Archives par étiquette : 2011

Medjugorje, le Lourdes bosnien

Medjugorje est un hameau bosnien situé dans une région montagneuse frontalière de la Croatie. Devenu lieu de pèlerinage suite à des apparitions de la Vierge Marie en 1981, Medjugorje accueille désormais près de 2,3 millions de catholiques chaque année. Ces apparitions ne sont pas reconnues par la Vatican qui a mis en place en 2012 une commission d’enquête chargée de déterminer leur « réalité ». En attendant, les pèlerins continuent de gravir le mont Krizevac, l’un des passages obligés du pèlerinage.
Le village sans eau potable hier est devenu un véritable centre d’affaires religieuses. Dans l’église nouvellement construite, les messes se succèdent en près de seize langues tandis que le commerce est florissant : la capacité hôtelière explose et les boutiques de souvenirs se multiplient.

Medjugorje, le Lourdes bosnien.

Medjugorje, le Lourdes bosnien.

Medjugorje, le Lourdes bosnien.

Une usine au silence

Un délégué syndical arpente les travées du site de la Siac à Auby (Nord-Pas-de-Calais).


L’usine, spécialisée en métallurgie, est désormais fermée à cause d’une baisse d’activité. Elle fabriquait depuis dix ans des cabines de tracteurs et employait 140 salariés.

Salon du Chocolat

Les fèves de cacao sont les graines du cacaoyer. Elles sont utilisées pour la fabrication du chocolat.

Vernissage au MAC/VAL

Vernissage au MAC/VAL à Vitry-sur-Seine le 21 octobre 2011. L’exposition monographique de Jesper Just, artiste vidéaste danois, est présentée au public ainsi que les oeuvres du collectif BLG et des artistes en résidence Carlos Amorales, Tomás Espina et Martin Cordiano.

Au travers de son exposition « This Unknown Spectacle », Jesper Just propose au public une expérience artistique et cinématographique inédite. Par la qualité de l’éclairage, l’étrangeté des décors, l’absence d’une narration évidente et le refus de tout dialogue, ses films se transforment en de captivants « poèmes visuels », en d’étranges tableaux en mouvement.

Tomás Espina et Martin Cordiano réalisent au cours de leur résidence au MAC/VAL une nouvelle installation intitulée Dominio. Ce mot espagnol aux multiples significations fait à la fois allusion à la propriété, à la domination, au domaine public… À partir d’un texte de Roberto Espina, écrit pour le théâtre, « Dominio » est la reconstitution d’un intérieur qui a subi une destruction et aurait été complètement réparé suite à une catastrophe. C’est pour confronter le visiteur à ses propres angoisses, lui faire perdre ses repères que les deux artistes fabriquent une installation qui active puissamment nos émotions.

Voir Varanasi et mourir

Située dans l’Etat de l’Uttar Pradesh, Varanasi est la plus sacrée des sept villes saintes d’Inde.
Cette ancienne cité accueille chaque année de nombreux pèlerins qui viennent se laver dans le Gange quotidiennement à l’instar des habitants. Des hindous viennent également y attendre la mort. Mourir à Varanasi permettrait d’atteindre le « moksha », la libération du cycle des réincarnations. Les cendres du défunt sont alors immergées dans le fleuve.

Un homme rame à bord d’une barque sur le Gange et regarde au loin la ville de Varanasi.

Alexia Fabre & Frank Lamy

Portrait d’Alexia Fabre et Frank Lamy, conservatrice en chef et chargé des expositions temporaires au MAC/VAL (Vitry-sur-Seine), commissaires de la Nuit Blanche 2011.

Alexia Fabre et Frank Lamy, conservatrice en chef et chargé des expositions temporaires au MAC/VAL (Vitry-sur-Seine), commissaires de la Nuit Blanche 2011.

Le mémorial de Srebrenica

Le mémorial de Srebrenica-Potocari a été inauguré en 2003, plus de 3 200 victimes y sont inhumées. Il est symboliquement situé à côté de l’ancien bâtiment des casques bleus néerlandais à Potocari.
Le « génocide de Srebrenica » désigne le massacre de plus de 8 000 hommes et adolescents bosniaques au mois de juillet 1995 par des forces de l’Armée de la République serbe de Bosnie sous le commandement du général Ratko Mladic.

