Archives de catégorie : Reportage

Bouilleur de cru ambulant

Jean-Pierre Purseigle est bouilleur de cru ambulant dans le centre de la France (Allier et Cher). Il termine sa saison en mars 2018 à Louchy-Montfand (03).

Lanzani, l’envers des décors

Deux guillotines, des poêles en fonte, trois pirogues, une cabine de funiculaire… Bienvenue chez Lanzani ! Dans cette maison spécialisée dans la location de décors de cinéma, au coeur du 11e arrondissement de Paris, le bric-à-brac de la cour se prolonge sur 4 000 mètres carrés d’ateliers. Passage obligé pour nombre de professionnels de l’image, c’est ici que se sont fournis les décorateurs de La Promesse de l’aube, d’Au Revoir là-haut et du Redoutable, trois films en lice pour le prix du meilleur décor lors de la 43e cérémonie des César, vendredi 2 mars.

Texte. Cécile Fournier pour Le Parisien Magazine.

Pour se repérer dans ce dédale, mieux vaut être accompagné par le maître des lieux, Didier Lanzani, 66 ans, patron de l’entreprise familiale. Le sexagénaire à l’impressionnante stature en connaît les moindres recoins. Avant de prendre, dans les années 1980, la succession de son grand-père, fondateur de la société, il avait, enfant, fait de ces bâtiments ouverts à tous les vents son terrain de jeu. Aujourd’hui, celui qui se destinait à devenir commissaire-priseur est à la tête d’une entreprise de dix employés, dont le chiffre d’a aires s’élevait, en 2016, à près de 1,2 million d’euros. Une société plutôt florissante dans un marché difficile où les loueurs se comptent désormais sur les doigts d’une main.

Didier Lanzani fait le tour du propriétaire à grandes enjambées. Il remet une chaise sur ses pieds, pousse une porte brinquebalante, caresse un ours blanc empaillé, traverse une salle encombrée par des dizaines d’étagères. Sur l’une d’elles, la vaisselle en porcelaine fleurie du film Marie-Antoinette, de Sofia Coppola (2006). L’homme finit par s’arrêter dans un couloir, véritable cabinet de curiosités, pour désigner ses deux objets préférés, une tête dans le formol, rendue célèbre par Les Rivières pourpres de Mathieu Kassovitz (2000), et un fœtus humain…

L’Académie Musicale Philippe Jaroussky

L’Académie Musicale Philippe Jaroussky est basée à la Seine Musicale (Boulogne-Billancourt). Cette école a pour vocation d’accompagner gratuitement 25 jeunes enfants qui n’ont pas nécessairement les moyens financiers et techniques de faire de la musique.

Académie Musicale Philippe Jaroussky

Cours de violoncelle pour Macéo et Amine avec Pierre, leur professeur. Certains enfants jouent pour la première fois de leur vie d’un instrument de musique en commençant les cours à l’Académie.

Académie Musicale Philippe Jaroussky

C’est au tour de Marilyne et Kathleen. Comme les autres élèves, elles bénéficient de deux heures de cours gratuites par semaine et d’un violoncelle prêté pour faire leurs gammes à la maison.

Académie Musicale Philippe Jaroussky

Cours de piano pour Iwes et Melchior.

Académie Musicale Philippe Jaroussky

Lauriane, professeur de piano, travaille le rythme avec Maria et Zakarya. La formation peut durer jusqu’à 3 ans.

Emma Groult, restauratrice de vitraux

Visite privée de l’atelier de Patrick Jouin

Dans le quartier du faubourg Saint-Antoine à Paris, Patrick Jouin conçoit décors de rue – les bornes Vélib’, c’est lui ! – et meubles de demain, comme le nouveau fauteuil Blue Moon.

