, une chaîne courte de production a été mise en place pour créer une laine à tricoter naturelle et de qualité : la laine du Boischaut.
Issue d’un élevage de mouton dans le Cher, la laine est lavée dans l’Allier voisin puis filée en Creuse. Un triangle d’or sur trois départements qui permet de valoriser un produit en milieu rural sur un périmètre restreint.

La laine du Boischaut

Un élevage mené en agriculture biologique

L’élevage de moutons qui fournit la laine est implanté à la ferme de Maison Rouge, à Vesdun, petit village du Boischaut. Au coeur d’un paysage de bocage, Jean Paul Chauvelot élève un troupeau de 400 brebis charollaises en agriculture biologique. La viande est la première activité de cet agriculteur, la laine vient en appoint.

Une laine de moins en moins rentable

Chaque année, Jean Paul fait tondre ses moutons et revend la laine à un grossiste. En 2008, l’éleveur s’inquiète de la chute du cours de la laine, le prix au kilo (35 centimes à l’époque) ne permettant même pas de récupérer le coût de la tonte (environ un euros cinquante par tête pour 2 kilos de laine en moyenne). Claire Salin, sa belle-fille, va alors avoir l’idée de valoriser elle-même ce produit.

La laine du Boischaut
 
L’idée de la valorisation

Issue de l’école Boulle, cette jeune femme a créé à Vesdun la « Manufacture », un atelier de création en mobilier et sculpture. Elle s’intéresse à ce nouveau matériau et comprend très vite l’intérêt de proposer une laine « de pays », produite dans des conditions respectueuses de l’environnement. Elle propose à Jean Paul de trier sa laine et de lui en racheter une petite quantité de la meilleure qualité possible, le reste partant chez le grossiste. Elle suit en compagnie de Jean Paul une formation pour apprendre à trier la laine et appréhender les techniques d’élevages adaptés à cette production grâce à une association basée dans le Limousin.

La tonte des moutons

La tonte des brebis a lieu début juillet tandis que les agneaux sont tondus en fin d’été. Une brebis de 60 kilos tondue donne 2 kilos de laine en moyenne. Le tondeur porte des chaussons adaptés. Il tond environ 150 moutons par jour à l’aide d’une tondeuse électrique et est payé un euro cinquante par tête. Il peut blesser l’animal avec son appareil et doit donc être très précis. Au terme des tontes, la laine sélectionnée représente en moyenne 200 kilos sur l’année.

L’étape cruciale du tri

L’étape du tri est cruciale pour obtenir un produit intéressant. Lors de la tonte, la laine est triée afin de ne conserver que la meilleure qualité. Trop fin, le fil manque de résistance. Pas assez fin, il manque de douceur. Seul un œil averti peut dissocier les qualités de fil. La couleur est aussi très importante, il faut que la laine ne soit pas trop jaune. Durant la tonte des moutons, Claire installe les toisons sur une table de tri et les inspecte. Elle sélectionne la meilleure laine, qui lui garantira un bon résultat une fois lavée et filée.

Laine du Boischaut
 

L’une des dernières entreprises de lavage de laine en France

Une fois triée, cette laine est rangée dans des ballots afin d’être acheminée à Souvigny, près de Moulins dans l’Allier, pour être lavée par l’entreprise « Lavage de laine de Souvigny », une des toutes dernières entreprises de lavage de laine en France. Cette structure permet de laver des lots de petites quantités. Le lavage se fait sans produit chimique, à l’eau chaude avec un savon biodégradable dans des machines vieilles d’un demi-siècle. Naturellement grasses, les toisons retiennent poussières et débris végétaux. La laine brute est lavée en cinq phases : le trempage, le dégraissage, le lavage, le rinçage puis le sèchage. Une fois débarrassée du suint des moutons et des crasses, la laine est compactée et conduite à Rougnat dans la Creuse pour y être filée. 200 kilos de laine tondue donnent 100 kilos de laine lavée.