Une partie de l’ancien bâtiment des casques bleus néerlandais à Potocari.


Les victimes identifiées du massacre sont enterrées au fur et à mesure de la découverte des corps chaque année au mois de juillet. Une stèle verte est d’abord placée avant une stèle blanche définitive.


Le mur demi-circulaire recense les noms des 8 372 victimes de l’épuration ethnique menée à Srebrenica et dans les environs par les forces serbes de Bosnie de Ratko Mladic.


Hasan Hasanovic est le directeur du mémorial de Srebrenica-Potocari. A l’âge de 12 ans, il a décidé de fuir ce lieu avant l’arrivée des forces serbes.


« Srebrenica est une ville morte. Les Bosniaques n’ont pas voulu revenir sur un territoire désormais appelé Republika Srpska [République serbe de Bosnie] avec sa propre police et son gouvernement ». Hasan Hasanovic

Les objectifs Zeiss ZE pour le reportage et le portrait

Choisir son parc optique est toujours pour le photographe un grand dilemme. Quel angle de champ ? Zoom ou focale fixe ? Grande ouverture ou compacité ? Intérêt de la stabilisation ? Aufocus ou mise au point manuelle ?…
Répondre à ses questions nécessite de connaître parfaitement son domaine de prédilection, son style photographique, sa « distance » face au sujet. Autant de raisons qui font que chaque photographe a des besoins différents.
Personnellement, j’utilise pour mes reportages comme pour mes portraits des focales fixes à mise au point manuelle Carl Zeiss : un Distagon T*21 f/2.8, un Distagon T*35 f/1.4 et un Planar T*85 f/1.4. Ces optiques sont en monture ZE, l’appellation Zeiss pour la baïonnette Canon EF 24×36. J’utilise ce parc d’objectif pour sa qualité optique, son « rendu » et sa finition.

Ouvrier forestier spécialisé en sylviculture (Lorraine). Planar T*85 f/1.4

Les surprenantes focales fixes Zeiss
J’ai découvert ces objectifs lors d’une visite au Salon de la Photo 2008. A l’époque, Zeiss venait juste d’annoncer la sortie d’optiques fixes en monture Canon. Il n’y avait que les Planar T*50mm f/1.4 et 85mm f/1.4 disponibles dans cette monture. J’ai été tout de suite étonné par la construction en métal des objectifs rappelant une autre époque, loin du « tout plastique » des autres marques. Une autre caractéristique m’a surpris : l’absence d’autofocus, un choix étonnant et risqué alors que les autres marques proposent des moteurs AF ultrasoniques sur leurs optiques.

Distagon T*35 f/2

Les différents fabricants d’objectifs

Equipé en Canon, je n’ai jamais été très emballé par les marques d’optiques concurrentes à la marque rouge comme Tamron ou Tokina par exemple. La plupart du temps, leurs optiques sont bonnes et moins chères que les deux ténors Canon ou Nikon mais la finition globale est souvent moyenne, l’AF plus lent et souvent bruyant même si ce dernier point est en train d’être corrigé.

La marque Sigma est une exception, proposant une gamme professionnelle de qualité : la gamme EX. Malheureusement, le photographe équipé en Sigma n’est pas assuré que ses optiques fonctionnent avec les futurs boitiers Canon ou Nikon. Une mise à jour du microprocesseur de l’optique est souvent nécessaire en SAV. J’ai appris récemment par Volkert Gilbert que ce fabricant est le seul à ne pas à ne pas avoir acheté auprès de Canon une licence du protocole de communication entre le boîtier et l’objectif, ce qui explique ces problèmes de liaison électronique qui sont rédhibitoires pour un photographe expert ou professionnel.

Ces différents défauts m’avaient poussé à m’équiper dans la marque du boîtier mais j’ai finalement décidé après réflexion et essais de passer en fixes Carl Zeiss.