Les Parisiens croisent tous les jours les œuvres de Patrick Jouin. Créateur des Sanisettes (les toilettes publiques) et des bornes Vélib’, l’homme travaille actuellement sur l’équipement des gares du Grand Paris Express, futur réseau de métro autour de la capitale, et sur le réaménagement de la gare Montparnasse. Rien que ça ! Couramment, il passe d’un gigantesque chantier urbain à la conception de mobilier. Le décor du bar et du restaurant du Plaza Athénée, hôtel cinq étoiles, c’est lui. Celui du Jules Verne, table perchée au deuxième étage de la tour Eiffel, aussi. Tout comme le nouvel écrin parisien du joaillier Van Cleef & Arpels. Il a choisi d’installer ses locaux dans le faubourg Saint-Antoine, ancien quartier des métiers du bois et du meuble où flotte encore l’âme du vieux Paris. Là, il partage son temps entre ses deux agences : Patrick Jouin ID, spécialisée dans les objets et le mobilier, et Jouin Manku, pour le design d’espaces, créée en 2006 avec son associé Sanjit Manku. Pour atteindre son studio, il faut emprunter un petit passage, traverser une cour, grimper un escalier dérobé. Dans ce lieu anciennement occupé par un ébéniste-doreur-marqueteur, nulles paillettes ni ors. L’agencement est à l’image de ce créateur de 49 ans, humble et enthousiaste, qui privilégie la fonction au style. En 2003, Patrick Jouin a eu un coup de cœur pour l’actuelle salle de réunion baignée de lumière. Il a donc jeté l’ancre entre ces murs, sur un étage d’abord puis sur deux. Un vrai changement pour celui qui a commencé à travailler dans sa cuisine avant de rejoindre un ancien atelier de couture du Sentier. Suite

Texte. Vanessa Zocchetti pour Le Parisien Magazine.

Visite privée dans la cité du Jeans Jules

Bienvenue à Amsterdam, nouvelle cité du jean ! Au Blue Lab, des spécialistes réinventent la mythique toile bleue. Parmi eux, Guislain Dumont, « monsieur pantalon » de la marque Jules.

Vous croyez que le jean est originaire des Etats-Unis ? Raté ! La toile naît à Gênes, en Italie, puis s’exporte et se modernise à Nîmes. Depuis 2009, c’est dans un ancien hangar à tramway du quartier Oud-West d’Amsterdam, aux Pays-Bas, que se construit la « Denim City ». Dehors, le temps est peu clément. A l’intérieur, sous les verrières monumentales, les rouleaux de toile colorent les murs clairs. Du bleu brut, du ciel, de l’uniforme, du grisé, du bien épais, du presque voile… du jean dans tous ses états. Dans cette maison du denim, étudiants, industriels et créatifs de griffes comme Jules, Pepe Jeans, Tommy Hilfiger ou Calvin Klein se croisent. Au sein du Blue Lab, tous planchent sur les incessants liftings de cet indémodable.
Les toiles sont teintes, lacérées…

Car, pour rester dans le vent, le jean se plie aux expérimentations les plus folles. Chaque saison voit fleurir de nouveaux modèles, plus légers ou plus bruts, totalement élastiques, aussi doux que des joggings. Les toiles sont passées à la loupe, malmenées, teintes, lacérées… Jules, la marque française à petits prix réservée aux hommes, en a même fait son cheval de bataille, sous l’impulsion de Guislain Dumont, 39 ans, responsable des collections des pantalons en jean.
Un jean, c’est 8 kilomètres de fil ! Suite

Texte. Gentiane Lenhard pour Le Parisien Magazine.

Lunettes Sensee, made in France

Marc Simoncini (52 ans), le créateur du site de rencontres Meetic, a de la suite dans les idées. Excédé par les tarifs appliqués par les professionnels de l’optique – 200 euros en moyenne pour une monture –, il décide en 2011 de créer Sensee et revend des paires de lunettes à prix mini sur Internet.
Après quatre années peu concluantes, le fondateur revoit sa copie. En novembre 2015, il se lance dans la fabrication, en France, de modèles propres à la marque, disponibles sur Internet. Nouveauté : les Sensee sont aussi vendues dans deux boutiques, l’une à Paris, l’autre à Marseille. Au prix unique de 49 euros ! Sa méthode : supprimer les intermédiaires, simplifier la distribution, réduire ses marges et fabriquer en France. C’est à Oyonnax (Ain), capitale de la lunette, que se trouve l’atelier de fabrication.