Laine du Boischaut
 
La filature de Rougnat

La Creuse est un département dans lequel la tradition de la production de laine est encore vive. La filature Fonty en est l’une des représentantes. Sensible aux initiatives locales, l’entreprise favorise l’utilisation des matières naturelles. La laine est décompactée grâce à un sytème à air comprimé puis mélangée à des huiles essentielles et un adoucissant. Aucun additif n’est ajouté lors de la transformation : pas de blanchiment ni de teinture. Elle passe ensuite dans la carde : des tambours garnis de très fines pointes d’acier, tournant à grande vitesse, qui divisent et parallélisent les fibres de laine et retiennent les impuretés végétales. Elle est ensuite filée. L’opération consiste en étirages successifs par les métiers à filer. Le fil subit une torsion et est retordu avec plusieurs autres fils, afin de le rendre plus solide et surtout plus régulier. Assemblé en écheveaux, le fil est alors rangé en pelotes et conditionné. Le résultat se présente sous forme de jolies pelotes de laine de couleur naturelle (à 3 ou 4 fils) de 50 grammes. Les 100 kilos de laine lavés sont ainsi transformés en 1800 pelotes grâce au savoir faire des 18 employés de la filature.

Laine du Boischaut
 
Les pelotes de laine du Boischaut

Les pelotes sont vendues à « la Manufacture », l’atelier de Claire Salin à Vesdun. Claire fabrique même des aiguilles à tricoter en bois pour accompagner ce produit. Elle expose la laine sur les marchés où les adeptes du tricot découvrent cette « laine de pays » de qualité, rustique et non traitée.

Laine du Boischaut
 

Valoriser un produit local avec une filière de qualité

Cette laine du Boischaut est le résultat d’une filière de qualité mise en place par Claire qui souhaitait valoriser un produit dont les cours chutent chaque année. Elle a trouvé des entreprises à l’écoute de sa demande, permettant cette production locale en petite quantité mais de qualité et née en milieu rural. Toutes les opérations ont lieu à moins de 80 kilomètres de Vesdun. Claire achète deux euros le kilo de laine à Jean-Paul alors que le cours en 2013 est de 80 centimes.

L’éleveur Jean Paul Chauvelot est donc très satisfait de cette nouvelle façon de valoriser la laine de ses moutons et voit dans cette laine du Boischaut « un bel exemple de ce que devrait être l’agriculture aujourd’hui en France : une agriculture paysanne, à échelle humaine, qui s’adapte et s’intègre dans l’espace et la société de manière pérenne à la différence de l’agriculture dite productiviste. »

Perdre pied

Perdre pied

Pour de nombreuses personnes, l’eau représente un milieu à la fois attirant mais aussi intimidant.

Attirant pour la plupart car le simple fait de parler de cet élément évoque d’agréables moments tels que les barbotages dans la baignoire ou sa première rencontre avec l’océan.
Intimidant pour d’autres parce que l’eau reste un milieu étranger représentant de vrais dangers comme celui de se noyer. Les raisons d’avoir peur dans l’eau sont nombreuses, et appartiennent à l’histoire et à l’expérience de chacun. Chacun ressent « sa » peur, sa peur de ne pas savoir respirer, sa peur de ne pas flotter, sa peur de la grande profondeur…
Cette peur ressentie au contact de l’eau serait un phénomène courant : un Français sur cinq ne se sentirait pas à l’aise dans cet élément. Ils ont une véritable appréhension du milieu aquatique. Plutôt paradoxal alors que les piscines municipales sont de plus en plus nombreuses sur le territoire et s’inscrivent dans le quotidien des gens. Il est fréquent aujourd’hui qu’une première immersion dans une grande étendue d’eau se réalise en piscine, à l’image du succès des bébés nageurs.

C’est dans ces mêmes océans de poche chlorés que certaines personnes décident d’essayer d’apprendre à maîtriser leur peur de l’eau, de se relaxer dans cet élément qui leur paraît parfois si peu naturel. Car même dans ce monde de silence, l’eau crée souvent des surprises.

Perdre pied

Perdre pied

Perdre pied

Perdre pied

Perdre pied

Lettre d’un père à sa fille

Photographies de plateau du court métrage de Nicolas Livecchi : Lettre d’un père à sa fille, produit par Nicolas Descalles.

Avec Alain Eloy, Pauline Acquart et Jeanne Disson.

Tournage du court-métrage

Tournage du court-métrage

Tournage du court-métrage

Tournage du court-métrage

Le teaser

Fruits & Compagnie

Fruits & Compagnie est une entreprise arboricole composée de deux domaines basés à Nîmes et Sisteron. Elle produit, conditionne et commercialise principalement des pêches, abricots, pommes et poires.

Fruits & Compagnie

Fruits & Compagnie

L’industrie du verre

Arc International est une société française de production de produits arts de la table, située à Arques (Pas-de-Calais). Cette société fabrique du verre en utilisant trois procédés techniques : le pressé, le soufflé et le centrifugé. Le verre naît de la fusion à plus de 1300° C d’un mélange de sable, de soude, de chaux, et de groisil (verre concassé).