Immeuble à Sarajevo (Bosnie-Herzégovine). Planar T*85 f/1.4

Une finition remarquable

Les constructeurs ont aujourd’hui quasiment tous fait le choix du polycarbonate pour leurs objectifs, allégeant considérablement le poids du sac photo. Malheureusement la finition générale pêche fréquemment même sur des optiques dites professionnelles.
Zeiss propose une construction « tout métal », solide et rassurante. Revers de la médaille, les objectifs sont plus lourds et marquent rapidement en cas de coup ou de chute.
L’absence de stabilisateur peut être ressentie comme un défaut (notamment pour la vidéo) mais elle assure une plus longue durée de vie à l’objectif, la panne de cette pièce étant l’une des raisons les plus fréquentes de retour SAV pour de nombreuses marques.
Les pare-soleil (livrés avec l’objectif) sont en métal et revêtus à l’intérieur d’un flocage anti-reflets en velours. Ils sont bien taillés et se clipsent fermement. Il vaut mieux éviter de les perdre, ils sont très chers à l’achat séparé.
Les bouchons avant sont pratiques avec leur système de pince que Canon s’évertue à ne pas adopter contrairement à ses concurrents. On peut par contre leur reprocher leur faible épaisseur.
La finition Zeiss est excellente. On en attendait pas moins de la marque mais c’est en réalité l’usine de Cosina au Japon qui se charge de la production des optiques de la marque allemande. Cependant, le cahier des charges imposé par Carl Zeiss semble plutôt rigoureux.
Les contrôles qualité chez Zeiss sont d’ailleurs individualisés et certifiés, alors que Canon, comme Nikon, procèdent par échantillonnage, d’où parfois une qualité hétérogène dans une même série pour un même objectif.
Carl Zeiss fournit l’objectif avec bouchons avant-arrière, un pare-soleil et un certificat d’inspection général signé par un technicien de la marque. Dans l’idéal, une housse de protection pourrait être fournie.

Bruno Putzulu, acteur et chanteur français. Planar T*85 f/1.4

L’absence d’autofocus

J’ai essayé le 85mm sur mon Canon EOS 5D de l’époque et j’ai retrouvé l’agréable sensation de la mise au point manuelle. Je fais partie des photographes qui ont découvert la photographie quelques années seulement avant l’avènement du numérique. J’ai d’abord appris la photographie avec un appareil moderne avec un objectif à autofocus avant de découvrir la mise au point manuelle en utilisant un vieux reflex et un appareil à visée télémétrique.
J’ai toujours aimé ce moment où la photographie apparaît progressivement dans le viseur tout en tournant la bague de mise au point. Cet instant induit une vraie réflexion sur la construction de l’image.
Malheureusement, les optiques modernes ne permettent pas ce genre de plaisir, les bagues sont conçues pour corriger le point réalisé par l’autofocus le cas échéant mais elles ne le sont pas pour être utilisées en manuel à longueur de temps. Leurs tailles sont souvent trop petites, leurs courses sont faibles et peu précises, le revêtement peu agréable.

Les optiques Carl Zeiss ZE (Canon) sont conçues pour une mise au point manuelle : échelle de profondeur de champ précise, bague large taillée dans la masse, course longue avec une confirmation de mise au point dans le viseur grâce à un microprocesseur et des contacts électroniques qui communiquent les informations au boîtier. Cette puce permet également de changer la valeur de diaphragme par la molette boîtier, transmet la mesure TTL pour le flash et inscrit la focale utilisée dans les informations Exif de l’image (elle est l’une des rares pièces électroniques présentes dans l’optique). Zeiss a profité que les principaux brevets de la monture EOS soient tombés dans le domaine public pour sortir sa gamme ZE, simplifiée et pérénisée par l’absence d’autofocus. C’est en effet cet élément qui gêne tant Sigma, Canon changeant fréquemment son protocole pour protéger sa gamme.

Nikon n’est pas oublié avec les optiques ZF (sans communication avec le boîtier) et ZF.2 (avec microprocesseur).