Thyra-Fiordalice Eschasseriaux, 40 ans, assure la partie créative. Après une formation de modiste, la directrice artistique dessine des chapeaux pendant plusieurs années, avant de travailler sur les montures de marques comme Michel Klein. « Les chapeaux et les lunettes sont deux types d’accessoires pour le visage, qui doivent être adaptés et confortables. Les lunettes sont comme des sculptures, il faut trouver la bonne harmonie », confie la créatrice. Pour Sensee, le brief est simple : dessiner des modèles intemporels déclinés en six familles dont, par exemple, les Classiques, les Papillons ou encore les Pilotes. Plusieurs fois par mois, la directrice artistique se rend à Oyonnax pour finaliser ses modèles avec les artisans. Suite

Texte. Airy Aubry pour Le Parisien Magazine.

Vuarnet, lunettes visionnaires

Vuarnet est la seule marque française à fabriquer ses verres solaires dans son propre atelier. Un savoir-faire sur lequel elle a construit une solide renommée.

En 1960, le skieur français Jean Vuarnet remporte une médaille d’or aux Jeux olympiques de Squaw Valley, aux Etats-Unis. Il s’affiche avec des lunettes aux verres miroitants. La paire lui a été offerte par l’opticien Roger Pouilloux, qui a créé ses premiers modèles trois ans plus tôt. Face au succès rencontré, le champion accepte de donner son nom à la marque. Les lunettes, initialement taillées pour la montagne, séduisent vite les citadins, conquis par la qualité de leurs verres. Ces derniers sont toujours produits en France, dans une usine de 1 500 mètres carrés située à Meaux (Seine-et-Marne). Dix personnes y travaillent, sous la houlette de Thierry Bouché, 49 ans.

Alors que 90 % des fabricants utilisent un verre solaire organique (en plastique), Vuarnet se sert uniquement d’un verre minéral (composé notamment de silice et autres oxydes), au coût de production 30 fois plus élevé et aux propriétés incomparables : parfaite restitution des couleurs, résistance à la distorsion et aux rayures… De quoi faire toute la différence. « Le verre minéral est à l’optique ce que le diamant est à la joaillerie », lance Thierry Bouché. Sa fabrication nécessite une dizaine d’étapes. A l’état brut, ces verres se présentent sous forme de palets de 3 millimètres d’épaisseur, pour n’en faire que 1,8 une fois polis. Ils sont ensuite trempés dans un bain de nitrate de potassium à 460 °C. Une étape clé qui dure seize heures. Suite

Texte. Airy Aubry pour Le Parisien Magazine.

Le fuseau remonte la pente

Créée en 1952, Fusalp, la marque savoyarde de vêtements de ski haut de gamme, s’est relancée sous l’impulsion de sa nouvelle directrice artistique, Mathilde Lacoste.

C’est dans un showroom flambant neuf du 10e arrondissement parisien que Mathilde Lacoste, 46 ans, planche sur le renouveau des lignes Fusalp consacrées au ski. Avec son mari Philippe, l’un des héritiers de la célèbre marque au crocodile, ils cèdent en 2012 leurs parts de la société Lacoste au groupe suisse Maus Frères. « Après vingt ans en tant que responsable du développement, je souhaitais trouver, avec mon mari, une marque française à relancer. Après quelques mois de recherche, Fusalp est devenu une évidence. » En 2014, le couple rachète la maison. Depuis, tous deux travaillent à sa renaissance. Suite

Texte. Airy Aubry pour Le Parisien Magazine.