Arc International

Arc International

Arc International

Arc International

Sarah Ourahmoune

Sarah Ourahmoune, championne du monde 2008 de boxe anglaise, au Boxing Beats d'Aubervilliers.

Sarah Ourahmoune, championne du monde 2008 de boxe anglaise, au Boxing Beats d’Aubervilliers.

Rentrée à la Goutte-d’Or

Elève de l’école Saint Bernard – Sainte-Marie en plein cœur du quartier de la Goutte-d'Or à Paris.Elève de l’école Saint Bernard – Sainte-Marie en plein cœur du quartier de la Goutte-d'Or à Paris.

L’école Saint Bernard – Sainte-Marie est une petite école maternelle et primaire privée catholique sous contrat d’association située en plein cœur du quartier de la Goutte-d’Or à Paris. Elle accueille 275 enfants de 17 nationalités différentes dans 11 classes de la maternelle au CM2.

Le hameau du Bouvray

Le hameau du Bouvray est un « village-test » situé en bord de Seine à Orly. Le département du Val-de-Marne, la région Ile-de-France et l’Europe y financent des maisons en bois pour 17 familles roms. 75 personnes ont été choisies parmi des habitants de bidonvilles insalubres pour venir s’installer sur un terrain prêté par la mairie. Les familles accueillies s’engagent à scolariser leurs enfants. Le projet s’étend sur 3 années au terme desquelles les Roms devront avoir trouvé un travail et un logement.

Hameau du Bouvray

Des personnes qui ne font pas partie du programme mis en place viennent visiter des proches.

La famille Constantin prépare un barbecue.

La famille Constantin revient de la Seine où les enfants ont été se baigner.

Eva pose avec ses enfants Fabritio et Lorena.

Nelu, le doyen du lieu et ses petits-enfants : Lorena et Fabritio.

Nos guerres d’Algérie

Lancement de « Nos guerres d’Algérie », une mini-série à suivre sur France 3 du 26 juin au 10 juillet. Quatre témoignages sur la transmission de l’histoire de la guerre d’Algérie sont déclinés en quatre films multimédia de 6 minutes dont j’ai réalisé les photographies et les vidéos. Une plateforme documentaire rassemble ces modules accompagnés d’analyses d’historiens sur le site web de France Télévisions.

Nos Guerres d'Algérie

Montage. Antoine Ferrando
Production. Hans Lucas

Nos Guerres d'Algérie

Nos Guerres d'Algérie

Nos Guerres d'Algérie

Nos Guerres d'Algérie

Le Canon EOS 5D Mark III, un boîtier repensé et plus polyvalent

L’ EOS 5D fut le premier reflex numérique full-frame « abordable » annoncé par Canon en 2005. Un boîtier sommaire associé à un capteur de 12 Mpix permettait enfin un passage au numérique intéressant pour les photographes experts et professionnels. Ceux-ci étaient alors peu désireux d’investir dans des reflex APS-C à la qualité d’image moyenne à l’époque, aux viseurs ridicules et au coefficient de focale difficile à appréhender. Le 5D se positionnait parfaitement, initiant une nouvelle gamme qui permettait d’exploiter pleinement le potentiel de la gamme d’objectifs EF.
3 ans plus tard, la marque annonçait son successeur : l’EOS 5D Mark II devenu extrêmement populaire chez les photographes pour ses 21 Mpix mais également chez les vidéastes pour sa capacité à filmer en Full HD et obtenir des rendus incomparables grâce à la taille de son capteur et sa qualité d’image notamment en basse lumière.
Ces deux boîtiers sont aujourd’hui très utilisés par les photographes professionnels qui disposent d’une bonne qualité d’image pour un prix intéressant dans une gamme pérenne qui ne se renouvelle que tous les 3 ans.
Cependant, sur ces deux 5D, Canon a toujours mis l’accent sur la qualité de son capteur, oubliant au passage l’ergonomie générale et reprenant des fonctionnalités de boîtiers de gamme inférieure. L’annonce du Canon EOS 5D Mark III cette année représente à ce titre un changement majeur dans cette stratégie.