Cette absence d’autofocus est la caractéristique la plus importante des objectifs Zeiss. C’est un vrai choix de la marque qui, par ailleurs, développe des objectifs fixes et zoom avec autofocus pour Sony en collaboration avec Tamron. Zeiss avait la possibilité de fabriquer des optiques autofocus mais c’est une technologie qui n’a jamais eu la faveur de la marque allemande car les objectifs vieillissent rapidement en usage professionnel et surtout les performances évoluent à la baisse avec l’usure.

Siège du Parti Communiste français réalisé par Oscar Niemeyer, Paris. Distagon T*21 f/2.8

La nécessité d’un bon viseur

Ce choix n’est pas anodin. Malgré la confirmation de mise au point, il va falloir utiliser des reflex avec de bons viseurs, ce qui élimine quasi d’emblée les reflex d’« entrée de gamme » et une grande partie des appareils non 24×36 (hormis quelques exceptions comme l’EOS 7D).
La confirmation de mise au point fonctionne sans problème mais il vaut mieux la calibrer pour la rendre plus précise (comme un AF classique d’ailleurs). Je vous conseille de vous fier au voyant de confirmation de mise au point (le rond vert situé dans le viseur en bas à droite près de la sensibilité ISO) plutôt qu’au clignotement rouge du collimateur central moins précis (peu utile et agaçant, je l’ai désactivé grâce à la fonction personnalisée C.Fn III-4).

Un verre de visée à stigmomètre serait évidemment le must mais Canon en a uniquement prévu pour la gamme 1D. Les possesseurs de 5D Mk II peuvent passer par des fabricants tiers (Focusing Screen ou Katzeye…) mais les retours d’utilisateurs sont plutôt mitigés. J’ai donc fait le choix d’installer un verre de visée « haute précision » de la marque rouge : le Eg-S (pour le Canon EOS 5D Mk II). Attention, ce verre est plus sombre et il est donc déconseillé avec des objectifs ouvrant moins que f/2.8. Il n’est pas parfait mais facilite déjà grandement la mise au point.

Edit 01/08/2011 : J’ai finalement sauté le pas et installé un verre de visée à stigmomètre Focusing Screen. Cette entreprise taïwanaise retaille des verres de visée d’origine Canon (Ec-B dédiés à la gamme 1D) et les ajuste pour le 5D Mk II. L’installation n’est pas évidente, il m’a fallu coller des « cales » livrées avec le verre pour placer le stigmomètre parfaitement au milieu du viseur tout en évitant au maximum l’entrée des poussières dans le chambre de l’appareil. Malgré ces difficultés, l’investissement vaut la peine d’être réalisé. A l’usage, le stigmomètre permet d’être beaucoup plus précis. Associé à la confirmation de mise au point, le nombre de photographies ratées pour cause de mauvais plan de netteté diminue de manière significative. Le verre que j’ai installé bénéficie en plus d’un quadrillage bien pratique. Il n’est donc plus obligatoire de choisir entre un verre à quadrillage et un verre dédié à la mise au point manuelle contrairement à ce que Canon propose. Carl Zeiss conseille d’ailleurs l’installation de ce type de verre de visée.

Il faut quand même avoir une bonne vue et penser à régler précisément le correcteur dioptrique de l’appareil. Après tous ces efforts, on parvient à une utilisation intéressante de ces objectifs, sans compter que la visée LiveView (visée par écran) permet aujourd’hui de vérifier facilement la netteté dans le cadre d’une utilisation sur trépied, cas fréquent pour réaliser une captation vidéo par exemple.

Une psychologue dans son cabinet à Paris. Planar T*85 f/1.4

Des objectifs taillés pour la vidéo

Zeiss n’a pas développé cette gamme par hasard. L’arrivée de la fonction vidéo sur les reflex a permis au constructeur allemand de se placer comme réel concurrent aux optiques Canon.
L’absence d’AF est en effet moins problématique en vidéo qu’en photo. L’autofocus en mode vidéo sur les HDSLR se résume à une simple détection de contraste. Il est souvent lent, peu réactif en basse lumière et donc quasiment inutilisable la plupart du temps. De plus, le moteur AF peut être bruyant, n’ayant pas été prévu à l’origine pour être utilisé en même temps qu’une captation sonore. Les constructeurs sont en train de plancher sur ces différents problèmes mais les optiques fixes manuelles restent le must pour un tournage.

Il faut des optiques à grande ouverture pour pouvoir travailler en basse lumière et avoir une profondeur de champ faible afin d’obtenir un rendu cinématographique. Seule une optique fixe propose ses qualités.

Côté « rendu » d’image, les objectifs Zeiss se caractérisent par un piqué excellent, un micro contraste élevé, une bonne neutralité des couleurs et un bokeh très doux grâce à un nombre important de lamelles composant le diaphragme, parfaits composants pour la vidéographie.
Il existe une vrai « signature » Carl Zeiss.
Au niveau optique, chaque focale a ses qualité et ses défauts. Des test ont été réalisés par Jean-Marie Sépulchre (25,35 et 85 mm puis 28, 50 et 100 mm) et plus récemment par le magazine Chasseurs d’Image pour les inquiets du piqué (n°331 février-mars).

Equipés d’un follow focus, les objectifs Zeiss sont d’excellents choix pour les vidéastes. Surpris comme Canon par l’adoption massive du 5D Mk II par le milieu de la TV Broadcast et du cinéma, le fabricant allemand a sorti une gamme Compact Prime 2 qui a la particularité d’avoir des montures interchangeable Canon/Nikon/PL. C’est en fait la gamme photo recarossée en version cinéma avec une course de mise au point de 360°, un diamètre constant sur toute la série et un iris de diaphragme à 14 lamelles favorisant les flous aux diaphragmes intermédiaires.

Les optiques Zeiss pour Canon et Nikon sont donc un excellent investissement pour un vidéaste équipé en HDSLR mais également pour un photographe prêt à travailler en mise au point manuelle et souhaitant capter des séquences vidéos de qualité dans le cadre par exemple d’un webdocumentaire. Le vidéaste choisira une baïonnette PL ou Nikon ZF (avec bague d’adaptation Canon EF) qui permet la variation de l’ouverture commandée par une bague de l’objectif. Les photographes choisiront la monture ZE avec commande de l’ouverture électronique.

Atelier De Ricou à Courbevoie, outils de précision pour nettoyer les décors peints. Distagon T*35 f2

Mes choix pour le reportage et le portrait

J’ai fait le choix de m’équiper dans cette gamme, en délaissant progressivement mes focales fixes et mes zooms L. Evidemment, les fixes Canon ont une solide réputation et un AF très rapide. Comparés aux Zeiss, ils sont plus typés « action ». Attention donc au moment du choix de bien connaître son approche photographique et la nécessité ou non d’avoir un autofocus. Il faut également prendre en compte le temps de changement d’objectif sur le boîtier qui peut être pénalisant à moins d’avoir plusieurs appareils et donc des optiques vissées à demeure.

J’ai commencé par acquérir le 85 f/1.4 qui est une optique exceptionnelle dans son rendu, idéale pour les portraits. C’est également l’optique la plus difficile à utiliser en raison de sa faible profondeur de champ à 1.4 qui ne pardonne aucune erreur de mise au point. Ses résultats optiques sont de très bon niveau avec un vignetage très faible, une distorsion quasi inexistante et une aberration chromatique bien maîtrisée. Moyen à pleine ouverture (caractéristique des optiques pour le portrait), le piqué devient excellent à f/2-f/2.8. La grande ouverture délivre un bokeh magnifique (très doux) et permet une utilisation en basse lumière intéressante notamment en reportage. Je reprocherai uniquement à cet objectif sa distance de mise au point mininum un peu longue : 1m.

Zeiss Planar T*85 f/1.4

Son prix (1229 euros) le place entre le Canon EF 85mm f/1.2L II USM et le Canon EF 85mm f/1.8 USM. A l’époque de mon achat (2008), il coûtait 200 euros moins cher.