Canon EOS 5D Mk III

Finie la montée en pixels, pas de vidéo 2K ou 4K cette fois. La marque rouge a décidé de se concentrer sur l’ergonomie de son boîtier et ce n’était vraiment pas un luxe. Autant les Mk I et Mk II étaient des boîtiers loués pour leur qualité d’image, autant ils étaient connus pour leur autofocus très limité et peu précis ainsi que pour leur ergonomie peu aboutie. Deux défauts qui ont enfin été corrigés.
Une ergonomie repensée
La première nouveauté que l’on remarque dans une utilisation courante est le niveau de finition supérieur au Mk II : poignée mieux dessinée facilitant la prise en main, revêtement plus agréable. La seconde est le changement de place de l’interrupteur. Après 6 années à allumer son appareil de la même façon, il faut maintenant penser à actionner le bouton on/off près de la molette des modes, ce qui est plus logique.
Le bouton « lock » de la roue codeuse ne disparaît pas pour autant mais peut à présent être réorienté vers une autre commande de blocage grâce aux fonctions personnalisées. Cette personnalisation se retrouve d’ailleurs dans quasiment toutes les touches du boîtier.
Ainsi, dans ma pratique, je n’utilise que rarement le bouton de test de profondeur de champ qui a d’ailleurs enfin été replacé de façon à être utilisable avec les longues focales. J’ai donc simplement redéfini sa fonction.
La bague de sélection de mode est enfin verrouillée par un bouton poussoir. Finies les premières images réalisées dans un mode non souhaité parce que la molette a tourné malencontreusement dans le sac. Personnellement, je ne travaille qu’en manuel et apprécie donc de ne plus avoir à constamment vérifier le mode dans lequel l’appareil se serait déréglé. Les utilisateurs avaient tellement émis de critiques sur ce défaut que Canon propose via son SAV d’effectuer une modification hardware pour corriger ce problème sur le 5D Mk II et le 7D. Reste le bouton du correcteur dioptrique encore trop facilement modifiable par inadvertance.
Canon EOS 5D Mk III

Les commandes liées au réglage de l’ouverture et de la vitesse d’obturation sont enfin inversables via les menus. Ça permet de régler l’ouverture grâce à la molette près du déclencheur et la vitesse par la roue codeuse arrière. Les menus ont d’ailleurs été repensés et une touche info permet enfin d’obtenir des explications sur chaque fonction.
Un autre changement important concerne le nouvel emplacement des commandes de loupe lors de la lecture d’image : une commande par la molette près du déclencheur ressemblant à l’ergonomie Nikon. Il est possible de prérégler le niveau de la loupe lors du lancement de la commande. Pratique car certains photographes souhaitent vérifier rapidement le bruit ou la netteté à la lecture et ont besoin d’un zooming puissant tandis que d’autres se contentent d’un grossissement plus léger pour vérifier la qualité globale de l’image.
Au passage, le ratio de l’écran de contrôle passe en 3:2, plus pratique et agréable mais malheureusement il n’est pas orientable, ce qui est vraiment dommage car la visée par l’écran est très intéressante dans certaines situations. La résolution passe à 1 040 000 points contre 920 000 pour le Mk II et le rendu colorimétrique est très bon.
On peut désormais afficher deux vues côte à côte en mode lecture et un classement très pratique par étoile est proposé. Il est compatible avec la majorité des logiciels dont Lightroom. Avec un écran de bonne qualité et de nouvelles fonctionnalités, le Mk III permet donc de commencer un éditing de son travail en amont.