Les prix des objectifs Zeiss ne cessent d’augmenter et l’importateur français de la marque, Phot&Us, a d’ailleurs annoncé une nouvelle augmentation de 5% au mois d’avril. Le nombre de revendeurs français de la gamme Zeiss était restreint en 2008 et ils sont aujourd’hui beaucoup plus nombreux. A titre personnel, je suis toujours passé par lapetiteboutiquephoto.com qui propose d’excellents tarifs. Richard Frances, le responsable, est une personne passionnée, facilement joignable par téléphone et qui rend très agréable les transactions. La garantie contractuelle est de deux ans plus un an d’extension après enregistrement du produit sur le site de Carl Zeiss. Les envois sont rapides et le SAV est géré par Procirep, atelier sérieux basé à Paris.

Suite au 85mm, j’ai acheté un Distagon 35 f/2 , le 35mm étant ma focale favorite pour le reportage. Je possédais alors le Canon EF 35 f/1.4L USM mais je souhaitais homogénéiser le rendu de mes images et ai décidé de basculer chez Zeiss, quitte à perdre un diaphragme. J’étais très satisfait de ce petit 35 f/2 mais perdre un IL n’est pas anodin.

La marque allemande a sorti depuis un Distagon 35 f/1.4 qui remplace aujourd’hui son petit frère moins lumineux dans mon sac. Il est lourd et volumineux, loin de la version ouvrant à f/2 plus compacte. Il reprend le diamètre 72 mm de mon 85, ce qui est pratique pour les filtres et le bouchon avant.
L’ouverture à f/1.4 est un vrai bonheur pour travailler en basse lumière et obtenir une faible profondeur de champ. La visée est également beaucoup plus confortable avec une très grande ouverture qui facilite la mise au point. Le piqué est excellent, j’ai noté par contre la présence très importante d’aberrations chromatiques longitudinales (franges violettes hors zone de netteté) à pleine ouverture.

Zeiss Distagon T*35 f/1.4

Mon troisième et dernier fixe est le Distagon 21 f/2.8, un des objectifs les plus plébiscités de la gamme en raison de ses performances optiques (avec le fameux Makro Planar T*100 f/2) et du même coup l’un des plus chers. Au top optiquement pour un ultra grand-angle (le piqué est exceptionnel), cet objectif permet de travailler facilement en hyperfocale. Je commence d’ailleurs à l’utiliser pour le portrait. Ses défauts sont le poids, le diamètre de filtre de 82 mm (peu courant) et une distorsion en moustache assez étonnante (distorsions en barillet et coussinet combinées).

Zeiss Distagon T*21 f/2.8

Une approche différente

Les objectifs utilisés par les photographes ont un impact très important sur leur travail. Il est à ce titre intéressant de faire confiance à un fabricant et s’équiper d’optiques de même « rendu » pour homogénéiser son travail.

Avec ce trio, je me rends compte que j’aborde différemment mes sujets. Il y a d’abord le fait d’être en focale fixe qui oblige à prévoir au maximum son image, à penser sa photographie avant même de cadrer. La mise au point manuelle oblige, elle, un temps de cadrage important qui empêche de s’éparpiller et oblige à une grande concentration. Le fait d’utiliser des focales très ouvertes procure un grand confort de visée, permet d’éviter de monter trop rapidement en haute sensibilité et « d’accrocher » des photos impossibles et surtout offre un bokeh agréable, avec des transitions douces dans les flous.

Congrès du FN à Tours. Un adhérent du parti lit un journal de la PQR qui dévoile les résultats des votes. Distagon T*35 f/2

Je pensais me couper de certains domaines tels que le sport en raison de l’absence d’AF, j’ai d’ailleurs gardé un Canon EF 70-200 f/2.8L USM pour palier à ce manque mais je me rends compte que je peux toujours les couvrir, avec une approche différente, moins rapide certes mais surtout plus posée, plus réfléchie et plus précise, ce qui me convient très bien.

Un autre point important est que la marque Canon intègre dans le boîtier des corrections optiques dédiées à chaque objectif. Si on passe par un autre fabricant d’objectifs, ces corrections ne sont plus disponibles. Ce point peut être gênant pour les photographes travaillant en Jpg ou traitant leurs fichiers Raw avec Digital Photo Professional. Ce problème est spécifique à Canon, Nikon proposant des corrections même pour un objectif différent de la marque jaune. Travaillant en Raw et les traitant avec le logiciel Adobe Lighroom, je bénéficie des corrections optiques en post-traitement depuis la version 3, Zeiss ayant développé des profils pour Adobe Lightroom et Camera Raw. Sigma, Tamron et les autres constructeurs y ont également vu leur intérêt et ont fait la même chose.

Passer par un constructeur différent de la marque du boîtier ne prive donc pas le photographe des corrections optiques si celui-ci prend le temps de traiter ses images après la prise de vue avec un logiciel adéquat.

Il est clair que cette gamme optique Zeiss se place sur un créneau bien particulier, ni amateur (absence d’autofocus, nécessité d’un bon viseur…), ni professionnel (manque de réactivité, pas de SAV Pro…). Elle vient par contre se placer idéalement dans un créneau expert, naviguant entre photographie d’ « auteur » et vidéo.
Son plus grand défaut est évidemment le tarif élevé et la marque n’est pas sans concurrence.
D’autres fabricants avaient déjà compris l’intérêt de ce créneau et Voigtländer, connu chez les amateurs de télémétrique, avait lancé avant Carl Zeiss une gamme de focales fixes manuelles pour monture Canon, Nikon et Pentax avec en fer de lance le fameux « pancake » Ultron 40 mm f/2 SL II bien plus abordable niveau tarif et plus discret que son rival direct, le Distagon 35 f/2. Ces deux objectifs sont fabriqués dans la même usine car c’est encore le constructeur Cosina qui se cache derrière Voigtländer. C’est cette collaboration qui aurait poussé Zeiss à choisir ce même sous-traitant.

J’ai utilisé cet objectif quelques semaines. Son format pancake est très agréable à l’usage. Monté sur un 5D, l’ensemble est compact et léger, idéal en voyage. J’ai trouvé le rendu très bon mais moins « signé » que les optiques Zeiss. La bague de mise au point en caoutchouc est une erreur car elle aspire les poussières et est moins agréable à l’usage qu’un bague usinée dans la masse. Malgré ces petits défauts, cet objectif est un produit très intéressant pour ceux qui recherchent qualité et compacité.

Dans une gamme différente, l’opticien coréen Samyang a présenté le mois dernier un 35mm f/1.4 AS UMC au prix officiel de 379 euros (réajusté à 428 euros finalement) et à destination dans un premier temps des montures Canon et Nikon puis des Pentax, Samsung, Sony et 4/3.

La mise au point manuelle a donc encore de beaux jours devant elle et ce n’est pas pour me déplaire.

N.B. : suite à cet article, Richard Frances m’a précisé quelques notions, notamment au niveau des principaux brevets de la monture EOS tombés dans le domaine public au bout de 25 ans et des raisons du choix de l’absence d’autofocus pour la gamme ZE. Je mets donc à jour cet article avec ces précieuses informations en le remerciant d’avoir pris le temps de me les transmettre.
Edit 06/2012 : J’ai finalement rebasculé ma gamme optique Carl Zeiss en monture Canon pour des raisons pratiques. Je poursuis en effet un travail personnel en piscine et la MAP manuelle est impossible en caisson. J’étais donc obligé de réutiliser des optiques autofocus.

Question de budget oblige, j’ai donc décidé de me séparer des optiques Carl Zeiss que je regrette pour leurs rendus et leurs bagues de mise au point si précises en vidéo. Mon passage à l’EOS 5D Mk III m’a heureusement un peu consolé grâce à son autofocus précis.

Assistante Familiale

Reportage sur le métier d’assistante familiale à Besançon. Le travail consiste à accueillir dans son foyer des enfants, qui pour des raisons majeures, ne peuvent pas demeurer dans leur propre famille.

Une assistante familiale et ses enfants en accueil.