Canon EOS 5D Mk III

Un autofocus précis améliorant nettement la qualité des images
La qualité d’image du 5D Mk III se révèle intéressante. On ne sent pas des progrès fulgurants au niveau du capteur même si la gestion des basses lumières s’est bien améliorée. Le Mk III permet d’atteindre 25 600 ISO en natif et 102 400 en mode étendu. La dynamique est bonne et le rendu colorimétrique fidèle à ce que sait faire la marque depuis quelques années. C’est d’avantage au niveau du piqué que le rendu diffère de ses prédécesseurs et ce pour une raison simple : l’autofocus.
En effet, en utilisant le Mk III, on redécouvre franchement la qualité de ses optiques qu’on peut du coup estimer sous-utilisées sur les Mk I et Mk II.
J’ai rebasculé récemment ma gamme optique Carl Zeiss en monture Canon pour des raisons pratiques. Je poursuis un travail personnel en piscine et la MAP manuelle est impossible en caisson. J’étais donc obligé de réutiliser des optiques autofocus. Question de budget oblige, j’ai donc décidé de me séparer des optiques Carl Zeiss que je regrette pour leurs rendus et leurs bagues de mise au point si précises en vidéo.
Je dois par contre avouer que l’AF du Mk III atténue amplement mes regrets car les optiques USM Canon deviennent beaucoup plus précises grâce à lui. Les objectifs comme les 50mm f/1.2 L USM et 85mm f/1.2 L USM deviennent ainsi pleinement exploitables à pleine ouverture et les erreurs de mise au point se font rares.
Hérité du boîtier haut de gamme EOS 1D mk IV et non plus de la gamme inférieure, l’AF est extrêmement précis, le jour et la nuit avec les modules précédents. On passe de 15 collimateurs sur le Mk II à 61…
Revers de la médaille, sa personnalisation est poussée et les menus denses mais bien expliqués. Vous pouvez d’ailleurs télécharger le manuel de l’EOS 5D Mk III en français pour vous faire une idée du niveau de personnalisation de l’AF.
Personnellement, j’ai choisi de séparer la commande autofocus de la commande déclencheur, ce qui permet de déclencher à tout moment même si la mise au point n’est pas terminée. Le Mk III permet d’ailleurs de privilégier le déclenchement à la recherche autofocus via les menus, ce qui est un vraie amélioration sur ce point.
Le micro-ajustement de l’autofocus est toujours disponible et s’affine en proposant deux micro-ajustements pour les zooms, un à la position la plus large du zoom et l’autre à la position la plus serrée.
Le choix de Canon au niveau du module AF est donc très judicieux à ce niveau et permet enfin d’exploiter tout le potentiel du capteur et des nombreuses optiques de la gamme.
Un visée optique plus précise mais perfectible
Le viseur a été également modifié. Il passe à une couverture 100%, fini les recadrages en post-production à cause d’un élément gênant dans l’image invisible lors du déclenchement. Ce viseur est dit « intelligent » et contient de nombreux circuits électroniques. Comme sur les boîtiers Nikon, la luminosité du viseur est assistée par la batterie. Sans alimentation, la visée s’assombrit.
Un quadrillage peut être affiché sans changer le verre de visée. Pratique et économique mais il ne sera par contre plus possible de changer le dépoli pour un verre à stigmomètre par exemple.
Canon EOS 5D Mk III

Il est d’ailleurs dommage que Canon n’ait pas compris l’intérêt qu’il pouvait tirer de ce quadrillage qui aurait pu représenter des ratios différents du 3:2 et enfin proposer une visée optique au format carrée ou 6:7 par exemple. Cette option est disponible pour la visée par l’écran mais pas par la visée optique.
De nouvelles fonctionnalités rendant le boîtier plus polyvalent
Au niveau du miroir et de l’obturateur, un vrai effort a été réalisé sur le bruit du déclenchement. Plus métallique, il devient plus discret. Un mode silencieux est proposé et je pense qu’il devrait convaincre à lui seul certains photographes de passer du Mk II au Mk III, notamment pour les photographes de spectacles et les reporters. Le déclenchement dit « silencieux » ne produit qu’un bruit discret, feutré. C’est d’ailleurs le mode que j’ai choisi de régler par défaut. En revanche, le temps d’obturation de la visée reflex augmente alors et la cadence images diminue.
Cette cadence a été améliorée (6 images par secondes contre 3,9) et rend le boîtier beaucoup plus polyvalent en l’ouvrant à la photographie de sport, domaine où ses prédécesseurs étaient très peu à l’aise. L’apport du processeur Digic 5+ y est pour beaucoup.
Plus anecdotique, un mode exposition multiple fait son apparition, permettant de reproduire plusieurs images sur un seul et unique cliché sans avoir à passer par un logiciel. Les nostalgiques de l’argentique apprécieront.

Un niveau est proposé à l’utilisateur par la visée optique ou par l’écran. Pratique pour la photographie d’architecture par exemple et plutôt précis de ce que j’ai pu en juger.
Par contre, la fonction intervallomètre reste toujours impossible à réaliser sans la chère télécommande TC-80 N3. Une des dernières stupidités héritées des anciens boîtiers et qui ne changera pas cette fois. Malgré cet oubli, le Mk III devient un appareil plus complet et conviendra à de très nombreuses applications photo, ce qui est loin d’être anodin car de nombreux photographes experts et même professionnels sont aujourd’hui équipés d’un unique boîtier. La notion de polyvalence est donc primordiale.
Le Mk III propose un double slot carte mémoire CompactFlash et SD. On peut ainsi doubler la capacité de prises de vues. On peut également enregistrer pour une même image un fichier Raw sur une carte et un Jpg sur une autre. Encore une fois, tout est configurable.
Bémol important, le port SD n’est pas compatible avec la norme UHS (ultra high speed) permettant des débits de transfert théoriques de 104 Mo par seconde. La vitesse d’écriture de ces cartes sera donc bridée, ce qui est vraiment décevant pour un appareil à ce prix. Le reflex supporte par contre la dernière norme de transfert UDMA 7 pour les cartes CompactFlash. Les photographes de sport, adeptes des rafales, devront donc privilégier l’utilisation de la CompactFlash à la SD.
La trappe d’accès aux cartes mémoires a été redessinée et semble plus solide.
Canon EOS 5D Mk III

Au niveau des fichiers, on peut enfin changer le nom initial des images et plus uniquement le nom du dossier. Les infos « auteur » et « copyright » insérées dans les informations Exif sont enfin modifiables par le menu boîtier, plus besoin de passer par le logiciel dédié. Il en est de même pour les fichiers Raw enfin exportables en Jpg directement du boîtier.
Les batteries sont les mêmes que le 5D Mk II, 7D, 60D (LP-E6)… Un bon point. L’autonomie est excellente, elle a été considérablement améliorée par rapport au Mk II. Un nouveau grip est proposé mais je n’ai jamais aimé l’embonpoint et le manque de discrétion induit par cet accessoire.
Une fonction vidéo améliorée par petites touches
Au niveau de la vidéo, je n’ai pas encore eu l’occasion exploiter pleinement ses fonctionnalités mais la prise casque est une vraie amélioration. Par contre, Canon oublie de fournir le câble HDMI pour visualiser les vidéos directement sur un téléviseur Full HD… La roue codeuse devient tactile pour changer des réglages sans gêner la prise de son. Top !
Un mode All-I (compression image par image) fait son apparition mais pas de sortie non compressée contrairement au concurrent Nikon (edit 04/2013 : Canon propose finalement une mise à jour firmware autorisant entre autre une sortie HDMI non compressée).

Autre amélioration : le 5D Mk III n’est plus limité à 12 minutes d’enregistrement. Il passe à 30, ce qui est quand même plus confortable à l’usage notamment pour les interviews.
Canon EOS 5D Mk III

un boîtier équilibré mais des fonctionnalités oubliées et un prix élevé
Au final, ce boîtier représente une vraie évolution car il vient combler les nombreuses lacunes de ses prédécesseurs. L’ergonomie a été profondément remaniée, la personnalisation des touches et menus poussée, la visée, l’autofocus et la cadence images améliorées. Tous ces points permettent au 5D Mk III d’être plus polyvalent que jamais, adapté à tous les domaines photographiques, ce qui n’est pas un luxe quand de nombreux photographes n’ont plus les moyens de s’équiper de plusieurs boîtiers.
La résolution de 22 Mpix reste maîtrisable dans un flux photo et n’obligera pas les utilisateurs à changer leur configuration informatique contrairement aux nikonistes et leur excellent D800 à 36 Mpix.
La fonction vidéo a été améliorée par petites touches, satisfaisant opérateurs et monteurs.
Cependant, on garde l’impression que le 5D Mk II aurait déjà pu bénéficier de ces nombreuses fonctionnalités et que Canon aura mis du temps à écouter et faire remonter les griefs de ses utilisateurs. L’apport de l’autofocus laisse d’ailleurs le sentiment que les optiques L auront été sous-utilisées sur les précédents boîtiers.
On aimerait croire que ces nombreuses améliorations sont à l’origine du prix élevé auquel le produit est proposé (3299 euros boîtier nu en juin) mais ça reste difficile à imaginer quand on le compare à la concurrence. Le temps et la disponibilité du produit devrait rendre ce produit plus abordable et le Mk II reste au catalogue.
Et malgré ces nombreuses évolutions, il manque encore sur ce Mk III quelques fonctionnalités proposées par ses concurrents et même intégrées parfois dans des boîtiers Canon de gamme inférieure : un écran pivotant et tactile qui serait un vrai plus dans l’utilisation (à l’image de l’EOS 650D récemment annoncé), un viseur optique permettant l’affichage des formats différents du 3:2, une aide à la mise au point comme le focus peaking adopté par Sony, une commande intervallomètre incluse dans le boîtier, un port SD compatible UHS, une prise USB 3.0… Ce sera sans-doute pour son successeur, dans 3 ans…